Perspectives 2015 : le « tout ou rien » par Eric Galiègue (Cercle des analystes)

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La relance monétaire en Europe portera-t-elle ses fruits en 2015 ? Qu'attendre des marchés d'actions et d'obligations ? Eric Galiègue dresse le tableau des perspectives pour l'an prochain.
La relance monétaire en Europe portera-t-elle ses fruits en 2015 ? Qu'attendre des marchés d'actions et d'obligations ? Eric Galiègue dresse le tableau des perspectives pour l'an prochain.

Alors que la fin de l'année 2014 touche à sa fin, les yeux des investisseurs se tournent vers les perspectives de l'année prochaine. Alors que la nervosité des marchés augmente, l'année 2015 sera celle du « tout ou rien » explique Eric Galiègue, président du bureau de recherche Valquant et membre du Cercle des analystes indépendants.

Nous voilà déjà en fin d'année, et l'exercice « bilan et perspectives » va bientôt commencer... De quoi l'année 2015 sera-t-elle faite ? Dans le cadre de la journée annuelle du Cercle des Analystes indépendants, économistes, analystes, stratégistes et « grands témoins » de la gestion d'actifs ont échangé le 27 novembre sur la situation actuelle et les perspectives des marchés financiers dans leur ensemble.

Cadre économique général

Au sein des pays émergents, le moteur chinois baisse de régime : l'empire du milieu gère un atterrissage en douceur après une  période de croissance débridée et très longue... Au Brésil, la baisse du prix des matières premières et le manque d'investissement public pèse aussi sur la croissance. En Russie, la récession est à l'ordre du jour. Seule l'Inde fait encore rêver (un peu) en raison de l'arrivée au pouvoir d'un « pro business », M. Modi.

Les pays développés sont confrontés à une baisse tendancielle de la croissance économique, en volume et en prix. Aux USA, la croissance reste inférieure aux cycles antérieurs, notamment au niveau des prix et des salaires... L'Europe est la grande inconnue de 2015 : le redressement économique va-t-il vraiment pouvoir se déployer, alors que le Vieux Continent frôle la déflation ? Les toutes dernières statistiques soulignent plutôt le risque récessif, notamment en France et en Italie, qui sont aux prises avec des problèmes structurels...

Politiques monétaire

Face à cette baisse tendancielle de la croissance, et au risque déflationniste global, les autorités monétaires hors-USA  se sont toutes converties à l'idée d'une création de monnaie « sans limite »,  tant que persiste le risque déflationniste. Au moment où la Fed a justement cessé d'augmenter la taille de son bilan, les Banques Centrales Japonaise et Européenne ont relancé la planche à billet, ou s'apprêtent à le faire.

La communication de tous les banquiers centraux reste résolument favorable à la croissance et aux marchés financiers en général. Ainsi, le « relai monétaire » est-il passé des USA au reste du monde... Le Quantitative Easing hors-USA pourrait avoir un effet très haussier sur le dollar, et baissier sur les matières premières. En ce sens, il favoriserait considérablement le Japon et l'Europe...

Conséquences pour les marchés financiers

Il apparait que le niveau des taux, dans ce cadre général de croissance pour le moins bridée, et de risque déflationniste, va rester probablement très bas pour au moins une année encore, voire plusieurs. De toute façon, les finances publiques des grands états ne supporteraient pas une forte hausse des taux...

Du côté des obligations d'entreprise, le cadre d'une croissance insuffisante, mais non nulle, est une situation idéale. Le taux de défaut est très bas : les grands groupes savent parfaitement gérer ce type de situation. Même si les taux ont beaucoup baissé, il est probable qu'ils resteront très faibles...

Quant aux marchés d'actions, les perspectives semblent aussi favorables, tant que les  banques centrales fourniront toute la liquidité nécessaire, et offriront ainsi une « assurance tout risque » aux actionnaires...

Quelle issue ?

Cette situation « confortable » peut-elle durer indéfiniment ?  Des taux quasiment nuls permettent de gagner du temps et de ne pas sanctionner les espoirs déçus, mais comment tout ceci pourrait-il se finir en 2015 ?  Il semble que l'année 2015 sera bien l'année du « tout ou rien »...

 « Rien », c'est l'échec des banques centrales à relancer la croissance et lutter efficacement contre le risque déflationniste. La rechute économique serait très lourde... Dans ce cas de figure, les marchés d'actions peuvent baisser de 20 % et plus l'année prochaine. Les taux des obligations d'entreprise remonteraient fortement, alors que les principaux taux souverains devraient encore baisser, dans le cadre d'une peur panique des investisseurs...

« Tout », c'est la sortie par le haut, à savoir le recul très progressif du risque déflationniste, une poursuite du marché haussier des actions américaines, et une forte revalorisation des marchés d'actions européennes. Les taux d'intérêt amorceraient une remontée extrêmement lente et progressive, et la hausse du cours des actifs financiers faciliterait l'accélération économique... Les banques centrales seraient les vraies « super stars » : elles réussiraient à terrasser la déflation dans les années 2010... comme elles ont réussi à terrasser l'inflation dans les années 80...

Entre « tout » ou « rien », l'investisseur doit choisir... Valquant accorde une probabilité de réalisation plus élevée au scénario « tout », mais, évidemment, l'actualité des marchés va faire varier cette probabilité tout au long de l'année prochaine...

Eric Galiègue

Le Cercle des analystes indépendants est une association constituée entre une douzaine de bureaux indépendants à l'initiative de Valquant, la société d'analyse financière présidée par Eric Galiègue, pour promouvoir l'analyse indépendante.

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  • nanard83 le jeudi 4 déc 2014 à 11:13

    Ce ne sont certainement pas les banques centrales qui relanceront la croissance , sinon , ce serait fait depuis longtemps C'est au gouvernement du pays de le faire en redonnant confiance par l'arrêt réel de l'explosion fiscale , et l'arrêt de l'étranglement des petites entreprises ( celles qui pourraient embaucher si... )

  • M4358281 le lundi 1 déc 2014 à 10:53

    allons allons .. on trouvera !

  • brinon1 le dimanche 30 nov 2014 à 02:46

    quelques valeurs helvètes feront l'affaire., US biotech, sandinavian, et ASEAN sur fonds, un appoint en UK et Germania, je m'abstiens sur le reste.

  • guerber3 le vendredi 28 nov 2014 à 18:25

    Investissez...en fausse monnaie, vous ne risquez rien, les B.C. sont en appui, il n' y a que l' économie réelle qui ne peut redémarrer puisque la fausse monnaie n' y va pas...!!!