Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, à gauche, salue son homologue grec Giorgos Gerapetritis, le 7 octobre 2026, à Athènes en Grèce ( AFP / Aris MESSINIS )
Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio doit mettre en garde mercredi à Athènes, berceau de la démocratie, contre le déclin de l'Occident, l'appelant à embrasser l'avenir, notamment sur le plan technologique.
"Aujourd'hui, nous nous trouvons à la croisée des chemins. La voie que nous emprunterons déterminera si l'Occident conservera sa place à la tête du monde ou s'il se résignera à un avenir marqué par l'atrophie, la servitude et le déclin", doit déclarer M. Rubio, selon des extraits d'un discours aux relents nationalistes qu'il doit prononcer en soirée, tout près de l'Acropole.
"Soit nous choisissons d'agir maintenant, soit nous perdons toute possibilité d'agir", doit-il affirmer en relevant que, pour leur part, les Etats-Unis de Donald Trump "ont fait leur choix de poursuivre sans complexe notre puissance nationale" à travers le contrôle des chaînes d'approvisionnement stratégiques, la réindustrialisation, la défense et la "lutte pour dominer les technologies et les industries de l'avenir", comme l'intelligence artificielle.
Tout un symbole : le secrétaire d'Etat américain doit s'exprimer depuis le site antique de Pnyx, colline qui fait face à l'Acropole d'Athènes, berceau de la démocratie occidentale.
Ce discours, qui sera truffé de références historiques et de glorification de héros de l'Antiquité comme Alexandre le Grand, s'inscrit dans la lignée de celui prononcé en février, en marge de la Conférence sur la sécurité de Munich, où il avait dénoncé le déclin de l'Europe.
Il avait alors estimé que l'Europe était notamment menacée par une immigration massive, et appelé le Vieux continent à défendre la civilisation chrétienne.
Auparavant mercredi, Marco Rubio, arrivé la veille en Grèce en provenance d'Islande dans le cadre d'une tournée européenne, a souligné "l'importance" de l'alliance des États-Unis avec la Grèce, notamment sur le plan énergétique, et annoncé un accord conjoint pour le partage d'informations en matière de lutte contre le narcotrafic et le terrorisme.
Évoquant "la longue histoire d'amitié, de partenariat et d'alliance" avec la Grèce, Marco Rubio a souligné que "l'importance de cette alliance historique est mise en évidence par l'instabilité que connaît aujourd'hui le monde (...) à travers les conflits dans le détroit d'Ormuz avec l'Iran, les conflits en mer Rouge avec le Yémen ou encore les conflits entre l'Ukraine et la Russie", a-t-il dit.
Il a précisé à cet égard que l'Iran, qui bloque le détroit depuis le début de la guerre, en avait "perdu le contrôle intégral", s'efforçant de rassurer alors que les États-Unis peinent à trouver une voie de sortie de la guerre à quelques semaines des élections de mi-mandat.
Le chef de la diplomatie américaine a participé mercredi à un "dialogue stratégique" avec la Grèce sur la sécurité régionale et énergétique dans un contexte de fortes tensions provoquées par les guerres en Iran et en Ukraine.
Il doit rencontrer mercredi soir le Premier ministre conservateur Kyriakos Mitsotakis.
En raison de sa géographie en Méditerranée, au carrefour de nombreuses de ces routes de transit, la Grèce "est particulièrement exposée aux menaces que représentent les migrations massives, la traite des êtres humains et différentes formes de terreur", a dit M. Rubio.
L'ambassadrice américaine dans le viseur
Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, à gauche, et son homologue grec Giorgos Gerapetritis, le 7 octobre 2026, à Athènes en Grèce ( POOL / Mark Schiefelbein )
Les guerres en Iran et en Ukraine ont mis en exergue la fragilité des voies d'approvisionnement en énergie et la Grèce se positionne pour être un hub clé dans le sud-est de l'Europe, notamment pour le transport de gaz naturel.
L'inauguration récente du gazoduc transatlantique, l'interconnexion entre la Grèce et la Bulgarie et les infrastructures dans le port d'Alexandroupolis, près de la frontière gréco-turque, où arrive le gaz GNL américain, ont permis à la Grèce de contribuer au corridor vertical en direction de la Bulgarie, de la Roumanie, de la Moldavie, de l'Ukraine, de la Hongrie et de la Slovaquie.
Par ailleurs, la visite en Grèce de M. Rubio intervient alors que la presse américaine s'est fait l'écho ces derniers jours de possibles conflits d'intérêts impliquant l'ambassadrice des États-Unis en Grèce, Kimberly Guilfoyle, ex-fiancée de Don Jr, le fils du président américain.
Interrogé à ce sujet, Marco Rubio s'est refusé à répondre, réaffirmant cependant son soutien à cette ex-présentatrice sur la chaîne Fox News.

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