Retraites complémentaires : les nouvelles réformes permettront-elles de sauver l'Agirc et l'Arrco ?

le , mis à jour à 14:04
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Les caisses des complémentaires retraites vont se vider à un rythme moins rapide que prévu suite aux mesures envisagées vendredi dernier.
Les caisses des complémentaires retraites vont se vider à un rythme moins rapide que prévu suite aux mesures envisagées vendredi dernier.

Suite à l’accord trouvé vendredi dernier entre patrons et syndicats sur les complémentaires retraites des cadres et des salariés (Agirc / Arrco), plusieurs éléments changent de manière significative pour les salariés et les retraités. Explications et remise en contexte.

Le texte doit encore être voté le 30 octobre prochain, mais son adoption ne fait plus tellement de doutes : l’accord trouvé entre patronat et syndicats devrait permettre de résoudre pour les prochaines années les problèmes de court terme des complémentaires retraites des salariés et des cadres. Mais les vrais problèmes restent néanmoins repoussés à plus tard.

De quoi parle-t-on ?

Pour rappel, en France, les complémentaires retraites concernent les salariés du privé qui cotisent tous obligatoirement à la complémentaire Arrco. Les salariés cadres cotisent également de manière obligatoire à une seconde complémentaire : l’Agirc. Les cotisations donnent droit au versement d’une retraite complémentaire selon un système de points. Un peu plus de 10 millions de salariés sont concernés par ce système en France.

La particularité des caisses de retraite complémentaire est qu’elles ne peuvent pas emprunter d’argent pour subvenir à leurs besoins : toutes les prestations (versements de retraites) se font à partir des cotisations prélevées.

Pendant de nombreuses années, les complémentaires retraites ont été excédentaires : les cotisations des salariés étaient systématiquement supérieures aux montants versés aux salariés retraités. Néanmoins, avec le vieillissement progressif de la population et le maintien du chômage à un niveau plus élevé qu’en 2007, les régimes de retraite complémentaire sont devenus lourdement déficitaires depuis 2010. Le mouvement est voué à s’amplifier, réduisant comme neige au soleil les réserves des caisses complémentaires. Au point que les caisses de l’Agirc auraient dû être vides dans les prochaines années. Il devenait donc nécessaire d’agir pour l’Agirc.

Quels changements ?

Pour éviter une crise à court terme, les principales solutions acceptées vendredi sont les suivantes :

- Une fusion des caisses de l’Agirc et de l’Arrco en 2019, car les caisses de l’Arrco restent fournies alors que celles de l’Agirc approchent dangereusement du niveau zéro.

- Un recul de l’âge de la retraite à taux plein.

- Une hausse des cotisations patronales.

L’ensemble des éléments est résumé dans l’infographie suivante :

Retraite complémentaire : les changements.
Retraite complémentaire : les changements.

Quels effets ?

Les mesures prises resteront trop faibles pour que les complémentaires retraite, même fusionnées, parviennent à retrouver une stabilité financière à l’avenir. Les réformes devraient simplement permettre de ralentir le rythme du déficit annuel de ces régimes.

D’après les prévisions, les deux régimes fusionnés devraient perdre encore 5 milliards d’euros en 2017, puis entre 2 et 4 milliards d’euros par an entre 2020 et 2030. Des chiffres élevés, mais inférieurs aux prévisions d'avant les réformes : le déficit prévisionnel était jusqu'alors bien plus lourd, estimé à 8 milliards d’euros en 2020 pour passer progressivement à plus de 12 milliard par an en 2030. Les deux régimes n’auraient pas pu supporter un tel déficit : les caisses auraient été vides à un horizon compris entre 2023 et 2027 selon les différentes prévisions.

Reste qu’avec une poursuite du déficit chronique, les régimes de retraites complémentaires resteront mal orientés financièrement. La solution trouvée vendredi n’est donc que temporaire et ne permet pas de « sauver » les complémentaires retraites, mais au moins de repousser les difficultés à plus tard.

Le déficit des retraites complémentaires depuis 2009.
Le déficit des retraites complémentaires depuis 2009.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • launor le vendredi 23 oct 2015 à 20:36

    Les pyramides de ponzi sont vouées à la faillite : tout à fait d'accord. Mais la bourse, le crédit, et plus généralement la croissance sont des pyramides de Ponzi la destruction des ressources naturelles est la plus grave de toutes.Les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent. (Démocrite je crois)

  • M9319600 le vendredi 23 oct 2015 à 09:45

    Je me suis toujours demandé pourquoi nos retraites étaient gérées par les syndicats , d'une part ils ne représentent globalement que 8% des salariés y compris la fonction publique de plus je doute de la compétence de nos syndicalistes bons à fouler le goudron des rues et à fournir les clients de pôle emploi

  • marc1756 le jeudi 22 oct 2015 à 15:20

    Si les taux de cotisations, les coefficients de calcul et les caisses entre le public et le privé étaient les mêmes nous n'en serions pas là. A quand une vraie réforme qui réalise enfin la fameuse «justice sociale » vantée par tous les Présidents de la République.

  • M2734309 le jeudi 22 oct 2015 à 12:58

    Ca veut dire quoi "car les caisses de l’Arrco restent fournies alors que celles de l’Arrco approchent dangereusement du niveau zéro." Au lieu d'éplucher nos posts, les "modérateurs" feraient mieux de contrôler les articles !!!

  • M7732327 le jeudi 22 oct 2015 à 11:52

    De 1993 à 2010, le smic brut a augmenté de 89%, avec des variations annuelles allant de 1.3% à 5.5% suivant les années. Le prix de la bagutte suit cette courbe de très très près. Dans le même temps, l'indice Agirc a augmenté de 27%, avec des variations annuelles allant de 0% à 2.3%. Autant dire que le maintien à tout prix de la retraite à 60 ans pendant toutes ces années a eu pour conséquence des prélèvements plus importants durant les années de travail et des retraites toujours plus petites.

  • calippe3 le jeudi 22 oct 2015 à 11:42

    encore des taxes en perspective décidemment .......

  • neutro le jeudi 22 oct 2015 à 11:14

    Il faut regarder la réalité en face, la période de cotisation est plus courte qu'avant ( études plus longues, départ en retraite plus tôt) et la période de jouissance est plus longue (retraite plus tôt et durée de vie plus longue), donc soit on augmente les cotisations soit on diminue les retraites soit on recule le départ en retraite. Il n'empêche que les prélèvement sur les caisses sont scandaleux tout comme la disparité avec les régimes spéciaux, tous largement déficitaires...

  • frk987 le jeudi 22 oct 2015 à 11:06

    Reste aussi la solution de servir 0 de retraites pendant quelques années.....celui qui proposera ça, sera sûrement élu !!!!!!

  • frk987 le jeudi 22 oct 2015 à 11:04

    Pour régler le problème sur le fond il faudrait en arriver à aligner chaque année les retraites sur les cotisations encaissées.....certes, c'est dur à avaler. Et personne ne le fera sans la faillite pure et simple officiellement déclarée.

  • frk987 le jeudi 22 oct 2015 à 11:02

    Une pyramide de Ponzi est vouée à la faillite, un peu plus tôt ou bien un peu plus tard. Toujours quelques années de gagnées, mais RIEN n'est réglé sur le fond.