Des religieuses attendent l'arrivée du pape Léon XIV, le 27 septembre 2026 à Lourdes, dans le sud-ouest de la France ( AFP / Lionel BONAVENTURE )
Après avoir attiré plus d'un million de personnes à Paris, Léon XIV poursuit dimanche à Lourdes sa visite en France, avec un nouveau bain de foule et une messe en plein air, avant un rendez-vous à huis clos très attendu en soirée avec des victimes de violences sexuelles dans l'Église.
Des cris d'enthousiasme de milliers de fidèles ont accueilli la papamobile sur le site où quelque 150.000 fidèles étaient attendus pour assister à partir de 11H00 à une nouvelle messe, que célébrera le pape comme avant lui Benoît XVI en 2008 et Jean-Paul II, en 1983 et 2004.
"Quand on voit l'engouement énorme, on se dit que la foi catholique n’est pas perdue en France", se réjouit Xavier, lycéen bordelais de 16 ans, debout depuis 5H15. Il souligne le "besoin aujourd'hui des valeurs que porte l’Église: le partage, la paix, la solidarité et la fraternité".
Toute la matinée, familles, religieux, personnes en fauteuils roulants et bébés en poussettes se sont pressés, au son de cantiques diffusés par des haut-parleurs, sur la prairie du sanctuaire marial, qui accueille trois millions de visiteurs par an.
La ville pyrénéenne d'environ 13.600 habitants s'est parée de blanc et de jaune, les couleurs du Vatican, commerces et restaurants affichant le portrait du souverain pontife.
Un pape à Lourdes, "c'est le Graal, c'est comme Dieu qui arrive", a affirmé samedi à l'AFP Anne-Marie Mazars, 56 ans, venue de Rodez (Aveyron) dans une ville où l'ensemble des hôtels affichent complet.
"Mascarade"
Des prêtres attendent l'arrivée du pape Léon XIV, le 27 septembre 2026 sur la Prairie du sanctuaire à Lourdes, dans le sud-ouest de la France ( AFP / Lionel BONAVENTURE )
La journée de Robert Prevost se poursuivra par une rencontre avec des fidèles malades ou en situation de handicap, une entrevue avec des religieuses et, avant une procession aux flambeaux à 21H00, une étape très scrutée: une rencontre à huis clos avec sept victimes de violences sexuelles dans l'Église en France.
Léon XIV est très attendu sur ce sujet, d'autant qu'il n'en a encore rien dit depuis son arrivée vendredi. Le dossier reste brûlant pour l'Église de France, cinq ans après le rapport choc qui avait estimé à 330.000 le nombre de victimes mineures en son sein depuis 1950.
Parmi les victimes rencontrées figure un ancien de l'institution Notre-Dame de Bétharram, mais aucun représentant de collectif - un choix très critiqué par ces derniers, qui déplorent "une mascarade" sans concertation.
L'archevêque de Paris Laurent Ulrich a souligné dimanche sur franceinfo que le pape allait manifester "une considération pour les personnes, (...) l'attention d'un pasteur pour des personnes et pas simplement pour un problème".
Des fidèles attendent l'arrivée du pape Léon XIV, le 27 septembre 2026 sur la prairie du sanctuaire à Lourdes, dans le sud-ouest de la France ( AFP / Ed JONES )
"Est-ce que c'est un bon signal de rencontrer sept personnes quand il y a eu 330.000 victimes de pédocriminalité dans l’Église?", a déploré sur RMC le président de l'association engagée pour le droit des enfants Mouv'Enfants Arnaud Gallais.
En Espagne où il avait rencontré six victimes en juin, Léon XIV avait dénoncé un "fléau" et demandé "vérité, justice et réparation". Dimanche, il a commencé sa journée, avant de rencontrer les évêques de France, en se recueillant devant la représentation de "L'Enfant qui pleure", une œuvre symbolisant les souffrances des victimes de violences sexuelles dans l'Eglise.
Pour la venue du souverain pontife, la basilique du célèbre sanctuaire aura totalement recouvert les mosaïques de sa façade, car elles ont été réalisées par Marko Rupnik, un prêtre slovène accusé d'agressions sexuelles.
Faire "envie aux jeunes"
Arrivé samedi soir à Lourdes, le pape américain est de nouveau allé au contact des fidèles au crépuscule sur la route menant jusqu'au sanctuaire, acclamé par des milliers de personnes, une nouvelle scène mêlant ferveur et liesse populaire comme depuis son arrivée en France.
Des fidèles attendent l'arrivée du pape Léon XIV, le 27 septembre 2026 sur la prairie du sanctuaire à Lourdes, dans le sud-ouest de la France ( AFP / Lionel BONAVENTURE )
Le pape américain a lancé un message subtilement politique lors d'une prière très recueillie à la grotte de Massabielle. "Obtiens pour la France des gouvernants sages et généreux, prêts au sacrifice de soi, capables de relever les défis et désireux de servir le bien commun", a-t-il déclaré, à sept mois de la présidentielle.
Léon XIV s'envolera lundi matin pour Metz pour la dernière étape de sa visite, une séquence plus européenne et interreligieuse.
Du Stade de France à la cathédrale Notre-Dame de Paris, en passant par la place de la Concorde où il a célébré samedi une messe géante devant 800.000 personnes, le pape américain a drainé des foules considérables et suscité une couverture médiatique inédite et enjouée, avec des heures de direct sur plusieurs chaînes de télévision.
Des fidèles attendent l'arrivée du pape Léon XIV, le 27 septembre 2026 sur la prairie du sanctuaire à Lourdes, dans le sud-ouest de la France ( AFP / Lionel BONAVENTURE )
Venue en train de Paris avec un groupe d’amies après avoir assisté à la veillée au stade de France vendredi et à la messe place de la Concorde samedi, Domitille Bardoul 26 ans, a ainsi dormi dehors sur le sanctuaire pour le pape. Pour elle, cette visite est "l’occasion de voir la diversité de l’Eglise en France" et, aussi, de faire "envie aux jeunes".

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