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Allemagne: des Ukrainiens suspectés de préparer des sabotages pour Moscou devant la justice
information fournie par AFP 17/03/2026 à 13:47

Ouverture du procès de trois Ukrainiens à Stuttgart, le 17 mars 2026 ( AFP / THOMAS KIENZLE )

Ouverture du procès de trois Ukrainiens à Stuttgart, le 17 mars 2026 ( AFP / THOMAS KIENZLE )

Trois Ukrainiens comparaissent devant la justice depuis mardi en Allemagne, soupçonnés d'avoir préparé des actes de sabotage à l'explosif visant l'Allemagne et l'Ukraine, des "attaques hybrides" pour le compte de la Russie selon Berlin.

Daniil Bielskyi, 22 ans, Vladyslav Tkachenko, 25 ans, et Yevhen Bezchasnyi, 30 ans, sont accusés d'avoir tenté d'expédier "des colis piégés avec des engins incendiaires" qui devaient "s'enflammer en Allemagne ou ailleurs sur le trajet vers des parties de l'Ukraine non occupées par la Russie, afin de causer le plus de dégâts possible".

Selon le procureur fédéral du tribunal régional de Stuttgart, Geerd Kaiser, en préparation de cette opération, des "colis tests" ont été envoyés depuis les villes de Constance (sud) et Cologne (ouest) en mars 2025, contenant des pièces automobiles et des traceurs GPS, qui devaient permettre d'espionner les routes logistiques et d'identifier des "cibles potentielles".

Deux chefs d'accusation ont été retenus contre ces ressortissants ukrainiens, celui d'"entente en vue de commettre un incendie criminel aggravé" et d'"activité d'agent à des fins de sabotage".

Le chef d'accusation d'"activité d'agent de renseignement" a également été retenu contre MM. Bezchasnyi et Bielskyi.

Au premier jour du procès, prévu pour durer jusqu'en septembre, seul l'avocat de M. Tkachenko, Martin Heising, s'est exprimé pour défendre son client.

Il a reproché à l'acte d'accusation une "faiblesse méthodologique", estimant que les preuves, des conversations sur Telegram notamment, n'étaient pas suffisantes pour affirmer que M. Tkachenko avait eu l'intention ou conscience de commettre des actes de sabotage.

Devant le tribunal régional de Stuttgart, le 17 mars 2026 ( AFP / THOMAS KIENZLE )

Devant le tribunal régional de Stuttgart, le 17 mars 2026 ( AFP / THOMAS KIENZLE )

"Il s'agissait d'un simple service rendu par pure complaisance et mon client n'avait absolument aucune connaissance du fait que, si tant est que ce soit le cas, tout cela ait servi à préparer un acte de sabotage", a défendu devant la presse Me Heising, qui a estimé que les communications retrouvées portaient exclusivement sur l'organisation matérielle et le déroulement de l'envoi des colis, et pas sur des projets malveillants.

- Infrastructures critiques -

Ce procès a lieu dans un contexte d'accusations croissantes du gouvernement allemand, soutien majeur de l'Ukraine, selon lesquelles la Russie orchestre une campagne de sabotages et de déstabilisation visant l'Allemagne et ses alliés.

Ces opérations ont pris de nombreuses formes selon Berlin, touchant des câbles de communication, des lignes ferroviaires, ou encore des aéroports survolés par des drones.

Selon le parquet fédéral, les faits jugés mardi "auraient été ordonnés par un service de renseignement russe via des intermédiaires à Marioupol", ville ukrainienne occupée dans les premiers mois de l'invasion et ravagée par les bombardements russes.

Au-delà des dégâts matériels, l'objectif était d'entamer "le sentiment de sécurité de la population", d'après le ministère public compétent pour l'antiterrorisme.

Ce dossier rappelle le cas d'un colis qui avait pris feu dans un centre du transporteur DHL à Leipzig, dans l'est du pays, en juillet 2024. Le renseignement intérieur allemand avait alors déjà accusé Moscou.

Plus récemment, fin janvier, une ressortissante germano-ukrainienne a été arrêtée, accusée de renseigner l'ambassade de Russie en Allemagne notamment sur l'aide militaire à l'Ukraine et l'industrie allemande de défense.

Dans ce contexte, les députés allemands ont adopté récemment une loi visant à renforcer la "résilience" des infrastructures critiques du pays en identifiant celles qui sont indispensables à la population et à l'économie, pour ensuite obliger leurs exploitants à les sécuriser davantage.

En outre, le gouvernement de Friedrich Merz, arrivé aux commandes au printemps 2025, a fait de la reconstruction de l'armée allemande et de ses infrastructures une priorité, notamment pour faire face à la menace russe.

Le Kremlin nie menacer la sécurité des Européens et assure au contraire que ce sont eux qui veulent "détruire" la Russie.

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