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A Lourdes, Léon XIV "à l'écoute" de victimes de violences sexuelles
information fournie par AFP 27/09/2026 à 22:12
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Le pape Léon XIV, accueilli par une foule de pèlerins à Lourdes, dans les Hautes-Pyrénées, le 27 septembre 2026 ( AFP / Lionel BONAVENTURE )

Le pape Léon XIV, accueilli par une foule de pèlerins à Lourdes, dans les Hautes-Pyrénées, le 27 septembre 2026 ( AFP / Lionel BONAVENTURE )

Léon XIV, après avoir de nouveau attiré les foules à Lourdes, a accordé dimanche deux heures en privé à sept victimes de violences sexuelles, qui se sont dit "vraiment écoutées" par un pape pour qui l'Eglise de France doit "poursuivre" sa lutte contre le "douloureux fléau" de la pédocriminalité.

Le pape, au troisième jour de sa visite en France, a fait preuve d'une "prise de conscience majeure" et reconnu le caractère "systémique" de ces violences, ont rapporté cinq d'entre elles lors d'une conférence de presse.

"J'ai pu lui dire tout ce que je voulais, c'était simple", a témoigné Véronique Garnier, après cette rencontre en deux temps, en tête-à-tête puis collectivement.

Dans l'ensemble, les victimes reçues - quatre hommes et trois femmes - ont estimé avoir reçus une "écoute profonde" du pape. Lequel s'est montré "très attentif" et "authentiquement à l'écoute", selon Olivier Mardi, cofondateur du collectif Voix Libérées de Touraine.

"De son point de vue les agresseurs sont des individus, mais ce qui permet que ça continue est la dimension systémique dans l'institution qui a existé et qui existe encore", a souligné pour sa part Jérôme Guillement, victime d'un prêtre.

Lors de cette rencontre, Léon XIV, qui s'était déjà entretenu avec des victimes en juin en Espagne, a exprimé son désir de "travailler" avec elles, a rapporté le Vatican.

En début de journée, le pape s'est recueilli devant la représentation de "L'Enfant qui pleure", œuvre symbolisant les souffrances des victimes de violences sexuelles dans l'Eglise. Puis il avait évoqué, pour la première fois de son séjour français, ce sujet brûlant depuis cinq ans pour l'Eglise de France, en appelant les évêques français, lors d'une rencontre à huis clos, à "poursuivre" leur action face au "fléau" des violences sexuelles "en maintenant la plus grande vigilance".

Ferme opposition à l'euthanasie

Au cours de ses différentes interventions dimanche, le pape a enfoncé le clou sur des thèmes - fin de vie, laïcité, école catholique - sur lesquels il avait déjà voulu faire passer un message vendredi devant Emmanuel Macron.

Après avoir déjà dénoncé à l'Élysée "l'offre d'une mort programmée", Léon XIV s'est montré particulièrement pugnace contre l'euthanasie, deux mois après l'adoption en France de la loi instaurant un droit à l'aide à mourir.

Des fidèles attendent le début de la messe célébrée par le pape Léon XIV sur la prairie du sanctuaire marial de Lourdes, le 27 septembre 2026 ( AFP / Ed JONES )

Des fidèles attendent le début de la messe célébrée par le pape Léon XIV sur la prairie du sanctuaire marial de Lourdes, le 27 septembre 2026 ( AFP / Ed JONES )

"Il est impossible de considérer comme normal de donner la mort", a affirmé le pape américain, reçu dans l'après-midi dans une institution qui se consacre aux pèlerins malades ou en situation de handicap.

"Ce qui est légal n'est pas nécessairement moral", a-t-il ajouté, sous des applaudissements nourris, en appelant à rejeter "fermement" la "tentation de donner la mort sous couvert de fausse compassion".

"Proche du peuple"

Après deux journées intenses à Paris, entre Stade de France rempli de 80.000 jeunes pour une veillée et Champs-Elysées débordant de 800.000 fidèles pour une messe géante place de la Concorde, Léon XIV a pu de nouveau mesurer sa popularité à Lourdes.

Dans la ville pyrénéenne parée des couleurs blanc et jaune du Vatican, familles, religieux, personnes en fauteuils roulants se sont massés toute la matinée, au son de cantiques diffusés par hauts-parleurs, sur un site qui accueille trois millions de visiteurs par an.

Cris et applaudissements ont d'abord accueilli la papamobile sur la prairie du sanctuaire marial, haut lieu de pèlerinage catholique, où le pape a célébré - moins de 24 heures après sa messe sur la place de la Concorde - un nouvel office géant.

"Quand on voit l'engouement énorme, on se dit que la foi catholique n'est pas perdue en France", se réjouit Xavier, lycéen bordelais, levé aux aurores pour ne pas manquer la messe, à laquelle ont assisté 150.000 pèlerins, selon le Vatican.

Le pape Léon XIV participant à une procession aux flambeaux à Lourdes le 27 septembre 2026 ( AFP / Lionel BONAVENTURE )

Le pape Léon XIV participant à une procession aux flambeaux à Lourdes le 27 septembre 2026 ( AFP / Lionel BONAVENTURE )

Un pape à Lourdes, "c'est le Graal, c'est comme Dieu qui arrive", pour Anne-Marie Mazars, 56 ans, venue d'Aveyron.

S'attardant longuement dans l'après-midi pour serrer des mains et bénir des enfants, Léon XIV a confirmé auprès des croyants son image de simplicité et de proximité.

"Il rassemble les gens, il est très proche du peuple et je pense que c'est ce qui fait son succès, on a besoin de gens qui ne sont pas dans un rapport hiérarchique mais très proches de nous tous", a observé Grégory Christides, 60 ans, enseignant marseillais et chrétien orthodoxe.

La cathédrale Saint-Etienne de Metz, à la veille de la venue du pape Léon XIV ( AFP / SEBASTIEN BOZON )

La cathédrale Saint-Etienne de Metz, à la veille de la venue du pape Léon XIV ( AFP / SEBASTIEN BOZON )

Le pape achevait dimanche soir sa visite à Lourdes par une procession aux flambeaux entre la grotte et la grande esplanade du sanctuaire emplie de fidèles entonnant l'Ave Maria, en l'honneur de la Vierge Marie.

Pour la dernière journée de sa visite, Léon XIV s'envolera lundi matin pour Metz, une séquence voulue plus européenne et interreligieuse.

1 commentaire

  • 22:25

    Nous passons notre temps, que nous soyons catholiques ou non, à entendre, à écouter et à nous infliger les paroles des victimes, dont on se demande pour certaines dans quels sens elles sont victimes tellement les actes dénoncées 60 ans sont dérisoire. Et les victimes devraient d'abord s'en prendre à elles-même vu le délai qu'elles ont mis pour rendre public leur témoignage et à déposer plainte. Cela devient franchement pénible.


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