« Midterms USA : quel impact économique ? » par Anton Brender (Cercle des économistes)

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La période de cohabitation politique qui s'ouvre aux États-Unis devrait avoir une influence positive sur les marchés boursiers.
La période de cohabitation politique qui s'ouvre aux États-Unis devrait avoir une influence positive sur les marchés boursiers.

Les Etats-Unis sortent des élections de « mi-mandat » marquées par une défaite du camp démocrate. Selon Anton Brender, cette nouvelle donne politique est salutaire pour l'économie du pays.

En quelques jours, l'économie américaine a amorcé le dernier virage du parcours de sortie de crise sur lequel elle est engagée depuis maintenant six ans. Le taux de chômage est revenu sous la barre des 6 % qui était considérée,  il y quelques décennies, comme définissant le plein emploi, et la Réserve fédérale a mis fin à son programme d'achats d'obligations. Sur le plan politique, la cinglante défaite infligée par le Parti républicain au président Obama devrait mettre un terme à une période de paralysie, lourde de dangers pour l'économie.

Une cohabitation de bon augure

Les deux partenaires de la cohabitation qui s'installe ont en effet tout à perdre d'une répétition des épreuves de force qui ont marqué ces dernières années, et tout à gagner à montrer leur maturité politique en acceptant des compromis. C'est clairement l'intérêt du Parti républicain s'il veut, dans deux ans, gagner l'élection présidentielle, mais c'est aussi celui du président Obama s'il veut, au terme de ses deux mandats, laisser un bilan moins décevant qu'il ne l'est aujourd'hui.

Négociation en vue du budget 2015

Dès le mois prochain, le Congrès va devoir voter le Budget 2015 pour permettre à l'Administration de payer ses fournisseurs et ses employés. Personne ne prendra maintenant le risque de provoquer un shutdown comme il s'en est produit il y a à peine un an. Quant au vote sur le plafond de la dette - ce plafond cesse d'être suspendu en mars prochain - on n'imagine plus, dans ce nouveau contexte, qu'il puisse donner lieu à un psychodrame semblable à celui de l'été 2011.

Cette réduction de l'incertitude politique ne peut que contribuer à soutenir une conjoncture déjà relativement tonique : la croissance en 2015 devrait atteindre 3 %, soit un rythme nettement supérieur au potentiel. Le taux de chômage devrait ainsi poursuivre sa baisse et les salaires commencer enfin à monter.

« America is back »

Cette évolution, dernière étape de la sortie de crise, pèsera bien entendu sur les marges des entreprises, mais pas forcément sur les dividendes qu'elles versent : on ne peut désormais exclure un accord entre Démocrates et Républicains qui viendrait modifier le code des impôts dans un sens favorable aux entreprises. D'autres dossiers - énergie, commerce international - devraient également être rouverts au cours des prochains mois et avancer dans le même sens...

Finalement, les conséquences de cette défaite du Parti démocrate, et du retour à la raison des Républicains, sont claires et logiques : elles contribueront à soutenir la croissance, la Bourse et la devise américaines. La réduction des inégalités attendra !

Anton Brender

Anton Brender est chef économiste de Candriam et professeur associé honoraire à l'Université Paris-Dauphine.

Ses principaux domaines d'expertise sont la mondialisation financière et les thématiques monétaires et financières.

 

Le Cercle des économistes a été créé en 1992 avec pour objectif ambitieux de nourrir le débat économique. Grâce à la diversité des opinions de ses 30 membres, tous universitaires assurant ou ayant assuré des fonctions publiques ou privées, le Cercle des économistes est aujourd'hui un acteur reconnu du monde économique. Le succès de l'initiative repose sur une conviction commune : l'importance d'un débat ouvert, attentif aux faits et à la rigueur des analyses. Retrouvez tous les rendez-vous du Cercle des économistes sur leur site.

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