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Accusée de relayer des propos racistes, BFMTV reste dans une zone de turbulences
information fournie par AFP 04/11/2026 à 13:42

BFMTV va se doter d'une "cellule invités" pour centraliser les demandes d'interviews de responsables politiques et renforcer "la diversité des profils" ( AFP / Lionel BONAVENTURE )

BFMTV va se doter d'une "cellule invités" pour centraliser les demandes d'interviews de responsables politiques et renforcer "la diversité des profils" ( AFP / Lionel BONAVENTURE )

Le malaise persiste au sein de BFMTV, accusée de relayer des propos racistes, notamment par LFI : la rédaction de la chaîne info a réclamé mercredi des mesures pour "couper avec cette image de chaîne raciste", après de premières annonces faites par la direction.

"Nous voulons retrouver la fierté de travailler pour BFMTV et ne plus craindre de donner le nom de notre média en reportage ou même dans notre vie privée", a écrit la SDJ (Société des journalistes) dans une lettre à la direction signée par plus de 200 journalistes et consultée par l'AFP.

Après un courrier similaire envoyé en début de semaine par 160 techniciens du groupe RMC BFM, ces journalistes pointent des "dérives éditoriales" à six mois de l'élection présidentielle.

"Nous nous inquiétons de la banalisation de certains propos racistes ou discriminatoires sur notre antenne, parfois relativisés au nom du pluralisme", assurent-ils. "Les propos racistes constituent des délits, et notre impartialité ne doit jamais être confondue avec de la complaisance".

À l'occasion des manifestations en France et après l'attentat de Trappes, la chaîne info a été accusée par Jean-Luc Mélenchon et LFI de relayer des propos racistes, notamment en invitant le responsable d'extrême droite Éric Zemmour (Reconquête), ce qu'elle a vivement contesté. Certains de ses journalistes ont été pris à partie sur le terrain.

"Recadrage"

Le dirigeant de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, à Paris, le 31 octobre 2026 ( AFP / Sameer AL-DOUMY )

Le dirigeant de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, à Paris, le 31 octobre 2026 ( AFP / Sameer AL-DOUMY )

Ces accusations externes ont fait écho à des critiques internes qui visent depuis plusieurs mois la journaliste Sonia Mabrouk, arrivée cet été en provenance de CNews, chaîne dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.

Dans leur lettre, qui fait suite à une Assemblée générale lundi, les journalistes demandent des "mesures concrètes" pour "couper avec cette image de chaîne raciste qui ne représente absolument pas (leurs) convictions".

Parmi elles, un "recadrage systématique et sans équivoque des propos discriminatoires par les présentateurs", et un "meilleur suivi des invités pour éviter les personnalités problématiques, mais également la présence trop récurrente de certains".

La rédaction demande aussi que le reportage reprenne "la première place" par rapport aux débats, et juge nécessaire une "couverture plus équilibrée des manifestations en arrêtant de ne prendre les équipes en direct que lorsqu’il y a des violences". "Le calme est aussi une information", écrit-elle.

Avant l'envoi de cette lettre ouverte à la mi-journée puis une nouvelle assemblée générale, certaines mesures ont déjà été annoncées par la direction de CMA Media, groupe auquel appartiennent BFMTV et la radio RMC.

La chaîne va ainsi se doter d'une "cellule invités" pour centraliser les demandes d'interviews de responsables politiques et renforcer "la diversité des profils", selon un message interne envoyé mercredi matin et consulté par l'AFP. Cette cellule sera rattachée à Fabien Namias, le directeur général de la chaîne.

La direction soutient Mabrouk

La journaliste Sonia Mabrouk, le 11 septembre 2024 ( AFP / JOEL SAGET )

La journaliste Sonia Mabrouk, le 11 septembre 2024 ( AFP / JOEL SAGET )

Autre annonce, "la publication mensuelle d'un baromètre du pluralisme" des antennes pour "rendre compte de la diversité des invités, des intervenants et des courants de pensée".

Ces décisions "ne constituent ni un changement de ligne éditoriale ni une reconnaissance des accusations portées contre nos antennes mais témoignent de la volonté de défendre nos chaînes, injustement mises en cause", souligne dans ce message Jean-Philippe Baille, directeur général délégué à l'information de CMA Media.

Il promet aussi une "riposte systématique et rapide aux fausses informations" visant les médias du groupe.

"Je conteste fermement les accusations insinuant que nos chaînes banaliseraient le racisme", insiste M. Baille, en soulignant que la chaîne n'a "reçu aucun signalement de l'Arcom", le régulateur de l'audiovisuel.

"Recevoir une personnalité ne signifie ni partager ses convictions ni cautionner ses propos. Notre responsabilité est de l'interroger, de vérifier ses affirmations et le cas échéant de la contredire par les faits", fait-il valoir.

Comme ces derniers mois, il réaffirme l'"entier soutien" de la direction à Sonia Mabrouk face à une "campagne de déstabilisation inacceptable". "Sonia Mabrouk conduit ses émissions avec nuance, professionnalisme et indépendance", estime le responsable.

2 commentaires

  • 14:02

    La gauche continue à imposer sa vue du monde au paysage médiatique français, par la pression institutionnelle (organes de contrôle à la botte de la gauche) et par la violence (agressions de journalistes par LFI et affidés).


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