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A la Mostra de Venise, le film "NAZA" veut contrer le narratif israélien sur Gaza
information fournie par Reuters 10/09/2026 à 17:57
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par Crispian Balmer

- Les civils palestiniens tués en masse dans la bande de Gaza par l'armée israélienne ne sont en rien des "victimes collatérales" mais bien des cibles sciemment désignées par Tsahal, selon le documentaire "NAZA" des journalistes israéliens Yuval Abraham et Rachel Szor présenté jeudi en compétition officielle à la Mostra de Venise.

Le duo, oscarisé l'an dernier pour son documentaire "No Other Land" révélant l'ampleur des démolitions de l'armée israélienne dans l'enclave palestinienne, veut contrer le récit officiel de la guerre menée par Israël à Gaza.

"NAZA" fait référence au jargon employé dans l'armée israélienne pour désigner les "victimes collatérales". Le documentaire repose sur des témoignages anonymisés d'agents du renseignement et de soldats impliqués dans le conflit qui a fait plus de 73.000 morts, selon les autorités sanitaires de Gaza.

La campagne militaire de Tsahal a débuté en réaction aux attaques sans précédent du Hamas contre Israël qui ont fait quelque 1.200 morts en octobre 2023.

UN SYSTÈME DOPÉ À L'IA

Un responsable militaire parmi les personnes interrogées reconnaît "des tueries de masse à une échelle industrielle".

Israël affirme s'efforcer d'éviter la mort de civils et avance que le Hamas utilise des Palestiniens comme boucliers humains dans des régions densément peuplées, ce que la milice réfute.

Le film raconte une autre réalité.

"Nous montrons dans notre film un système qui, par essence, cible des personnes dans des zones civiles, dans leur domicile familial", déclare Yuval Abraham à Reuters. "Parfois, il peut y avoir plus de 500 NAZA (...), des villages entiers ou des quartiers entiers sont détruits."

Les agents du renseignement interrogés décrivent un système dopé à l'intelligence artificielle (IA) qui identifie des cibles en utilisant les données de milliers de téléphones mobiles piratés. La simple phrase "Papa est à la maison" interceptée sur le portable d'un enfant suffit à lancer une frappe aérienne, selon eux.

Les officiers évoquent également le massacre de civils dans des zones d'accès interdit définies par Israël, notamment à proximité de centres de distribution d'aide humanitaire.

L'emplacement de ces zones n'avait pas été communiqué aux habitants, a déclaré l'un des officiers : "Ils doivent l'apprendre à leurs dépens."

Les Nations unies ont rapporté l'an dernier que plus de 400 Palestiniens avaient été tués alors qu'ils attendaient une aide humanitaire.

Israël a reconnu que des civils avaient été blessés aux abords de centres de distribution d'aide, affirmant avoir modifié ses règles d'engagement.

PARALLÈLES AVEC LA SHOAH

Nombre d'officiers interrogés dans le film comparent ce dont ils ont été témoins à la déshumanisation de la Shoah.

"C'est un lien qui a été établi par des soldats", précise Yuval Abraham.

"Dans une période où l'on constate si souvent que la mémoire de la Shoah est utilisée pour justifier les actions d'Israël à Gaza, il est très important d'en tirer une conclusion plus universelle."

Les Forces de défense israéliennes n'ont pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire.

Toutes les interviews ont été filmées de nuit sur les toits de Tel-Aviv, le documentaire montrant quelques scènes de destruction dans la bande de Gaza.

Les réalisateurs entendaient souligner le contraste entre le quotidien paisible des habitants de la capitale économique d'Israël et la catastrophe qui se déroulait à quelque 60 km plus au sud.

"Nous voulions montrer comment la vie continuait à Tel-Aviv", explique Rachel Szor.

Beaucoup d'Israéliens ne ressentent aucune empathie pour les civils palestiniens, ajoute la réalisatrice israélienne.

"Il y a une grande partie de la société israélienne qui prétend qu'il n'y a aucun innocent à Gaza."

De nombreux officiers témoignant dans "NAZA" sont issus des rangs des unités d'élite et ne sont pas considérés comme des faucons. "Ils se décrivent parfois comme des personnes de gauche", ajoute-t-elle. "Et ce sont peut-être eux qui sont responsables du plus grand nombre de morts."

Yuval Abraham craint que personne en Israël ne soit poursuivi pour la mort de civils sans pression de la part de la communauté internationale, et en appelle à la responsabilité des Etats-Unis et de l'Union européenne.

"NAZA" est l'un des 21 longs métrages en compétition officielle pour décrocher le Lion d'or du meilleur film qui doit être décerné dimanche à Venise.

(Zhifan Liu pour la version française, édité par Sophie Louet)

1 commentaire

  • 10 septembre 19:05

    Ils on fait ça à Gaza au nom de la religion, et sont capables de bien pire


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