Zone euro-La relocalisation face à la hausse des coûts en Asie

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par Valentina Za MILAN, 1er décembre (Reuters) - Après des années de délocalisation en Asie, certaines entreprises européennes telles que la marque de maroquinerie Piquadro PQ.MI et le fabricant de batteries FIAMM commencent à "relocaliser" leur production, suivant en cela l'exemple de leurs homologues américaines. Si la décision de ces deux groupes n'est pas de nature à inverser un phénomène en cours depuis deux décennies, elle traduit néanmoins une tendance. Revenir en Europe permet aux entreprises de faire face à la hausse des salaires en Chine, à la montée des coûts de fabrication, à la difficulté de superviser la production depuis l'étranger et à réduire les frais d'acheminement des marchandises vers l'occident. La relocalisation est portée par le secteur de l'habillement, des chaussures et de l'électronique, qui redécouvrent en particulier l'intérêt du "Made in Europe". L'Espagne aussi attire les entreprises, notamment le secteur automobile avec Ford Motor FN et PSA Peugeot Citroën PEUP.PA qui y ont ouvert des chaînes d'assemblage. Ces entreprises veulent y profiter de la faiblesse des coûts salariaux liés à la crise, au gel des rémunérations et au chômage élevé. Une enquête PricewaterhouseCoopers portant sur 384 sociétés non financières de la zone euro a révélé le mois dernier que près de 60% avaient relocalisé certaines opérations, surtout dans la production, au cours de l'année écoulée, contre 55% qui avaient fait la démarche inverse. L'Italie était en tête de liste, tandis que l'Irlande, l'Allemagne et l'Espagne y faisaient également bonne figure. Selon Luciano Fratocchi, professeur en gestion et ingénierie à l'Université de L'Aquila en Italie, la relocalisation est devenue une partie intégrante des stratégies de survie des entreprises depuis la crise économique. De nombreuses entreprises italiennes ont réduit ou revu leurs lignes de production en raison de la baisse de la demande et cherchent désormais à garder les usines restantes près de leurs marchés cibles. Parmi les quelque 450 relocalisations analysées par Luciano Fratocchi depuis 2007, l'Italie en a représenté le cinquième environ, juste derrière les Etats-Unis qui s'arrogent la part du lion avec près de la moitié. Le phénomène attire également les pays en bonne santé économique comme l'Allemagne. La marque d'ustensiles de cuisine Fackelmann et le fabricant de tronçonneuses Stihl ont par exemple relocalisé leur production outre-Rhin. (Maria Sheahan à Francfort, Gavin Jones à Rome, Silvia Ognibene à Florence, Claude Chendjou pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)


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