L'Insoumis Sébastien Delogu (c), candidat à la mairie de Marseille, annonce son retrait lors d'une conférence de presse à Marseille, le 17 mars 2026 ( AFP / Miguel MEDINA )
C'est l'heure des ultimes négociations et désistements avant le second tour des élections municipales: à Paris, Sarah Knafo s'est retirée mardi "pour faire barrage à la gauche" tandis qu'à Marseille, l'Insoumis Sébastien Delogu a fait de même, laissant Benoît Payan seul à gauche face au RN.
Qualifiée de justesse (10,4%) pour le second tour, l'eurodéputée d'extrême droite Sarah Knafo a annoncé mardi au Parisien qu'elle se désistait "pour Paris". De quoi nourrir un espoir de "remontada" pour Rachida Dati malgré les 12,5 points de retard enregistrés au premier tour face au socialiste Emmanuel Grégoire.
Rachida Dati avait déjà obtenu la fusion de ses listes avec celles du candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel, qui s'est cependant personnellement retiré de l'élection.
A gauche, en revanche, l'Insoumise Sophia Chikirou est bien décidée à se maintenir, le socialiste Emmanuel Grégoire ayant réitéré son refus d'une alliance après une campagne de premier tour tendue.
Alors que les candidats ont jusqu'à 18H00 pour déposer leurs listes, la quasi-totalité l'ont déjà fait avec des fusions entre LFI et le PS qui valent à ce dernier de vives critiques, y compris par son allié Raphaël Glucksmann.
Mais les rebondissements s'enchaînaient mardi: après avoir affirmé pendant des semaines qu'il se maintiendrait à Marseille, le LFI Sébastien Delogu s'est finalement retiré face au risque d'une victoire du RN Franck Allisio dans la deuxième ville de France.
Sarah Knafo, candidate Reconquête à la mairie de Paris, s'adresse à ses partisans après les résultats du 1er tour des municipales, le 15 mars 2026 à Paris ( AFP / Ludovic MARIN )
"Nous sommes, face au RN, le plus solide rempart", a assuré M. Delogu, qui a recueilli 11,9% des voix au premier tour.
Le maire de gauche sortant avait rejeté toute alliance avec lui après avoir, au premier tour, devancé d'une courte tête (36,70%) Franck Allisio (35,02%).
Jean-Luc Mélenchon a dénoncé "le sectarisme aveuglé de Benoît Payan" et a vu dans le retrait de son protégé un signe de son "dévouement à la dignité de Marseille".
La LR Martine Vassal, qui a recueilli 12,4%, a elle annoncé son maintien.
Autre ville à rebondissements, Strasbourg. La sortante écologiste, Jeanne Barseghian, distancée par l'ancienne maire socialiste Catherine Trautmann, a conclu lundi un accord avec LFI.
Cartes de France montrant les communes où La France insoumise, Les Écologistes, les socialistes, Renaissance, Modem et divers centre, Les Républicains et union de la droite, et le Rassemblement national (y compris alliances avec les ciottistes) sont arrivés en tête au 1er tour des élections municipales, selon les données du ministère de l'Intérieur au 16 mars 2026 à 13h30 ( AFP / Nalini LEPETIT-CHELLA )
Mais Mme Trautmann a de son côté enregistré le ralliement de Pierre Jakubowicz, candidat Horizons soutenu par Renaissance, au détriment du candidat LR Jean-Philippe Vetter.
Face à la colère de la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier, le PS s'est désolidarisé de Mme Trautmann, désormais "en dehors du parti". La formation d'Edouard Philippe a également rompu avec son candidat en annonçant son soutien à M. Vetter.
- Les socialistes "pas trop chers à acheter" -
Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure sur le plateau du journal télévisé de France 2, le 16 mars 2026 à Paris ( AFP / Ludovic MARIN )
Entre ses positions nationales et les réalités locales, le PS joue un délicat jeu d'équilibriste dans cette dernière ligne droite.
Il a accepté des ralliements Insoumis, qualifiés parfois de "techniques" et non programmatiques, derrière ses têtes de liste, comme à Nantes. Mais il a aussi consenti à se ranger derrière LFI à Toulouse ou Limoges.
"Les programmes des listes avec lesquelles nous avons parfois fusionné ne comportent ni discrimination ni racisme ni antisémitisme", s'est justifié lundi Olivier Faure en refusant d'associer toutes les figures Insoumises locales à Jean-Luc Mélenchon, devenu infréquentable aux yeux de nombreux socialistes.
"On veut qu'un maximum de Français puissent avoir accès à des politiques écologistes et de gauche dans un monde très brutal", a justifié de son côté Marine Tondelier, dont le candidat à Lyon Grégory Doucet a accepté une fusion "technique" avec l'Insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi pour l'emporter face à Jean-Michel Aulas, soutenu par la droite et le centre. Mais là aussi rebondissement en début d'après-midi avec l'échec des négociations pour la fusion des listes écologistes-LFI pour... la métropole de Lyon.
Ces fusions avec LFI ont suscité une pluie de critiques venues du centre, de la droite et du Rassemblement national.
"Honte et déshonneur" pour Bruno Retailleau (LR), comportement "hypocrite", a fustigé Marine Le Pen (RN). "Ce ne sont pas des accords locaux, c'est un accord national", a critiqué Gabriel Attal, le patron de Renaissance.
Le candidat d'Horizon à la mairie de Strasbourg, Pierre Jakubowicz (g), et la candidate du Parti socialiste (PS) à la mairie de Strasbourg, Catherine Trautmann, lors d'un débat organisé par la chaîne de radio et de télévision locale 'ICI Alsace', le 11 mars 2026 à Strasbourg, dans le Bas-Rhin ( AFP / SEBASTIEN BOZON )
La droite et le centre se délectaient d'une phrase de Jean-Luc Mélenchon il y a quelques jours en meeting à propos des socialistes. "C'est des gros combinards. Ils ne vont pas nous coûter trop cher à acheter pour le deuxième tour là où on les achètera", avait-il lancé.
Olivier Faure a été aussi vilipendé dans son camp. Raphaël Glucksmann a dénoncé sa "manière de faire de la politique" et son manque de "clarté", confirmant le retrait des candidats Place publique des listes fusionnées. le député Jérôme Guedj a critiqué "une forme de masochisme" à "tendre la joue après avoir été maltraité".
Dans d'autres villes, les socialistes sont restés fermes vis-à-vis des Insoumis comme à Paris et Marseille, ou se sont alliés avec les écologistes pour contrer LFI, comme à Lille.
Bordeaux se dirige pour sa part vers une triangulaire entre le sortant écologiste Pierre Hurmic qui a refusé un accord avec les Insoumis, le député Renaissance Thomas Cazenave et l'universitaire Philippe Dessertine. M. Cazenave a reçu le soutien des figures du socle commun, Gérard Larcher, Bruno Retailleau, Édouard Philippe et Gabriel Attal, dans une tribune à Sud Ouest.

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