Des salariés de l'enseigne d'ameublement Alinéa rassemblés à Aubagne dans les Bouches-du-Rhône, le 14 février 2026 ( AFP / Thibaud MORITZ )
Plusieurs dizaines de salariés de l'enseigne d'ameublement Alinéa se sont rassemblés samedi matin à Aubagne (Bouches-du-Rhône), où se trouve le siège social de l'entreprise en redressement judiciaire et menacée de liquidation.
Les quelque 250 salariés du site, employés du magasin Alinea et du siège social, étaient appelés à débrayer pendant deux heures à l’appel de l’intersyndicale. Un appel relayé dans plusieurs enseignes à travers le pays.
Dans un message adressé jeudi aux salariés, la direction de l'enseigne avait annoncé le retrait du principal candidat à la reprise, le groupe roumain SDC Holding, douchant ainsi les espoirs de sauvetage.
"C'est la marque qui s'éteint avec le retrait de cette offre", a expliqué samedi à l'AFPTV Margaux Palvini, représentante FO à Aubagne, précisant que les autres offres ne concernent que "les murs des magasins".
"On nous a annoncé jeudi que le repreneur ne reprenait rien, qu'il retirait son offre, on a tous été envahis de tristesse", déclare Gilda Rodriguez, 58 ans, employée chez Alinea depuis 26 ans. "Ensuite, on s'est dit qu'il fallait se battre pour de bon, pour les 1.200 employés qui vont sûrement perdre leur emploi, pour avoir les droits qu'amène un PSE correct et digne", ajoute-t-elle.
Dans le rassemblement de salariés de l'enseigne d'ameublement Alinéa à Aubagne dans les Bouches-du-Rhône, le 14 février 2026 ( AFP / Thibaud MORITZ )
"A 59 ans et demi, en ayant des difficultés de santé, à quatre ans de la retraite, on vous dit +ben voilà, merci, au revoir+. Je le vis mal", confie Pierre Jacquot, salarié depuis 14 ans chez Alinea. "Aujourd'hui, on demande une indemnité en rapport avec les efforts que l'on a fournis, à tout ce qu'on a apporté à cette enseigne et à la famille Mulliez. Ce qu'on attend aussi, c'est des reclassements dans l'ensemble du groupe", dit-il.
L'enseigne de mobilier de la galaxie Mulliez (Auchan, Decathlon, Leroy Merlin...) emploie encore près de 1.200 salariés dans 35 magasins. Seulement 240 emplois pourraient être sauvés dans le cadre des offres restantes, estime Mme Palvini.
"C'est un séisme social sans précédent", "résultat d'une gestion défaillante dont les salariés refusent de payer le prix une nouvelle fois", indique un communiqué du collectif des salariés d'Alinéa, qui "appelle les pouvoirs publics et les élus locaux à sortir de leur silence pour empêcher que ce drame social ne se déroule dans l'indifférence générale".
Le 5 mars, le tribunal des affaires économiques de Marseille va recevoir les offres définitives des candidats à la reprise et devrait rendre une décision dans un délai de deux semaines. Il avait placé le 20 novembre l'enseigne en redressement judiciaire alors qu'elle présentait, pour l'exercice 2024, 47 millions d'euros de pertes pour 162 millions d'euros de chiffre d'affaires.
Fondée en 1988 à Avignon, Alinea avait déjà été placée en redressement judiciaire en 2020 en pleine pandémie de Covid-19.

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