Safe Orthopaedics : vers un rebond de la croissance

le
0

Après l'accord avec l'AP-HP, Pierre Dumouchel revient sur les perspectives de la medtech. (crédit : Safe Orthopaedics)
Après l'accord avec l'AP-HP, Pierre Dumouchel revient sur les perspectives de la medtech. (crédit : Safe Orthopaedics)

L’annonce d’un accord de référencement auprès de l’AP-HP a fait gagner 25% au titre de la medtech le 11 avril. L’occasion de faire le point sur les perspectives de Safe Orthopaedics avec son cofondateur et directeur général Pierre Dumouchel.

Boursorama : Quelle est la portée concrète de l’accord de référencement avec l’AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) pour Safe Orthopaedics ?
Pierre Dumouchel : Cet accord permet aux chirurgiens de 39 hôpitaux de la région parisienne, dont 15 actifs dans la chirurgie lombaire, d’avoir accès à notre technologie. Ces hôpitaux représentent d’ailleurs un quart du marché français, ce qui doit nous permettre de bénéficier d’une montée en charge progressive. Mais c’est également un pas en avant considérable qui dépasse le simple cadre de l’AP-HP et crédibilise notre solution à l’échelle nationale. Il faut désormais relayer ce référencement sur le plan commercial auprès des chirurgiens orthopédistes spécialistes du rachis, en leur présentant plus en détail les avantages des produits stériles et à usage unique de Safe Orthopaedics.

Boursorama : La medtech a affiché des taux de croissance impressionnants durant ses premières années d’existence mais celle-ci a décéléré au fur et à mesure. Allez-vous inverser la tendance sur l’exercice en cours ?
Pierre Dumouchel : Safe Orthopaedics reste une société jeune créée en 2010, et l’exercice 2016 a été une année de transition. Nous sommes sortis du marché américain pour nous reconcentrer sur l’Europe avec, en priorité, la France, où nous sommes déjà bien implantés et réalisons une croissance régulière et solide, et l’Allemagne qui est le marché le plus important au niveau européen (443 millions de ventes d’implants rachidiens en 2015).

Le marché allemand est très bien identifié avec une importance toute particulière du segment de la traumatologie et de la chirurgie mini-invasive où nous avons clairement une carte à jouer. Après la belle performance au quatrième trimestre 2016 pour lequel nous avons affiché une croissance de 26% de notre chiffre d’affaires ajusté des activités abandonnées aux États-Unis, je demeure confiant quant à nos perspectives futures. 

Boursorama : Où en êtes-vous de votre développement en Russie, au Japon et en Chine ?
Pierre Dumouchel : Ces trois débouchés restent stratégiques, le Japon avec sa vision très moderne de la chirurgie est un marché où Safe Orthopaedics a toute sa place. C’est le cas aussi en Chine et en Russie mais les procédures d’enregistrement dans ces deux pays sont très longues et complexes. En Russie, nos produits devraient pouvoir être homologués en 2018, pour peu que l’évolution réglementaire en cours dans ce pays ne vienne pas ralentir la procédure.

Boursorama : Lors de la présentation du chiffre d’affaires 2016, Safe Orthopaedics annonçait une trésorerie de 3,6 millions d’euros lui permettant de couvrir ses besoins jusqu’en novembre. La société sera-t-elle bientôt obligée de passer par la case augmentation de capital ?
Pierre Dumouchel : Différentes solutions sont actuellement à l’étude, mais nous bénéficions encore de lignes de financement non tirées.

Quoiqu’il en soit, s’il devait y avoir une levée de fonds, nous veillerons à ce qu’elle se déroule dans les meilleures conditions possibles pour les actionnaires individuels qui nous accompagnent depuis notre introduction en bourse.

Boursorama : Justement, l’actionnaire qui a souscrit à l’introduction en bourse de Safe Orthopaedics a vu ses actions perdre 50% de leur valeur. Qu’avez-vous envie de lui dire ?
Pierre Dumouchel : De continuer à nous faire confiance et de nous laisser du temps. Nous croyons en notre recentrage stratégique sur l’Europe et nous croyons aussi en la qualité et la pertinence de notre technologie qui répond aux besoins des chirurgiens et des patients pour des solutions plus sûres et plus simples à mettre en œuvre. 

Propos recueillis par Laurent Grassin (laurent.grassin@boursorama.fr)


Safe Orthopaedics en bref

La société : fondée en 2010 et basée à Eragny, la particularité de Safe Orthopaedics est de proposer des kits d’instruments à usage unique pour l’utilisation de ses implants lombaires et cervicaux.

Fabriqués en polymère haute résistance, ces ancillaires permettent d’éviter les risques de contamination ou d’infection lors d’une opération. Ils sont également immédiatement disponibles, toujours en parfait état et s’avèrent plus économiques à l’usage en supprimant le cycle de nettoyage et de stérilisation nécessaire pour des ancillaires classiques.

Points positifs : une technologie innovante qui devrait gagner du terrain dans un contexte de sensibilisation croissante aux risques de maladies nosocomiales.

Points faibles : nécessité d’un effort commercial important pour une petite structure afin de convaincre de l’intérêt des produits. Une situation financière tendue.

En Bourse : le titre a été introduit en février 2015 à 2,55 euros. Il avait flambé de près de 300% en deux séances et a touché un plus-haut à 10 euros début février 2015. Un pic suivi d’une longue descente.

Prochain rendez-vous : résultats annuels 2016, le 28 avril


Valeur associée
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant