Tidjane Thiam succède à Brady Dougan à la tête de Credit Suisse

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TIDJANE THIAM SUCCÈDE À BRADY DOUGAN À LA TÊTE DE CREDIT SUISSE
TIDJANE THIAM SUCCÈDE À BRADY DOUGAN À LA TÊTE DE CREDIT SUISSE

par Joshua Franklin et Lisa Jucca

ZURICH (Reuters) - Credit Suisse a annoncé mardi l'arrivée à sa tête du Franco-Ivoirien Tidjane Thiam, actuel directeur général de Prudential, au moment où la banque suisse fait face à de lourdes amendes aux Etats-Unis et à un environnement réglementaire plus contraignant.

L'Américain Brady Dougan, directeur général de Credit Suisse depuis 2007, laissera sa place fin juin à l'ex-ministre ivoirien, qui dirige depuis 2009 le premier assureur britannique par la capitalisation boursière.

"Avec Tidjane Thiam, c'est un leader remarquable et respecté, au bénéfice d'une réussite impressionnante dans l'industrie globale des services financiers, qui reprendra la tête de notre banque" a déclaré le président de Credit Suisse, Urs Rohner, dans un communiqué.

L'expérience internationale de Thiam, en particulier dans les activités de gestion d'actifs et de gestion privée ainsi que le développement sur de nouveaux marchés, a été déterminante pour sa nomination, ajoute-t-il.

Des appels à la démission de Brady Dougan avaient suivi l'année dernière la conclusion par Credit Suisse d'un accord à plus de 2,5 milliards de dollars avec les autorités américaines.

La banque après avait plaidé coupable de complicité d'évasion fiscale pour des contribuables américains. Brady Dougan quitte la banque après y avoir passé 25 ans dont huit en tant que directeur général.

"C'est un moment idéal pour la banque comme pour moi de passer le témoin en tant que directeur général", dit-il dans le communiqué, ajoutant qu'il a "un très profond respect" pour son successeur.

Tidjane Thiam, qui en 2010 n'était pas parvenu à convaincre les actionnaires de Prudential du bien-fondé de son projet d'acquérir l'assureur asiatique AIA, a fait de l'Asie l'un des moteurs de la rentabilité de l'assureur britannique.

"Tidjane aura une approche plus large", prédit Sally Yim, de l'agence de notation Moody's Investors Service. "Credit Suisse a été confronté à différents problèmes ces dernières années et quelqu'un avec une expérience diversifiée pourra jeter un oeil neuf sur la stratégie."

CAP SUR L'ASIE ?

Prudential a de son côté confirmé le départ de son directeur général et annoncé qu'un successeur avait été identifié et serait nommé sous peu. L'assureur britannique a par ailleurs fait état d'une hausse de 14% de son son bénéfice d'expoitation en 2014.

L'action Prudential a ouvert en baisse à la Bourse de Londres, cédant près de 1,2%. Son cours a doublé depuis le début de mandat de Thiam, surperformant de 36% l'indice FTSE de la Bourse de Londres sur la période.

"Credit Suisse a besoin de quelqu'un de fiable pour rebâtir la banque dans le respect des attentes des investisseurs", avait déclaré, avant la confirmation de sa nomination, un banquier d'investissement de Hong Kong qui a travaillé avec Tidjane Thiam.

"Cela veut dire qu'ils vont davantage se focaliser sur l'Asie."

Selon lui, la gestion d'actifs et la banque privée sont deux domaines dans lesquels la banque pourrait se développer en Asie.

Brady Dougan était l'un des trois grands banquiers internationaux à être demeuré en poste depuis la crise financière, les deux autres étant Jamie Dimon chez JP Morgan et Lloyd Blankfein chez Goldman Sachs.

Il avait obtenu le soutien du conseil d'administration de la banque après l'accord avec les autorités américaines qui avait permis à Credit Suisse de conserver sa licence bancaire dans l'Etat de New York et de préserver la confidentialité des données sur ses clients.

Sa stratégie de persévérer dans la banque d'investissement avait aussi été critiquée et contrastait avec le retrait très médiatisé d'UBS de ces activités, décriées y compris en Suisse.

En dépit des difficultés récentes rencontrées par la banque, Brady Dougan bénéficiait d'une réelle aura dans la communauté bancaire suisse.

Ses actionnaires lui savaient gré d'avoir su traverser la période troublée qui avait suivi la faillite de Lehman Brothers sans trop de dommages et d'avoir limité les engagements de la banque sur les prêts immobiliers américains dits subprimes bien plus que ne l'avait fait UBS, qui a dû être renflouée par les contribuables suisses en 2008.

L'un des banquiers les mieux payés au monde avec une rémunération annuelle atteignant 90 millions de francs suisses (85 millions d'euros) il y a cinq ans, Brady Dougan l'avait réduite récemment dans le cadre des mesures d'économies prises pour faire face aux conséquences de l'appréciation du franc suisse.

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