Le président d'Horizons Edouard Philippe le 18 septembre 2026 à Paris ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )
Attendu au tournant depuis des années, Édouard Philippe a abattu mardi la carte retraites : le candidat Horizons à l'élection présidentielle propose un allongement progressif de la durée de cotisation à 45 ans et de l'âge de départ à 65 ans, mesure d'âge à laquelle échappera néanmoins "un Français sur trois".
L'ex-premier ministre assure que sa réforme sera "responsable pour tous et juste pour chacun". Mais "il faut qu'on prenne les bonnes décisions avant que la crise (financière) arrive", plaide-t-il dans une vidéo d'une vingtaine de minutes, dans laquelle il réaffirme sa volonté de mettre en place un "volet capitalisation".
"Pour retrouver l'équilibre de notre système par répartition, je propose de porter progressivement la durée de cotisation à 45 ans et l'âge de départ à 65 ans pour les Français qui le peuvent", explique-t-il.
"On va reprendre la réforme de 2023 (suspendue en 2025, NDLR) qui plaçait l'âge légal de départ et la retraite à 64 ans au lieu des 62 et 9 mois aujourd'hui et qui plaçait la durée de cotisation à 43 ans au lieu de 42,5 aujourd'hui. Ensuite, on va poursuivre pour qu'en moins de 10 ans, nous soyons passés à 65 ans pour l'âge légal de départ, et 45 annuités", détaille le maire du Havre.
Mais "une règle juste" doit "tenir compte des vies auxquelles elle s'applique", précise Édouard Philippe, citant "ces femmes et de ces hommes qui ont commencé à travailler très jeune, ou qui exercent des métiers pénibles, ou dont le corps ne suit plus parce que le travail les a usés". "C'est pourquoi, dans la réforme que je suppose, un Français sur trois pourra partir avant 65 ans, entre 60 et 64 ans".
L'ex-Premier ministre se sait très attendu sur ce dossier, alors qu'il est présenté par ses adversaires comme l'homme de la "retraite à 67 ans" depuis un entretien en 2021 dans lequel il évoquait un relèvement de l'âge de départ à "65, 66, 67 ans".
Son annonce intervient sur fond de hausse des prix des carburants et alors que le gouvernement s'apprête à dévoiler sa copie budgétaire. Et dans un contexte où les candidats du bloc central, Édouard Philippe et Gabriel Attal, sont sans dynamique dans les sondages, le maire du Havre ayant néanmoins l'avantage sur le patron de Renaissance. Une étude Harris donnait lundi pour la première fois, loin derrière Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon qualifié pour le second tour aux dépens du candidat Horizons.
"Pas très populaire"
Pour sa réforme, Édouard Philippe précise que "l'âge de la retraite des personnes en mauvaise santé n'évoluera pas. Il restera à 55 ans pour les personnes en situation de handicap, à 60 ans pour des personnes avec incapacité permanente et à 62 ans pour ces personnes en invalidité. (...) Et les dispositifs de carrière longue continueront de permettre des départs anticipés à celles et ceux qui ont commencé à travailler tôt selon leur parcours".
Il assure par ailleurs vouloir faire "une vraie place à la négociation entre les partenaires sociaux", qui "auront toutes leurs places indispensables pour définir l'équilibre du système". Il prend "un autre engagement : une fois que nous aurons remis notre système à l'équilibre, je confierai totalement sa gestion aux partenaires sociaux. Ils en assureront la gestion quotidienne, responsable, grâce à une règle d'or d'équilibre".
Il propose par ailleurs de "compléter" le système par répartition, "qui doit rester le socle de notre système", "par un volet capitalisation". "Grâce à cela, tous les salariés seront associés à la valorisation du capital. Et c'est comme ça qu'on réconcilie le travail et le capital et qu'on en fait bénéficier chacun".
Il dit souhaiter que "tous les Français puissent disposer d'un plan d'épargne-retraite", dont il entend faire "un des placements les plus attractifs du marché".
Édouard Philippe a choisi pour expliciter sa réforme une vidéo explicative rappelant quelque peu celles de sa gestion de la crise du Covid-19 à Matignon.
"Dire qu'il faut travailler plus longtemps n'est pas très populaire en France", mais "je veux protéger les Français", plaide l'ex-Premier ministre, qui critique en creux le projet sans âge légal de départ de Gabriel Attal, "financièrement intenable et surtout socialement incroyablement injuste".

5 commentaires
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer