Yellen (Fed)-Les arguments pour une hausse des taux renforcés

le , mis à jour à 18:43
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 (Actualisé avec Fischer) 
    par Jason Lange et Ann Saphir 
    JACKSON HOLE, Wyoming, 26 août (Reuters) - Les arguments en 
faveur d'un relèvement des taux d'intérêt aux Etats-Unis se sont 
renforcés ces derniers mois en raison de l'amélioration de la 
situation du marché de l'emploi et des anticipations d'une 
croissance économique modérée, a dit vendredi la présidente de 
la Réserve fédérale. 
    Janet Yellen n'a pas dit quand la banque centrale pourrait 
relever les taux mais ses propos viennent à l'appui de l'opinion 
voulant qu'un durcissement monétaire soit poursuivi cette année, 
après un premier relèvement intervenu en décembre 2015. 
    La Fed doit se réunir d'ici la fin de l'année durant les 
mois de septembre, novembre et décembre. 
    S'exprimant dans le cadre du symposium annuel des banquiers 
centraux de Jackson Hole (Wyoming), Yellen a également observé 
que "l'économie des Etats-Unis se rapproche des objectifs 
officiels de la Réserve fédérale d'emploi maximal et de 
stabilité des prix".  
    La croissance de l'économie américaine a toutefois été revue 
légèrement à la baisse au deuxième trimestre mais les dépenses 
de consommation ont augmenté au rythme le plus soutenu depuis le 
quatrième trimestre 2014.   
    "Au vu de la solide performance du marché de l'emploi qui 
persiste et de nos perspectives d'activité économique et 
d'inflation, je pense que les arguments en faveur d'une 
augmentation du taux des fonds fédéraux se sont renforcés ces 
derniers mois", a ajouté Janet Yellen, notant aussi que la Fed 
continuait de penser que les futures hausses des taux devaient 
être "progressives". 
    Les investisseurs évaluent actuellement à 18% la probabilité 
d'une hausse des taux en septembre et à 53% pour décembre, selon 
le baromètre FedWatch de CME Group. 
    Il est peu probable que les propos de Janet Yellen, qui n'a 
pas dit clairement quels seraient les paramètres économiques 
susceptible de déclencher une nouvelle hausse des taux, 
persuadent certains investisseurs qu'un tour de vis monétaire 
soit proche parce que, entre autres raisons, les responsables de 
la Fed paraissent très divisés sur l'opportunité d'agir vite ou 
au contraire de rester prudent. 
    "Elle s'est contentée de laisser la porte ouverte à une 
hausse des taux, de préférence assez proche", observe Subadra 
Rajappa (Société Générale). 
    Stanley Fischer, le vice-président de la Fed, a déclaré sur 
CNBC que les propos de Janet Yellen étaient compatibles avec les 
anticipations de hausse des taux cette année.  
    Prié de dire s'il fallait s'attendre à une hausse des taux 
en septembre ou plus d'une avant la fin de l'année, il a 
répondu: "Je pense que ce que la présidente a dit aujourd'hui 
est compatible avec un 'oui' en réponse à vos deux questions 
mais nous n'en savons rien tant que nous n'avons pas vu les 
données". 
     
    LE DOLLAR MONTE   
    Le dollar a monté contre le yen et l'euro tout de suite 
après les déclarations de la présidente de la Fed, avant de 
fléchir, tandis que Wall Street a brièvement réduit ses gains, 
tandis que les emprunts longs du Trésor américains se traitaient 
en hausse. 
    Janet Yellen observe que les responsables de l'institut 
d'émission ont des opinions très diverses sur les niveaux 
qu'atteindront les taux d'intérêt dans les années à venir.  
    Les prévisions du moment, a-t-elle dit, induisent une 
probabilité de 70% que le taux des fed funds se situe entre 0% 
et 3,75% à la fin de 2017 et entre 0% et 4,5% à la fin de 2018.  
    Une telle incertitude, a-t-elle poursuivi, est liée à 
l'incapacité de prédire les chocs économiques. 
    L'essentiel du discours de Janet Yellen était consacré aux 
moyens pour la banque centrale de réagir à des futures 
récessions dans la mesure où nombre d'économistes et de 
responsables de la Fed pensent que le vieillissement de la 
population et d'autres éléments plaident pour un ralentissement 
de la croissance des Etats-Unis sur le long terme. 
    Moins de croissance impliquant des taux d'intérêt plus bas 
en moyenne sur le long terme, certains analystes laissent 
entendre que la Fed sera moins bien équipée pour faire face à de 
futures récessions car elle aura moins de marge de manoeuvre 
pour abaisser les taux. 
    Une opinion "exagérée", dit Janet Yellen, expliquant que la 
Fed recourra aux achats obligataires et au pilotage des 
anticipations ("forward guidance") comme outils 
d'assouplissement monétaire. 
    La Fed compte toujours dégonfler son massif bilan mais cela 
prendra du temps, a poursuivi Janet Yellen, ajoutant que ce même 
bilan sera sans doute utile pour un temps, comme outil de 
politique monétaire. 
    La Fed pourrait aussi étudier d'autres possibilités, comme 
élargir la gamme des actifs rachetables, relever l'objectif 
d'inflation ou définir un objectif de PIB nominal, a-t-elle 
conclu.    
     
 
 (Jason Lange et Ann Saphir; Wilfrid Exbrayat pour le service 
français, édité par Patrick Vignal) 
 
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