Nokia rachète Alcatel-Lucent : les marchés sceptiques

le , mis à jour à 18:28
0

Le futur ensemble va accélérer le développement de la 5G
Le futur ensemble va accélérer le développement de la 5G

Le mariage du groupe finlandais avec l’équipementier franco-américain vise à créer le leader mondial des équipementiers télécoms. Après la forte hausse du cours hier, l’action Alcatel-Lucent a néanmoins dévissé de 15,5% mercredi à Paris.

La fusion entre Nokia et Alcatel-Lucent est officielle depuis mercredi matin. L’opération devrait prendre la forme d’une offre publique d’échange (OPE) valorisant Alcatel-Lucent près de 15,6 milliards d’euros. La réaction des marchés est pour le moins négative : après avoir clôturé mardi en forte hausse de 16% suite à l’annonce officielle des discussions, le titre Alcatel-Lucent a dévissé de 15,51% mercredi à 3,786 euros. Toutefois, l’action de l’équipementier franco-américain s’adjuge toujours plus de 30% depuis le début de l’année. De son côté, l’action Nokia cédait 1,9% après une perte de 3,6% la veille.

« Sur la base d’un ratio de 0.55 action Nokia pour une action Alcatel-Lucent, la transaction valorise Alcatel-Lucent à 15.6 milliards d’euros sur une base entièrement diluée, correspondant à une prime entièrement diluée de 34% (équivalent à 4,48 euros par action), et à une prime aux actionnaires de 28% (équivalent à 4,27 euros par action) sur base du prix moyen pondéré des actions Alcatel-Lucent sur les trois mois précédents » précisent les deux sociétés dans un communiqué publié en commun. Au terme de l’opération, les actionnaires de Nokia détiendront les deux tiers du capital du nouveau groupe, ceux d’Alcatel-Lucent le tiers restant.

Synergies de 900 millions d'euros à partir de 2019

Le nouveau groupe deviendra le numéro un mondial des équipementiers télécoms, avec un chiffre d’affaires cumulé de près de 26 milliards d’euros (avec près de 110.000 salariés), au coude à coude avec le suédois Ericsson et devant le chinois Huawei. Les synergies attendues sont de l’ordre de 900 millions d’euros atteintes en année pleine en 2019 et devraient être réalisés sans suppressions d’emplois supplémentaires déjà programmées dans le groupe français. Le nouvel ensemble pourrait également réaliser 200 millions d’euros d’économies sur ses charges d’intérêt à partir de 2017. Alcatel-Lucent compte encore 53.000 salariés dans le monde dont 8.000 en France. Dans le cadre du plan « Shift » annoncé en octobre 2013, l’équipementier prévoyait de supprimer 10.000 postes d’ici fin 2015. De son côté, Nokia compte plus de 61.000 salariés.

Disposant d'environ 40.000 employés en R&D (4,7 milliards d'euros de dépenses en 2014), le nouvel ensemble va se concentrer sur le développement de la technologie 5G, des réseaux virtualisés ou encore du cloud précise les deux sociétés. « Le groupe ne pouvait pas continuer seul. Seuls, nous n’avions pas les moyens pour investir dans la mesure qu’il faudrait, ni la taille critique nécessaire à faire des économies d’échelles indispensables pour assurer notre compétitivité dans le secteur » a précisé au Monde Michel Combes, le directeur général d’Alcatel-Lucent qui assure que Nokia est le bon partenaire et que les deux entreprises sont complémentaires au niveau géographique, Nokia étant mieux implanté en Europe alors qu’Alcatel-Lucent affiche une présence forte outre-Atlantique. La constitution d'un champion européen était devenue impérative dans ce secteur ultra-concurrentiel.

« La raison de cette fusion est, comme souvent dans le monde des affaires, une histoire d’opportunité. Alcatel, dont l’absence de vision stratégique l’a conduit à l’anorexie, et Nokia, immobilisé par la vente à Microsoft de son moteur, ont besoin de trouver les moyens de leur survie » estime Thierry Boyer, professeur à l’IPAG Business School.

J.G

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant