Des pompiers s'affairent dans les ruines d'un immeuble détruit par un raid aérien russe à Kharkiv, en Ukraine, le 2 janvier 2026 ( AFP / SERGEY BOBOK )
Les alliés européens de l'Ukraine se sont rencontrés samedi à Kiev pour examiner les détails de la dernière mouture du plan de sortie du conflit avec la Russie, en amont d'un sommet la semaine prochaine en France des pays de la "coalition des volontaires" soutenant l'Ukraine.
Des conseillers à la sécurité de quinze pays, dont la France, l'Allemagne et le Canada, ainsi que des représentants de l'UE et de l'Otan, se sont réunis dans la capitale ukrainienne pour cette première rencontre de l'année à laquelle a participé l'envoyé spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, à distance.
Cette journée de diplomatie est tombée dans l'ombre de l'intervention militaire surprise des Etats-Unis au Venezuela.
"La première partie de la réunion a porté sur les documents-cadres, notamment les garanties de sécurité et les approches relatives au plan de paix, ainsi que sur la séquence des prochaines étapes conjointes", a déclaré samedi sur Telegram le négociateur en chef de l’Ukraine, Roustem Oumerov, à l'issue de la première session.
Des responsables militaires ukrainiens et des pays alliés doivent encore se rencontrer à Paris avant la rencontre des dirigeants de la "coalition des volontaires", a indiqué le président ukrainien, ajoutant qu'il y aura aussi "des rencontres avec l'équipe du président (Donald) Trump".
Les efforts diplomatiques se sont intensifiés depuis novembre pour mettre fin au conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde guerre mondiale, sous l'impulsion du président américain, dont l'administration a négocié séparément avec la Russie et l'Ukraine.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors d'une rencontre des conseillers pour la sécurité de pays alliés de l'Ukraine à Kiev le 3 janvier 2026 ( AFP / Tetiana DZHAFAROVA )
"Nous avons un plan de compromis dans lequel il n'y a toujours aucun compromis sur deux points. C'est pourquoi nous disons 90% sur 100%", a déclaré M. Zelensky lors d'un point presse auquel participait l'AFP.
L'avenir des territoires occupés par la Russie, qui contrôle aujourd'hui près de 20% du territoire ukrainien, demeure l'un des points clés.
Moscou a de son côté annoncé fin décembre son intention de "durcir sa position" après avoir accusé Kiev, qui dément, d'un raid de drones contre une résidence du président Vladimir Poutine.
- Redémarrage de la Défense -
Volodymyr Zelensky a averti qu'en cas d'échec de la diplomatie, l'Ukraine devra continuer à se défendre.
"Si la Russie bloque tout ça, si nos partenaires ne contraignent pas la Russie à mettre fin à la guerre, il y aura une autre voie: nous défendre nous-mêmes", a déclaré M. Zelensky, qui voudrait "voir les Etats-Unis faire davantage pression sur Moscou".
Il a annoncé vendredi la nomination du chef du renseignement militaire, Kyrylo Boudanov, pour diriger son cabinet, l'un des postes les plus importants du pays.
Il a aussi annoncé son intention, sous réserve de l'approbation du Parlement ukrainien, de remplacer l'actuel ministre de la Défense Denys Chmygal par le ministre de la Transformation digitale, Mykhaïlo Fedorov, tandis que M. Chmygal prendrait la tête du ministère de l'Energie.
M. Zelensky veut ainsi "procéder à un redémarrage parallèle de toutes les structures, juste au cas où" la Russie refuserait de mettre fin au conflit.
- Frappes meurtrières -
Les premiers jours de 2026 ont été marqués par des bombardements ukrainiens et russes meurtriers.
La Russie a accusé Kiev d'une attaque ayant tué selon elle 28 civils, la nuit du Nouvel An, dans la partie de la région ukrainienne de Kherson contrôlée par l'armée russe.
Des pompiers ukrainiens éteignent un incendie provoqué par des frappes russes sur la ville de Kharkiv le 2 janvier 2026 ( AFP / SERGEY BOBOK )
Un enfant de trois ans et une jeune femme sont morts à Kharkiv vendredi, et deux autres personnes ont été tuées samedi dans la ville de Kherson, toujours sous contrôle de Kiev, dans des frappes russes selon les autorités ukrainiennes.
Les autorités ukrainiennes ont ordonné le même jour l'évacuation de plus de 3.000 enfants avec leurs parents d'une quarantaine de localités dans les régions de Zaporijjia (sud) et Dnipropetrovsk (centre-est), signe de la progression des troupes russes dans ces régions.
Vladimir Poutine a répété ces dernières semaines que la Russie atteindrait ses objectifs en Ukraine "par la voie militaire" si les négociations échouaient et a salué les récents gains de son armée sur le front.

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