Opep-Premier accord de baisse de la production depuis 2008

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 (Actualisé avec détails, contexte) 
    par Rania El Gamal et Alex Lawler 
    ALGER, 28 septembre (Reuters) - L'Opep a décidé mercredi de 
baisser sa production de pétrole pour la première fois depuis 
2008, l'Arabie saoudite et l'Iran mettant de côté leurs 
différends au vu de la pression qu'exercent le bas niveau des 
cours du brut sur les finances de nombre de membres du cartel. 
    Deux sources de l'Organisation des pays exportateurs de 
pétrole (Opep), qui s'est réunie de manière informelle à Alger, 
ont précisé que l'Opep allait ramener sa production totale à 
32,5 millions de barils par jour contre un niveau actuel de 
33,24 millions. 
    L'Opep déterminera les niveaux de production pour chacun de 
ses membres à l'occasion de sa prochaine réunion ministérielle, 
qui aura lieu le 30 novembre à Vienne, ont encore dit les 
sources. A cette occasion, l'Opep pourrait inviter les pays 
non-membres du cartel, Russie en tête, à participer aux efforts 
de rééquilibrage du marché pétrolier. 
    "L'Opep a pris une décision exceptionnelle aujourd'hui (...) 
après deux ans et demi, l'Opep a atteint un consensus pour 
piloter le marché", a déclaré le ministre du Pétrole iranien 
Bijan Zanganeh, cité par l'agence de presse du pays SHANA. 
    À la suite de l'annonce de l'accord sur la baisse de la 
production, les cours du brut se sont envolés de quelque 5%, 
avec un Brent qui est repassé au-dessus des 48 dollars. 
    A ce niveau, il est encore plus de deux fois inférieur à son 
dernier, remontant à la mi-2014, de plus de 100 dollars le 
baril. 
    Portée par une hausse de plus de 4% de son compartiment 
énergétique  .SPNY , Wall Street a également réagi favorablement 
à l'annonce de l'accord, gagnant moins de 0,5% à trois quarts 
d'heure de la clôture alors qu'elle était dans le rouge avant 
l'accord. 
     
    RETOURNEMENT DE SITUATION 
    Pris de court par cet accord, nombre d'experts pétroliers 
veulent connaître les détails de l'accord avant de se prononcer 
sur son efficacité. 
    "Nous ne savons pas encore qui va produire quoi. Je veux 
entendre de la bouche du ministre du Pétrole iranien que le pays 
renonce à retrouver ses niveaux de production d'avant les 
sanctions", a déclaré Jeff Quigley, directeur des marchés 
énergétiques chez Stratas Advisors. 
    "S'agissant des saoudiens, cela va à l'encontre de leur 
discours traditionnel." 
    Mardi, l'Arabie saoudite et l'Iran avaient pratiquement 
réduit à néant l'espoir d'un accord dès cette semaine à Alger 
sur une limitation de la production pétrolière de l'Opep, 
Téhéran ayant rejeté une proposition de Ryad consistant à 
plafonner la production iranienne en échange d'une réduction de 
l'offre saoudienne.   
    Les cours du pétrole avaient avaient d'ailleurs plongé mardi 
de près de 3% en raison du sentiment que les positions 
saoudiennes et iraniennes restaient trop éloignées. En avril 
déjà, la rivalité entre les deux pays avaient fait capoter une 
précédente tentative de gel de la production. 
    Le ministre saoudien du Pétrole, Khalid al Falih, a 
cependant déclaré mardi que l'Iran, le Nigeria et la Libye 
seraient autorisés à produire "à des niveaux maximum qui font 
sens" dans le cadre d'un éventuel accord. 
    Cette déclaration a été une inflexion de la position 
saoudienne alors que Ryad excluait jusqu'à présent de réduire sa 
production si tous les autres producteurs, Opep et non-Opep, 
n'en faisaient pas de même. 
    L'Iran, qui a entrepris de redresser sa production depuis la 
levée de sanctions occidentales à son encontre en janvier, 
accepterait de la plafonner "à près de quatre millions de barils 
par jour" en cas d'accord, a dit Bijan Zanganeh mercredi. Elle 
stagne à 3,6 millions de bpj depuis trois mois, soit quasiment 
son niveau antérieur aux sanctions occidentales. 
    Les économies saoudienne et iranienne reposent fortement sur 
le pétrole mais l'Iran souffre moins de la chute de moitié des 
cours depuis mi-2014 du fait de la levée des sanctions à son 
encontre et le pays pourrait afficher une croissance économique 
de près de 4% cette année, selon le Fonds monétaire 
international (FMI). 
    L'Arabie saoudite est en revanche confrontée à une situation 
de déficit budgétaire, lequel a atteint l'année dernière le 
niveau record de 98 milliards de dollars, liée à la stagnation 
de son économie. Elle a été contrainte de réduire les salaires 
des fonctionnaires.     
 
 (Benoit Van Overstraeten pour le service français) 
 
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