« Netflix met-il en péril le modèle français de l'audiovisuel ? » par Françoise Benhamou (Cercle des économistes)

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Netflix compte déjà 44 millions d'abonnés dans 42 pays.
Netflix compte déjà 44 millions d'abonnés dans 42 pays.

Des films à foison, une foultitude de séries télévisées, voire des œuvres originales et inédites... la révolution Netflix est arrivée en France avec son cortège d'interrogations. Poison ou remède pour notre secteur audiovisuel ? Explications de Françoise Benhamou, économiste de la culture.

Netflix, ce sont 44 millions d'abonnés dans 42 pays, un chiffre d'affaires de 4,37 milliards de dollars en 2013. Netflix, c'est une plateforme de streaming qui donne accès de manière illimitée à un large catalogue de films et de séries télévisées, pour un abonnement mensuel à prix bas. Ces plateformes ont emporté un formidable succès dans le secteur musical (Spotify et Deezer), en combinant les « attendus » de la consommation sur Internet : l'accès à la surabondance, la rupture avec l'achat à l'unité, et le renoncement du consommateur à la propriété du CD ou du DVD. Elles ont aidé à contenir le développement du piratage. Même le secteur du livre n'échappe pas au mouvement avec Oyster aux Etats-Unis, YouBoox en France, et bientôt en France le Kindle Unlimited d'Amazon.

Quel est le modèle économique de ces nouveaux usages ? Les recettes unitaires sont très faibles. Les droits sont payés en fonction du nombre de vues. Pour qu'un utilisateur parvienne à rentabiliser son abonnement, il doit être un gros consommateur ; mais plus un utilisateur consomme, plus les versements de droits sont importants. Paradoxalement, ce sont donc les petits consommateurs qui permettent de rentabiliser le service. Seules les plateformes proposant une offre très étendue pour justifier le prix de l'abonnement, et étant parvenues à convaincre un grand nombre d'usagers, sont rentables.

Netflix met-il en péril le modèle français de l'audiovisuel ? Les producteurs ne sont pas mécontents : début 2013, Netflix s'est lancé dans le financement d'œuvres audiovisuelles, avec la série House of cards vendue dans le monde entier ; en France, il finance la série Marseille. Mais Netflix ouvre une guerre des droits sur les œuvres audiovisuelles (n'oublions pas qu'aux Etats-Unis HBO ne lui vend pas ses séries) et peut faire perdre des abonnés aux chaînes payantes de cinéma. Canal+ propose déjà CanalPlay dont le catalogue ne pâtit pas de la comparaison avec celui de Netflix. Mais qu'en sera-t-il bientôt ? On connait la puissance de feu de Netflix. Et Bouygues, Orange et SFR ont déjà accepté l'arrivée du géant sur leurs boxs.

Netflix questionne surtout le modèle de régulation de l'audiovisuel : d'abord la « chronologie des médias » qui fixe des « fenêtres de diffusion » des œuvres cinématographiques : les opérateurs de services de vidéo à la demande par abonnement ne peuvent proposer que des films sortis en salles il y a au moins 36 mois ; ce délai sera amené à évoluer. Mais surtout les services de médias à la demande (SMAD) doivent contribuer à la promotion et au financement du cinéma et de l'audiovisuel français. Pourquoi Netflix, qui a choisi d'émettre sur le territoire français à partir d'un autre pays, accepterait-il cette obligation ?

Comme en d'autres domaines de l'économie numérique, Netflix sera à la fois le poison et le remède de l'audiovisuel : poison, en fragilisant un édifice construit de longue date ; remède, en forçant les acteurs à jouer la carte de la qualité et de la contre-offre attrayante et en obligeant à revoir une régulation pour partie obsolète.  

Françoise Benhamou

Françoise Benhamou est professeur d'économie à l'Université de Paris 13. Elle vient de publier « Le livre à l'heure numérique. Papier, écrans. Vers de nouveaux vagabondages », Paris, Le Seuil.

