Les participants à la gauche unitaire réunis à Tours, le 24 janvier 2026 ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )
La primaire de la gauche non mélenchoniste en vue de la présidentielle de 2027 a passé la vitesse supérieure samedi à Tours, où ses représentants ont annoncé qu'elle aurait lieu le 11 octobre prochain, même si le PS, divisé en interne, doit encore se prononcer officiellement sur sa participation.
La machine est lancée. Après leur serment fait en juillet dernier à Bagneux (Hauts-de-Seine) d'avoir un "candidat commun" pour 2027, la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier, les députés Clémentine Autain (L'Après), François Ruffin (Debout!) et l'ancienne prétendante de la gauche à Matignon, Lucie Castets, ont annoncé qu'une primaire aura lieu le 11 octobre, destinée à leur permettre d'accéder au second tour de la présidentielle.
"Nous n'avons pas le droit de ne pas offrir une perspective aux classes populaires, au peuple de gauche", a défendu Clémentine Autain, lors d'une conférence de presse commune.
Face au scepticisme de certains à gauche, Marine Tondelier a répliqué que "toutes les personnes qui prétendent pouvoir se qualifier au deuxième tour seules vous mentent, se mentent à elles- mêmes et mentent à leurs électeurs".
Les membres du Front Populaire 2027, nom de leur alliance, ont indiqué avoir pour objectif deux millions de votants à la primaire, avec un vote physique dans tous les cantons de France, et possiblement aussi un vote numérique.
Si les modalité de scrutin n'ont pas encore été actées, l'idée d'un scrutin uninominal à deux tours semble avoir été écartée à ce stade.
Ils ont également annoncé que tout prétendant à la primaire devrait recueillir 500 parrainages de maires, comme c'est le cas pour une élection présidentielle. Un maire pourra parrainer deux ou trois candidats.
Cela signifie "qu'il n'y aura pas de candidature bidon de gens qui pourront venir alors même qu'ils n'auraient pas les soutiens qui leur permettraient, à l'issue de cette primaire, de devenir candidat à l'élection présidentielle", a détaillé Olivier Faure.
Ce dernier a rappelé que ce processus de primaire serait soumis après les municipales au vote des militants socialistes, qu'il tentera de convaincre, alors que ses opposants internes, dont le camp du maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol n'y sont pas favorables.
Olivier Faure n'a "pas mandat" pour "cautionner les annonces" faites à Tours, avait précisé vendredi le chef des sénateurs socialistes Patrick Kanner.
-Convaincre Vallaud-
Olivier Faure le 24 janvier 2026, à Tours ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )
Le patron des socialistes a assuré qu'il continuerait à se battre au sein de son parti "pour que cette primaire ait lieu".
Il n'a pas encore indiqué s'il serait candidat, à l'inverse de Clémentine Autain, Marine Tondelier et François Ruffin, déjà dans les starting-blocks.
Mais chez les socialistes, certains, dont François Hollande, penchent pour une fédération de la gauche réformiste allant du PS à Raphaël Glucksmann, Bernard Cazeneuve et Yannick Jadot, qui désignerait un candidat au consensus.
Pour M. Hollande, "la preuve que la primaire n'a pas de sens, c'est bien ce qui se passe à l'Assemblée, où Ecologistes, Autain et Ruffin ont voté pour la censure de LFI et contre le budget au risque de faire sauter le gouvernement quand les socialistes cherchaient une issue".
"Nous avons des divergences, nous avons des différences. Simplement, nous estimons que le moment fait que ce que nous avons en commun est infiniment supérieur à ce qui nous divise", a répondu Clémentine Autain.
Olivier Faure devra aussi convaincre le camp de Boris Vallaud, charnière pour faire ou défaire une majorité au PS, qui considère qu'en l'absence de Raphaël Glucksmann dans le dispositif, cette primaire est "de bric et de broc", selon les mots d'un proche du chef des députés socialistes.
Les mêmes réclament par ailleurs que le PS désigne en amont son propre candidat, sans faire mystère de l'ambition de Boris Vallaud. "Il sera OK pour la primaire de la gauche s'il gagne celle du PS", ironise un responsable favorable à la primaire.
Mais les doutes subsistent toujours sur cette démarche unitaire, d'autant que les deux candidats de gauche les mieux placés dans les sondages, le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon et le dirigeant de Place publique Raphaël Glucksmann, sur deux lignes antagonistes, continuent de refuser d'y participer.
Le PCF n'est pas de l'aventure non plus, même si PS et Ecologistes sont convaincus qu'il rentrera tôt ou tard dans le dispositif.
"Quand le train (de la primaire) aura démarré ceux qui seront restés à quai auront l'air bien bête", a prévenu François Ruffin.

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