USA-L'interdiction des exports de brut sur le point d'être levée

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    WASHINGTON, 16 décembre (Reuters) - Les Etats-Unis semblent 
une nouvelle fois sur le point de renoncer à une interdiction 
des exportations de pétrole vieille de quarante ans, après des 
années d'un débat relancé par le boom du pétrole de schiste. 
    Un large accord bipartisan sur le financement de l'Etat 
fédéral jusqu'en septembre prochain auxquels les négociateurs du 
Congrès ont mis la dernière main tard mardi soir prévoit la fin 
de l'embargo sur les exportations de brut ainsi que des aides 
fiscales pour le développement des énergies solaire et éolienne. 
    Les élus républicains et démocrates doivent se réunir 
séparément mercredi pour débattre du compromis budgétaire à 
1.150 milliards de dollars négocié en secret par les dirigeants 
des deux groupes au Congrès au cours des deux dernières 
semaines.  
    Ils pourraient voter dès vendredi sur le texte et s'il est 
adopté à la fois par la Chambre des représentants et par le 
Sénat, il sera difficile au président Barack Obama d'y opposer 
son veto. 
    Un feu vert aux exportations de pétrole représenterait une 
victoire pour l'industrie pétrolière et les républicains, qui 
font valoir depuis des années que leur interdiction est un 
vestige des années 70 et de l'embargo des pays arabes qui avait 
déclenché la première crise pétrolière. 
    Les détracteurs de l'interdiction des exportations de 
pétrole disent que son abandon soutiendra l'activité 
d'exploration aux Etats-Unis en supprimant l'écart qui a prévalu 
pendant des années entre les prix du pétrole américain et les 
cours internationaux plus élevés. Ils soulignent que les alliés 
des Etats-Unis trouveront ainsi une nouvelle source 
d'approvisionnement, au-delà des pays de l'Opep ou de la Russie. 
    "La levée de l'interdiction des exportations de pétrole est 
très importante pour notre industrie pour lui permettre d'être 
compétitive à l'échelle internationale", a dit John Hoeven,  
sénateur républicain du Dakota du Nord, un Etat producteur de 
pétrole, et promoteur de longue de la levée de l'interdiction au 
Congrès. 
    De nombreux sénateurs démocrates s'inquiètent en revanche 
des conséquences sur l'emploi dans les secteurs du raffinage et 
du transport maritime. Ils soulignant aussi que de nouveaux 
forages constitueraient une menace pour l'environnement et 
conduiraient à une augmentation du transport ferroviaire de 
pétrole avec des risques d'accident majeur à la clé. 
    Les républicains avaient fait de la levée de l'interdiction 
l'une de leurs priorités pour un compromis et avaient accepté en 
contrepartie des mesures souhaitées par les démocrates pour 
réduire les émissions de gaz à effet de serre et protéger 
l'environnement.  
    La chute des cours du pétrole, tombés cette semaine à des 
plus bas de 11 ans sous les 40 dollars le baril, a contribué à 
dissiper les inquiétudes sur une envolée des prix de l'essence 
qui pourrait résulter d'une levée de l'interdiction des 
exportations de brut américain, l'un des arguments mis en avant 
par de nombreux démocrates et le président Obama pour s'y 
opposer.  
    Le projet de texte prévoit que le président américain pourra 
interdire les exportations de pétrole pendant un an si l'état 
d'urgence est déclaré ou si l'Administration considère qu'elles 
contribuent à une pénurie de pétrole dans le pays ou à une 
augmentation des prix du pétrole aux Etats-Unis.  
     
 
 (Timothy Gardner, Marc Joanny pour le service français, édité 
par Véronique Tison) 
 
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  • charleco le mercredi 16 déc 2015 à 18:24

    ils vont exporter alors qu'il y a déjà une surproduction mondiale!