Shell revoit en hausse les synergies attendues du rachat de BG

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SHELL ATTEND ENCORE PLUS DE SYNERGIES DE SON RACHAT DE BG
SHELL ATTEND ENCORE PLUS DE SYNERGIES DE SON RACHAT DE BG

LONDRES (Reuters) - Royal Dutch Shell a revu en hausse mardi les synergies attendues du projet de rachat de BG et a annoncé de nouvelles mesures de réduction des coûts qui visent à rendre cette acquisition rentable même avec des cours du pétrole qui resteraient plafonnés autour de 65 dollars le baril.

Le groupe anglo-néerlandais avait annoncé en avril le rachat de BG pour 47 milliards de livres (64 milliards d'euros de l'époque) et il espère pouvoir finaliser au début de 2016 cette opération qui en fera un leader du gaz naturel liquéfié et de la production pétrolière au large du Brésil.

La prévision de synergies, de 2,5 milliards de dollars à l'origine, a été relevée d'un milliard à 3,5 milliards (3,2 milliards d'euros), a annoncé le groupe mardi dans un communiqué publié avant une journée investisseurs à Londres

Shell, qui a annoncé la semaine dernière une perte massive au troisième trimestre du fait de dépréciations d'actifs en Alaska et au Canada, promet de réduire ses coûts de 11 milliards de dollars en 2015 en réponse à la déprime des prix du pétrole, actuellement sous la barre des 50 dollars le baril.

"Shell devient un groupe plus focalisé sur ses forces propres, plus résilient et plus compétitif à tous points du cycle des prix du pétrole et avec un pipeline de projets plus prévisible. On allie croissance et simplification", déclare le directeur général Ben van Beurden dans le communiqué.

Shell rassure ainsi les investisseurs qui se demandaient si le groupe parviendrait à tenir ses objectifs de synergies au vu de l'évolution des cours du brut. Lors de l'annonce de la fusion en avril, la compagnie pétrolière avait dit tabler sur un redressement des cours à 90 dollars le baril d'ici 2020.

Signe de cette défiance, le titre BG se traite avec une décote de plus de 10% par rapport au prix de l'offre mais il se redresse mardi avec un gain de 1,4% à 1.043 pence, l'une des meilleures performances de l'indice FTSE-100 à la Bourse de Londres.

L'action Shell prend pour sa part 0,6%, en ligne avec l'indice sectoriel européen du pétrole et du gaz qui avance de 0,7%.

"Il n'y a pas de véritable surprise, on attend d'en savoir plus sur les synergies une fois que la fusion sera effective", commente Brendan Warn, responsable de la recherche sur le secteur pour BMO Capital Markets. "L'engagement de Shell d'opérer dans un environnement de prix plus bas et de maintenir son programme de rachat d'actions pourrait toutefois atténuer une partie des inquiétudes des investisseurs."

Le baril de Brent se payait 59 dollars au moment de l'annonce du rapprochement.

"Depuis avril, les anticipations du marché sur l'évolution des prix du pétrole ont baissé de 10 à 15 dollars en moyenne pour la période allant jusqu'à 2018", note Shell dans son communiqué. "Malgré cela, l'analyse de Shell sur l'effet (de la fusion) sur son cash flow et son résultat par action demeure inchangée (...), tout comme son projet de rachat d'actions."

Pour atteindre ses objectifs, Shell a réduit ses projets d'investissement à 30 milliards de dollars cette année et annoncé 7.500 suppressions d'emplois.

Le rachat de BG, déjà autorisé par les Etats-Unis et la Commission européenne, doit encore recevoir l'aval des autorités de la concurrence en Australie et en Chine.

(Dmitry Zhdannikov et Ron Bousso, Véronique Tison pour le service français)

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