Société générale ne confirme pas son objectif de ROE à fin 2016

le
0
    * Hausse des provisions pour litiges 
    * Accent sur la banque de détail en 2016 
    * forte hausse des fonds propres et du dividende 
 
 (Actualisé avec contexte, commentaire) 
    par Julien Ponthus 
    PARIS, 11 février (Reuters) - Société générale  SOGN.PA  a 
annoncé jeudi ne pas être en mesure de confirmer son objectif de 
rentabilité des fonds propres pour 2016 en raison des 
contraintes réglementaires et des incertitudes qui pèsent sur 
l'économie mondiale. 
    "L'augmentation des exigences en capital et l'environnement 
économique et financier ne permettent pas de confirmer 
l'objectif de ROE de 10% dès fin 2016", écrit la banque dans un 
communiqué diffusé à l'occasion de la publication de ses 
résultats annuels 2015, où cet indicateur s'établit à 7,9%.  
    Socgen s'est dit néanmoins "confiant dans la capacité de son 
modèle à générer une rentabilité sur fonds propres de 10%" à 
terme.  
     Le coût du risque est plus élevé que prévu au quatrième 
trimestre à 1,157 milliard d'euros contre 746 millions attendus, 
notamment en raison notamment d'une provision supplémentaire de 
400 millions d'euros pour les litiges, une enveloppe qui atteint 
1,7 milliard à fin 2015. 
    Le groupe n'a pas donné d'explication pour cette somme alors 
que la justice américaine cherche toujours à déterminer si des 
banques ont contourné ses règles en matière d'embargo dans 
plusieurs pays. 
    A l'été 2014, BNP Paribas  BNPP.PA  a accepté de s'acquitter 
d'une amende record de 8,97 milliards de dollars et de plaider 
coupable de deux chefs d'accusation dans le cadre d'un accord 
avec les autorités américaines. 
    Le résultat net au quatrième trimestre s'établit à 656 
millions d'euros soit légèrement en deçà des 663 millions 
d'euros attendus. Les profits du groupe ont notamment bénéficié 
de la plus-value de 147 millions d'euros réalisée lors de la 
cession de sa participation dans le gestionnaire d'actifs Amundi 
 AMUN.PA .  
    Sur l'année, le résultat net part du groupe s'établit à 
4,001 milliards, une progression de près de 50% par rapport à 
2014.  
     
    SOCGEN MET L'ACCENT SUR LA BANQUE DE DETAIL 
    Société générale publie ces résultats après un début d'année 
difficile pour les banques qui souffrent des inquiétudes sur 
leur exposition à la chute des prix du pétrole, au 
ralentissement économique dans les pays émergents et aux 
politiques monétaires des Etats-Unis, du Japon ou encore de la 
Banque centrale européenne.  
    "Je pense qu'il y a trop de nervosité comparé à la réalité", 
a estimé sur CNBC le directeur général Frédéric Oudéa qui a 
admis que s'il existait des craintes sur certaines banques, cela 
n'était pas le cas pour la sienne et que la situation n'était 
pas comparable à la crise de 2008.   
    La saison des résultats annuels a aussi apporté son lot de 
déception comme la perte record essuyée par Deutsche Bank 
 DBKGn.DE , le premier résultat négatif de Credit Suisse 
 CSGN.VX  depuis 2008 ou les résultats décevants de la division 
gestion de fortune chez UBS  UBSG.VX . 
    A l'instar d'un secteur plombé par la volatilité des 
marchés, la capitalisation boursière de Socgen a fondu de près 
d'un quart depuis le début de l'année mais le cours s'est 
vivement repris mercredi (+8,99%) à la faveur d'un rebond 
généralisé des valeurs financières.   
    Notant que les "conditions de marché instables observées au 
cours du deuxième semestre 2015 ont freiné la croissance des 
revenus de la Banque de Grande clientèle et solutions 
investisseurs (GBIS)", Société générale a dit notamment miser en 
2016 sur le développement de sa banque de détail en France, dont 
les résultats ont contribué à tirer ceux du groupe en 2015. 
    "L'accent sera en particulier mis sur l'accélération de la 
transformation digitale des réseaux de banque de détail en 
France et le développement de Boursorama", a fait valoir la 
banque qui s'est félicité d'un nombre "record" d'ouvertures de 
comptes et d'une reprise des encours de crédit, notamment grâce 
à la renégociations de prêts immobiliers. 
    Société générale, qui souffre comme ses consoeurs d'un 
environnement de taux d'intérêts bas en Europe, a annoncé cet 
automne un plan de digitalisation de sa banque de proximité qui 
doit lui permettre de recruter en France 100.000 particuliers 
nets par an d'ici 2020, une période qui sera marquée par la 
fermeture de 20% de ses agences et l'introduction de frais de 
tenue de compte.  
    Avec un ratio Core equity tier 1 de 10,9% à la fin de 
l'année, soit 20 points de base de plus qu'attendu par les 
analystes interrogés par Reuters, la banque au logo rouge et 
noir dépasse l'exigence minimum de 9,75% fixée par la Banque 
centrale européenne pour ce début d'année. 
    Le dividende proposé par la banque à ses actionnaires passe 
de 1,20 euro à 2 euros, un paiement en ligne avec les attentes, 
selon les données de Reuters. 
     
    Le communiqué: 
    http://bit.ly/1Qt1wBX 
 
 (Julien Ponthus, édité par Jean-Michel Bélot) 
 

Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant