Montupet discute de son rachat par le canadien Linamar

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par Pamela Barbaglia et Arno Schuetze

LONDRES/FRANCFORT (Reuters) - L'équipementier automobile français Montupet est en discussions en vue de son rachat par son homologue canadien Linamar dans le cadre d'une transaction qui le valoriserait environ 800 millions d'euros, a-t-on appris mercredi auprès de deux sources informées de ce projet.

Montupet a engagé la banque d'investissement américaine Jefferies pour l'épauler dans cette négociation, dont l'issue n'est pas certaine, ont ajouté ces sources.

Linamar et Jefferies ont refusé de s'exprimer à ce sujet tandis qu'il n'a pas été possible dans l'immédiat de joindre Montupet.

Basé à Clichy, près de Paris, Montupet fournit des pièces de fonderie, essentiellement pour moteurs, à plusieurs grands constructeurs tels que Peugeot, Volkswagen, Renault, BMW, General Motors et Ford.

Présent en France et dans plusieurs autres pays européens, mais aussi au Mexique, il emploie plus de 3.200 personnes et sa capitalisation boursière s'élève à 668 millions d'euros.

Ses dirigeants, qui possèdent environ 37% de la société, se sont dits cette année prêts à vendre leurs parts à un partenaire industriel actif dans le secteur automobile et connaissant les métiers de la fonderie.

D'après les analystes de la banque d'investissement Berenberg, Montupet cherche à nouer une alliance industrielle dans le but de se développer en Chine.

Son président directeur général Stéphane Magnan, 64 ans, possède 11,69% du capital de l'entreprise tandis que les directeurs généraux délégués Marc Majus et Didier Crozet, respectivement âgés de 67 et 66 ans, ont une participation cumulée de 20,49%.

LINAMAR ADEPTE DE LA CROISSANCE EXTERNE

Montupet a fait état jeudi d'une hausse de 19% de son chiffre d'affaires sur le troisième trimestre, à 119,9 millions d'euros, et a confirmé s'attendre à une forte hausse de ses ventes sur l'ensemble du second semestre.

L'équipementier avait indiqué fin septembre ne pas être affecté par les problèmes du groupe Volkswagen, qui a reconnu avoir manipulé les tests sur les émissions polluantes de ses véhicules diesels aux Etats-Unis.

Montupet avait alors précisé ne fournir à Volkswagen "que les culasses V6 diesel de la marque Audi, en aucun cas concernées par le problème de norme anti-pollution".

Il a affiché en 2014 un Ebitda (résultat avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements) en progression de 22% à 91,8 millions d'euros et une marge opérationnelle de 12,7%.

De son côté, Linamar, dont la capitalisation boursière s'élève à environ 3,7 milliards de dollars (3,23 milliards d'euros), a souvent eu recours aux opérations de croissance externe pour se développer internationalement.

Il a acquis l'an dernier une participation majoritaire dans l'équipementier allemand Seissenschmidt.

Un rapprochement avec Montupet lui permettrait de rivaliser avec des concurrents de plus grande taille tels que l'allemand ZF Friedrichshafen, qui a avalé en 2014 l'américain TRW Automotive Holdings pour donner naissance au deuxième équipementier automobile mondial par le chiffre d'affaires.

Une autre entreprise canadienne, Magna International, a mis la main en juillet sur l'équipementier allemand Getrag pour 1,75 milliard d'euros.

(Avec Matthieu Protard à Paris, Allison Martell à Toronto et Emiliano Mellino à Londres; Bertrand Boucey pour le service français)

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