Pour Robert Shiller, le marché américain connaît une bulle

le , mis à jour à 18:35
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Pour Robert Shiller, les marchés américains ont progressé trop vite depuis 2009.
Pour Robert Shiller, les marchés américains ont progressé trop vite depuis 2009.

Le prix Nobel d’économie Robert Shiller s’est exprimé dans le Financial Times pour alerter sur la situation de bulle qu’il perçoit actuellement sur les marchés américains.

Il est courant que des voix s’élèvent pour avertir d’un risque de bulle sur les marchés financiers. Or, c'est cette fois-ci le lauréat 2013 du « prix Nobel » d’économie, Robet Shiller, qui s'inquiète de la situation actuelle du marché américain.

Après la bulle Internet de 2000, une nouvelle bulle ?

Robert Shiller est reconnu pour ses travaux sur les comportements des agents sur les marchés financiers. Ses travaux avaient notamment été remarqués avec la publication en 2000 de l’ouvrage « Exubérance irrationnelle », qui expliquait notamment que la croissance des marchés actions à cette époque n’était pas viable. Dont acte : les grandes places mondiales ont, peu de temps après, subi le rapide dégonflement de la bulle Internet.

Par ailleurs, ce n’est pas la première fois depuis le début de l’année 2015 que Robert Shiller exprime de nouveau son sentiment selon lequel le marché américain connaîtrait des valorisations excessives. Ainsi, en mars dernier, le prix Nobel d’économie 2013 avait déjà souligné ce risque dans une interview donnée à la presse allemande.

Robert Schiller réitère ainsi son avertissement, en se basant notamment sur un indicateur qu’il a lui-même mis en place, et qui cherche à évaluer la confiance des investisseurs vis-à-vis des valorisations du marché. L’indicateur varie de 0 à 100 points en fonction du niveau de confiance des investisseurs vis-à-vis de la valorisation des marchés financiers. Or, depuis plusieurs mois, les résultats de cette enquête montrent que pour les investisseurs particuliers, l’indicateur de confiance est au plus bas depuis la bulle de l’an 2000 précédemment évoquée. Beaucoup d’investisseurs n’auraient donc plus confiance dans le niveau de valorisation actuel des actions.

La Fed ne devrait pas mettre le feu aux poudres

« Ceci me semble être une nouvelle bulle, avec d’une part un triplement du prix des actions depuis 2009, et d’autre part des gens qui perdent confiance dans la valorisation actuelle du marché », expliquait Robert Shiller au FT.

Pour l’économiste, il reste impossible de prévoir le moment où cette bulle éclatera. Quoi qu’il en soit, l’éventuelle remontée des taux de la Fed qui pourrait avoir lieu cette semaine ou en fin d’année n’est pas un élément susceptible de déstabiliser les marchés, explique l’économiste. « On en parle depuis si longtemps que tout le monde sait désormais que ça va venir. Ce n’est pas un risque majeur », estime-t-il.

En revanche, Robert Shiller souligne la nervosité actuelle des investisseurs, qui s’est vue avec la récente augmentation de la volatilité des cours de bourse. Ceci « montre que les gens s’interrogent (…). Je pense que les gens réévaluent leur exposition au marché boursier. Je ne suis pas d’une grande aide sur le timing, mais je pense qu’il va encore y avoir quelques soubresauts », a-t-il déclaré.

Seul bémol dans cette théorie "bearish" : l'indicateur de confiance des investisseurs utilisé par Robert Shiller est déjà à un niveau bas depuis le début de l'année 2014. Cela n'a pas empêché les indices américains de continuer à progresser depuis cette date.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • nonalace le mercredi 16 sept 2015 à 20:57

    Admirable, admirable, il est beau l'🐴.Ainsi mes actions Johnson Johnson ou Intel qui rapportent environ 3,25 % valent trois fois trop cher donc avec un prix ramené à sa juste valeur elles rapporteraient 10 % ?

  • oloff le mardi 15 sept 2015 à 14:27

    Les économistes sont comme tout le monde dans le flou artistique, leurs opinions sont rarement objectives

  • pelochon le lundi 14 sept 2015 à 23:38

    LOL quel plaisantin, le type vient nous dire qu'il y a bulle juste après le flash krach de fin août, date depuis laquelle même une gosse de 8 ans a compris qu'il fallait vendre la moitié si ce n'est tout, et pour les autres, ils n'ont normalement plus d'action du fait des stops qui ont tous sauté à ce moment là. En résumé il va pleuvoir mais personne ne sait dire quand. Tu parles d'une avancée.

  • fpelu le lundi 14 sept 2015 à 19:09

    launor, c'était bien la fête de l'huma?

  • wfjaques le lundi 14 sept 2015 à 19:02

    Si les économistes avaient raison, ils seraient tellement riches qu'on ne les verraient plus !Pareil pour les profs de la Bourse,Allez je retourne labourer mes actions ....

  • launor le lundi 14 sept 2015 à 18:53

    La valorisation des actios est basée sur l'anticipation de la capacité future des sociétés à extorquer du fric à leurs clients (pigeons quand on constate l'inutilité des biens et services vendus ) comme ces sociétés versent le moins de salaire possible ll leur faudra toujours compter sur le QE pour faire illusion

  • Nunsch le lundi 14 sept 2015 à 18:08

    A-t-il dressé une liste ce Schiller?

  • NYORKER le lundi 14 sept 2015 à 17:26

    jai plein de references de ce type là : France telecom avant l'éclatement de la bulle internet à 215 euros en 2002 , 14 euros environ aujourd'hui .Les américains avaient vendu des paquets d'actions à découvert et avaient empoché 600 millions d'euros au passage. Renault en 2007 etait à 123 euros avant de dégringoler à 10 euros en avril 2009.On peut evaluer à environ 5 à 7 ans pour qu'une crise financière et boursière arrive.

  • NYORKER le lundi 14 sept 2015 à 17:21

    saumon-m: Le Nikkei à 42 000 en ....1990 !!! il est je crois à 18 000 25 ans après

  • M3830256 le lundi 14 sept 2015 à 17:20

    il a raison !