Assurance vie - Panorama fiscal

 

L'assurance vie apparaît comme l'un des placements privilégiés des épargnants. Son intérêt en tant qu'outil de prévention et de protection est incontestable. L'un de ses principaux attraits est sa fiscalité avantageuse.

Il bénéficie, selon les cas (date de souscription du contrat) :

 de l'application d'un taux d'imposition préférentiel sur les produits capitalisés, lors d'un rachat par exemple,
 de l'exonération des droits de succession lors de son dénouement par le décès de l'assuré.

L'avantage fiscal octroyé lors de la souscription du contrat par le biais d'une réduction d'impôt attachée au versement d'une prime est limité à quelques cas précis.

Fiscalité à l'entrée

Il n'existe désormais plus aucune réduction d'impôt associée à la souscription d'un contrat d'assurance vie, à l'exception des contrats réservés à la protection d'une personne infirme.

En effet, les contrats "épargne-handicap" et les contrats "rente-survie" bénéficient d'une réduction égale à 25 % des primes dans la limite globale de 1 525 €, augmentée de 300 € par enfant à charge (150 € pour chacun des enfants en résidence alternée qui ouvre droit à un partage du quotient familial entre les parents imposés séparément).

Fiscalité en cours de contrat

Les produits d'un contrat d'assurance vie sont constitués par la différence entre les sommes remboursées au bénéficiaire et le montant des primes versées. Lors d'un rachat ou du dénouement d'un contrat en cas de vie, les produits sont soumis à une imposition qui dépend essentiellement de la date de souscription du contrat et aux contributions sociales. Ces dernières sont généralement acquittées par l'établissement qui gère le contrat et verse les produits. Leurs modalités de perception varient en fonction de la nature du contrat d'assurance et du régime d'imposition des produits.

Certains contrats bénéficient, sous certaines conditions d'une exonération d'impôt sur le revenu, tout en restant soumis aux prélèvements sociaux. Il s'agit des contrats :

 souscrits avant le 25 septembre 1997 ;
 majoritairement investis en actions, dits "DSK" ou "NSK" ;
 dénoués par un changement dans la situation personnelle du bénéficiaire (licenciement du bénéficiaire ou de son conjoint sous réserve d'une inscription à Pôle emploi, mise à la retraite anticipée ou survenance d'une invalidité de 2ème ou 3ème catégorie).

Les contrats dénoués directement par le versement d'une rente viagère sont totalement exonérés, quelle que soit leur date de souscription.

Fiscalité au décès de l'assuré

L'assurance vie a l'avantage d'être, sous certaines conditions, traitée hors succession. En effet, lorsque le bénéficiaire désigné d'un contrat d'assurance vie au décès de l'assuré est le conjoint survivant, le partenaire survivant de Pacs, ou un frère ou soeur vivant sous le même toit (sous certaines conditions), les sommes perçues ne sont pas soumises à fiscalité.

Pour les autres bénéficiaires, deux exceptions atténuant le principe de non imposition ont été mises en place :

 pour les contrats souscrits à compter du 20 novembre 1991, toutes les primes versées après le 70ème anniversaire de l'assuré sont soumises aux droits de succession pour la fraction qui excède 30 500 € CGI, art. 757 B), sauf exceptions.
 les sommes versées par l'assureur qui dépassent 152 500 € et correspondent à des primes versées depuis le 13 octobre 1998 donnent lieu à une imposition forfaitaire (de 20 % pour la part taxable inférieure à un certain seuil, 25 % au-delà pour les sommes versées à raison des décès intervenus depuis le 31 juillet 2011).

 Note

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2010 a mis fin à l'exonération de prélèvements sociaux dont profitaient les contrats en unité de compte, les contrats multisupports et les ultimes intérêts cumulés sur les contrats en euros dans l'hypothèse de leur dénouement à l'occasion d'un décès.

Prélèvements sociaux

Les contrats d'assurance vie et les bons de capitalisation sont soumis aux prélèvements sociaux dont les modalités de recouvrement diffèrent suivant le type de contrat :

 pour les assurances ou bon en euros : les prélèvements sociaux sont inscrits en compte (au 31 décembre de chaque année). Il en découle donc que lors d'un rachat aucun prélèvement n'est imputé et lors du dénouement du contrat, les prélèvements sociaux sont appliqués uniquement sur les produits acquis depuis le 1er janvier ;
 pour les assurances en unités de compte : les prélèvements sociaux sont acquittés à l'occasion d'un rachat total ou partiel ou, depuis le 1er janvier 2010, en cas de dénouement au décès.
 A compter du 1er juillet 2011, les produits générés par le compartiment euro des contrats multisupports sont assujettis aux contributions sociales annuellement. Une procédure de régularisation a corrélativement été mise en place afin de permettre aux contribuables de récupérer une partie des prélèvements sociaux payés, en cas de versement excédentaire.

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