Retour à meilleure fortune pour Carmignac Gestion

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(NEWSManagers.com) - L'hémorragie est stoppée. Avec une décollecte de 500 millions d'euros au troisième trimestre, et un mois d'octobre positif, Didier Saint Georges, membre du comité d'investissement de Carmignac Gestion, s'est félicité de la nette inversion de tendance. A la mi-juillet, les rachats nets se chiffraient à 5,2 milliards d'euros (cf. Newsmanagers du 11/07).

Dans ce contexte, la société de gestion tutoie à nouveau le seuil des 50 milliards d'euros d'encours (49,6 milliards), effet marché compris, et ne compte pas en rester là. Car la gamme obligataire, les fonds actions européennes ainsi que le fonds émergent Carmignac Portfolio Emerging Discovery " marchent très bien " , toujours selon Didier Saint-Georges. Et ce d'autant que la récente obtention d'un quota RQFI par les autorités chinoises - dont le montant reste néanmoins à déterminer - doit faciliter les procédures pour investir dans un marché " mal aimé" mais aux valorisations très basses, a-t-il ajouté.

Pour justifier ce nouvel optimisme, Frédéric Leroux et Rose Ouahba, respectivement gérant global et responsable de l'équipe taux, sont revenus au cours de la conférence de presse trimestrielle de la maison sur les opportunités qui se présentent pour leur gestion. Des opportunités dans un contexte macroéconomique néanmoins tourmenté, notamment aux Etats-Unis.

A l'origine d'une croissance de 2,3 %, " ce qui en fait le taux le plus cher de l'histoire compte tenu des liquidités injectées de 4 200 milliards de dollars" , le dernier " quantitative easing" arrive à son terme à un mauvais moment du cycle américain, a indiqué le gérant global. Par ailleurs, il rend brutal le changement de régime de l'économie mondiale. A ce jeu, Frédéric Leroux a déclaré qu'un éventuel quatrième quantitative easing, s'il ne peut être exclu, ne peut intervenir dans la foulée. " Janet Yellen, à la tête de la Fed, va devoir regarder ce qui se passe avant d'intervenir" , a reconnu le responsable, qui table de fait sur un retour de la volatilité. En conséquence, outre-Atlantique, la société de gestion réduit la voilure sur le marché actions, pénalisé par l'abaissement des perspectives de croissance. " L'effet richesse lié à la hausse des actions se réduit" , a justifié Frédéric Leroux. " Or, cet effet est très important pour les Américains. De fait, en dépit de la baisse des prix des matières premières, nous ne sommes pas très optimistes pour la consommation" , a-t-il ajouté.

Côté obligations, Rose Ouabha a relevé que la hausse de la volatilité milite pour une exposition aux taux souverains plus élevée, au détriment des obligations corporate américaines qui dans Carmignac Patrimoine ne pèsent plus que 1 %. En revanche, la gérante a récemment augmenté la sensibilité et privilégié les valeurs " refuge" .

Naturellement, l'économie des marchés émergents ne peut être à l'écart du ralentissement américain. Ni de la baisse des matières premières qui " sera une très bonne nouvelle pour certains, et à l'inverse, une mauvaise pour d'autres" , note le gérant global. Dans le cas du ralentissement américain, Frédéric Leroux a observé que les exportations réelles mondiales ne cassent pas le seuil des 30 % du PIB mondial, prédisant des difficultés pour certains pays. Résultat, il faudra être sélectif. Concrètement, le Brésil devrait souffrir de la baisse des matières premières, tandis que la Chine, dont l'économie doit connaitre un assouplissement de la politique monétaire et une mise en oeuvre moins draconienne des mesures anti-corruption, doit tirer son épingle du jeu. Quant à l'Inde, la baisse des matières premières devrait aussi lui profiter.

Reste l'Europe. Pénalisée par le ralentissement américain, l'Allemagne souffre. " La baisse du commerce extérieure est très dommageable à l'Allemagne en dépit de la baisse de l'euro. Par ailleurs, nous attendons un Draghi de combat et nous faisons le pari que la Banque centrale européenne va aller très loin" , a prédit Rose Ouabha. En tout état de cause, la gestion s'intéresse à la restructuration du système financier européen. Enfin, en ce qui concerne la " stratégie actions" sur le vieux Continent, Frédéric Leroux entend profiter du potentiel de valorisation de leaders mondiaux, notamment au sein de la pharmacie européenne, a t-il confié.

L'ensemble de ces données explique qu'en une dizaine de jours Carmignac Patrimoine a vu à la mi-octobre son exposition actions revenir de 50 % à 12,2 % - au détriment des valeurs cycliques. Le gérant a par ailleurs indiqué que la baisse de l'euro est aujourd'hui le seul soutien aux actions européennes. Côté obligataire, la sensibilité est remontée à 7, contre 2,5 le trimestre précédent. Enfin, pour les devises, l'exposition nette au dollar représente 60 % du portefeuille contre 18,3 % pour l'euro et 18,6 % au yen. C'est d'ailleurs la seule présence du Japon, les actions nipponnes ayant disparu des radars de Carmignac Gestion....

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