Marine Le Pen, à Bruxelles, le 14 octobre 2026 ( AFP / NICOLAS TUCAT )
Marine Le Pen a dénoncé mercredi depuis Bruxelles une tentative de "verrouillage" du futur budget européen avant la fin de l'année, faisant valoir que des élections nationales étaient attendues ces prochains mois dans plusieurs pays européens.
"Tout cela n'est pas sérieux", a déploré la candidate d'extrême droite à l'élection présidentielle française lors d'une conférence de presse à Bruxelles.
La cheffe de file du Rassemblement national s'est rendue dans la capitale belge à la veille d'un sommet entre dirigeants consacré au budget européen, afin de faire monter la pression.
De nombreux chefs d'Etat et de gouvernement souhaitent adopter avant Noël cette enveloppe qui régira les grandes priorités de l'UE jusqu'en 2034, de l'agriculture à la compétitivité, du soutien à l'Ukraine aux politiques migratoires.
Et pour cause: 2027 sera une année d'élections, qui pourrait porter au pouvoir des dirigeants eurosceptiques susceptibles de rebattre les cartes des négociations budgétaires.
Des scrutins sont attendus ces prochains mois en Espagne, en France, en Italie et en Pologne.
Pour Marine Le Pen, adopter ce budget avant ces échéances électorales serait un "scandale démocratique".
La candidate à l'Elysée a fait de la réduction de la contribution française au budget de l'UE l'un des piliers de son plan d'économies présenté la semaine dernière.
Lors de sa conférence de presse bruxelloise, elle s'est ainsi engagée à défendre "un plafonnement strict" de la contribution nette de la France à l'UE, à cinq milliards d'euros net.
Et a balayé la perspective que ce budget soit adopté avant la présidentielle, se disant convaincue "qu'un certain nombre de dirigeants" ne prendront pas ce risque "de l'illégitimité".
L'"exact opposé" de Macron
Marine Le Pen à Bruxelles le 14 octobre 2026 ( AFP / NICOLAS TUCAT )
Lors de cette conférence de presse, la candidate à l'Elysée a détaillé plus largement sa vision pour l'Europe, soit "l'exact opposé" que celle d'Emmanuel Macron.
"Il voulait l'Europe puissance, nous avons eu l'Europe impuissance (...) Nous devions avoir l'Europe des frontières, nous n'avons eu qu'une Europe ouverte à la Terre entière", a-t-elle assuré.
Marine Le Pen a notamment promis qu'elle s'opposerait à tout élargissement du bloc. L'Ukraine, l'Albanie, le Monténégro ou la Macédoine du Nord figurent parmi les candidats actuels.
Elle a aussi plaidé pour une fiscalité unique sur le tabac et l'alcool, ainsi que sur les grandes entreprises.
La candidate RN à la présidentielle Marine Le Pen à Bruxelles le 14 octobre 2026 ( AFP / NICOLAS TUCAT )
La Commission européenne "qui aujourd'hui ne cesse de sortir de ses prérogatives", retrouvera "un rôle de secrétariat au service des nations", a-t-elle assuré.
"Je pense que l'Union européenne n'a pas à faire de co-développement, pas plus qu'elle n'a à faire de diplomatie", a-t-elle estimé.
Sur le climat, la candidate a proposé qu'une partie de la contribution au budget de l'UE soit calculée selon l'intensité carbone des économies nationales.
Plus tôt à Bruxelles, la cheffe de file du RN s'est entretenue avec ses alliés européens du groupe des Patriotes. Un rendez-vous habituel avant chaque sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE.

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