Ses principaux domaines d'expertise sont l'économie de l'énergie et du changement climatique, l'économie de réseaux, l'économie des télécommunications, l'économie industrielle.

Le Cercle des économistes a été créé en 1992 avec pour objectif ambitieux de nourrir le débat économique. Grâce à la diversité des opinions de ses 30 membres, tous universitaires assurant ou ayant assuré des fonctions publiques ou privées, le Cercle des économistes est aujourd'hui un acteur reconnu du monde économique. Le succès de l'initiative repose sur une conviction commune : l'importance d'un débat ouvert, attentif aux faits et à la rigueur des analyses. Retrouvez tous les rendez-vous du Cercle des économistes sur leur site.

 

 

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  • theedge1 le mardi 14 oct 2014 à 10:37

    Du grand n'importe quoi cet article, on y apprend rien de special, et plusieurs inexactitude sont avancees.Par ex, parler de rentabiliser un abonnement qui revient a quasi rien.Parler du modele audiovisuel Francais inexistant.Et conclure avec la formule bateau :Ce sera bon et ce sera mauvais, poison et remede...La realite est que l'arrivee de Netflix est une bonne chose en offrant une alternative legale aux offres existantes pour les consommateurs.

  • lgazet le mardi 14 oct 2014 à 09:23

    @ Mme BenhamouBonjour,Merci d'avoir synthétisé les 3 grands chiffres concernant Netflix, tels qu'ils figurent sur leur site institutionnel.Maintenant, quelle analyse en faites-vous ?Netflix met-il en péril le modèle français de l'audiovisuel ?

  • heimdal le lundi 13 oct 2014 à 22:17

    Le mode de régulation du secteur :une phrase très neutre pour désigner un système de financement quasi exclusivement basé sur l'effort des contribuables .

  • a.poly le lundi 13 oct 2014 à 16:01

    toutes ces règles restrictives limitent le développement d'une réelle offre légale et incite au téléchargement massif.....

  • stochast le lundi 13 oct 2014 à 15:08

    Je confirme que House of Cards est très bien, j'ai commencé à la regarder sur... MyCanal (Mouhahaha) Plus sérieusement, j'ai regardé par curiosité le catalogue de films et de séries de Netflix et en résumé, c'est ringard et famélique. Avec le mois gratuit, il est largement possible de faire le tour des quelques programmes potables qui se sont égarés au pays des nanars.

  • titus34 le lundi 13 oct 2014 à 13:07

    Des vieux films voila ce qui est présenté, pour le reste des séries pour fidéliser.., ce n'est pas la révolution de l'audiovisuel..à revoir!!

  • M6832035 le lundi 13 oct 2014 à 12:54

    Comment peut-on parler d'un modèle français de l’audiovisuelle qui n'est fait que d'interdit (pas de diffusion en vidéo des films récents, quota de diffusion de films français obligatoire, etc etc..) , qui pioche dans la poche du contribuable pour subventionner des nanars français stupides et leurs réalisateurs, payer des régimes d'intermittents abhérents !

  • gabrie93 le lundi 13 oct 2014 à 12:40

    Ce n’est vraiment pas difficile de faire mieux que la France cote télévision les programme sont archi nul a part peut être la 2 qui ce démarque largement par rapport aux autres chaines alors pour le modèle Français il faudrait déjà qu'il y en est un de modelé

  • lhonderm le lundi 13 oct 2014 à 12:37

    Si les gens préfèrent ce modèle, et bien que l'on développe ce modèle. Pourquoi vouloir conserver une industrie moribonde, qui n'est pas demandée par les consommateurs ? L'audiovisuel Français nous coute une fortune, pour un résultat très contestable, mêlant propagande et programme de piètre qualité.

  • benoitdh le lundi 13 oct 2014 à 12:31

    L'audio visuel français n'a rien d'un modèle!