Matières premières : « le glas a sonné » (rapport Cyclope 2015)

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Dans le sillon du pétrole, les cours de la plupart des matières premières ont souffert au cours des derniers mois.
Dans le sillon du pétrole, les cours de la plupart des matières premières ont souffert au cours des derniers mois.

Référence française dans son domaine, le Cercle Cyclope présentait mercredi son bilan annuel du vaste domaine des matières premières. « Le glas a sonné sur les marchés », estime Philippe Chalmin, alors que les prix de nombreuses matières premières ont chuté au cours des derniers mois.

Il n’aura échappé à personne que les cours du pétrole ont chuté en fin d’année dernière, revenant à un niveau relativement faible malgré leur récent rebond. Toutefois, la chute de l’or noir, très médiatisée, a masqué la récente chute des cours de nombreuses autres matières premières, notamment de certains métaux comme le fer, l’étain ou encore l’aluminium.

La fin d’un long cycle

« Cette chute des cours marque, je le pense, un certain terme à l’euphorie des années 2007-2014 », affirmait Philippe Chalmin, fondateur du Cercle Cyclope. Ces années avaient en effet été marquées par une tendance haussière des cours des matières premières, malgré une chute temporaire des prix lors de la crise financière de 2008.

« Le glas a sonné sur le marché », résumait ainsi le fondateur du Cercle, alors que la baisse des prix a remis en cause la tendance haussière observée au cours des dernières années.

D’autre part, « le glas a sonné pour le concept de ‘’BRICS’’ » (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), poursuivait-il. Encore considérés il y a peu comme les fleurons du marché émergent, les « BRICS » sont désormais partis dans des directions très différentes. Alors que certaines puissances souffrent lourdement de la baisse des prix des matières premières (Russie et Brésil), d’autres ont tendance à en bénéficier (Inde et Chine). Pour Philippe Chalmin, ce constat n’a rien d’étonnant alors que ces pays ont toujours eu des économies extrêmement différentes, et que le fait de les regrouper dans le « même sac » a toujours été contestable.

Le prix de nombreuses denrées alimentaires a également baissé au cours de l’année dernière, alors que « le climat a été optimal en 2014 » à l’échelle du globe, permettant des récoltes abondantes pesant ainsi sur le niveau des prix. Quelques exceptions doivent néanmoins être notées : les prix du blé ou encore de l’huile d’olive ont eu tendance à grimper au cours des derniers mois, notamment pour des raisons d’aléas naturels régionaux.

La Chine en pleine évolution

Lorsque l’on évoque les matières premières, les regards se tournent inévitablement vers la Chine, à la fois grande consommatrice et grande exportatrice de matières premières. Or, les récentes évolutions de la demande chinoise sont loin d’être neutres pour le marché des matières premières.

« Après avoir fait des stocks et de l’export pendant des années, les Chinois consomment désormais leurs produits », résumait Philippe Chalmin. Les exemples ne manquent pas, et dépassent le cadre de l’énergie ou des métaux : la Chine est ainsi passée en quelques années de la position d’exportateur à celle d’importateur pour plusieurs denrées alimentaires, allant des pommes à la viande. Jean-Paul Simier souligne ainsi dans le rapport Cyclope 2015 que la Chine est devenue le deuxième importateur mondial de viande ovine.

« À l’Est, il y a clairement du nouveau : les effets durables de la démographie et la nouvelle politique chinoise y sont pour beaucoup », résume ainsi le rapport.

Les métaux rares tirent leur épingle du jeu

Autre domaine où la demande reste forte : les métaux rares. Devenus indispensables dans l’électronique des objets du quotidien comme les Smartphones, certains éléments connaissent une hausse régulière de la demande.

À titre d’exemple, la construction des Smartphones représenterait désormais à elle seule un tiers de la demande de palladium. Ce métal, contrairement à bien d’autres, a ainsi vu son cours progresser en 2014, dépassant même les 900 dollars par once en août dernier, alors que son cours était tombé sous les 200 dollars fin 2008.

Pour les mêmes raisons, « les semi-conducteurs vont encore monter pendant 20 ans », estimait quant à lui Jean-Philippe Dauvin, chef économiste honoraire chez STMicroelectronics. « Mais le domaine des semi-conducteurs ne crée plus d’emplois », tempérait-il néanmoins en élargissant son analyse.

Le rapport Cyclope 2015, revenant en détails sur l’ensemble du marché des matières premières, pourra prochainement être acheté sous format papier ou électronique sur le site cercle-cyclope.com.

X. Bargue

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  • frk987 le lundi 25 mai 2015 à 18:18

    Suite : ras le bol de ces gourous qui disent absolument n'importe quoi, il y a deux ans le baril allait vers 200 $, etc...un seul est sérieux c'est Fiorentino, mais la presse et le monde économique le déteste car il dit très haut et très fort de simples évidences qui dérangent beaucoup dans le monde financier.

  • frk987 le lundi 25 mai 2015 à 18:15

    Chalmin c'est Touati en semblant plus sérieux, demandez lui ses prévisions avant la bulle internet...la croissance infinie, et la non signification des PER.....et voui, il l'a dit et a même présenté ses excuses sur la défunte chaîne Bloomberg France.

  • flexmoul le jeudi 21 mai 2015 à 16:04

    Le Russia bashing de Chalmin est mal venu. Après la spéculation sur le rouble, la devise a retrouvé son équillibre par ailleurs l'Europe va tôt ou tard accepter les gazoducs de Gazprom, le mirage du gaz de schiste en Europe s'éloignant