Marchés volatils et incertains : un milieu propice pour les ETF « smart beta »

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Les ETF ''smart beta'' associés à des stratégies de gestion prudentes pourraient trouver grâce aux yeux de certains investisseurs dans le contexte actuel.
Les ETF ''smart beta'' associés à des stratégies de gestion prudentes pourraient trouver grâce aux yeux de certains investisseurs dans le contexte actuel.

Les avis diffèrent toujours sur les perspectives boursières de l’année 2016 en fonction des sociétés de gestion, des économistes et des indicateurs suivis par chacun. Dans ce contexte d’incertitudes, Lyxor AM souligne l’intérêt des ETF/trackers « smart beta » pour les investisseurs particuliers.

« L’agitation récente des marchés [actions] reflète des valorisations élevées et des niveaux de risque importants [laissant penser que] les rendements escomptés des marchés actions et obligations resteront faibles dans les prochaines années  » affirme Nicolas Gaussel, directeur des gestions chez Lyxor AM, dans une note de marché diffusée à la presse mardi 29 mars.

Ce dernier poursuit : « Après une année 2015 mouvementée, les actions US sont sans conteste chères. Or le marché américain dicte la cadence au niveau mondial et les investisseurs cherchant à se décorréler sur les marchés européens trouveront bien peu de satisfaction, même si les valorisations y sont un brin moins élevées »

Sans demi-mesure, Nicolas Gaussel affiche également une forte prudence vis-à-vis des marchés obligataires : « Les investisseurs, comme les compagnies d’assurance et les fonds de pension, se montrent particulièrement inquiets face aux perspectives des marchés obligataires. La quête de rendement dans un environnement de taux zéro les contraint soit à relever le risque de duration, soit à augmenter le risque de crédit, et à se tourner vers des actifs moins liquides. Beaucoup se demandent si les piètres performances dégagées par les positions obligataires en 2015 témoignent d’un simple accident de parcours ou si, au contraire, elles marquent le début d’une tendance ».

Dans ce contexte, les investisseurs pourraient de nouveau s’intéresser à « des approches plus innovantes, pour ne pas dire alternatives », estime le directeur des gestions de Lyxor AM, pour qui « La diversification par des classes d’actifs non traditionnelles s’impose comme une évidence ».

Hedge funds et private equity : un choix peu évident

Lorsque l’on pense aux « stratégies alternatives », on pense logiquement aux hedge funds.

« En présentant historiquement une volatilité moindre par rapport aux portefeuilles équilibrés traditionnels et une corrélation limitée aux performances des actions et des obligations, les hedge funds, le private equity et les actifs réels semblent à première vue constituer une piste de solution. Mais les hedge funds ont sous-performé les actifs traditionnels dans le cycle de rebond de marché depuis 2009 », évoque Nicolas Gaussel.

Le private equity (ou capital-investissement) désigne quant à lui l’entrée au capital de sociétés non cotées. Cette solution d’investissement, comme pour les hedge funds, nécessite une mise de départ généralement importante et n’est pas accessible à la plupart des investisseurs particuliers. D’où l’idée, pour ces derniers, de chercher d’autres solutions d’investissements alternatifs.

ETF/trackers « smart beta » : un choix plus accessible

Parmi ces autres solutions alternatives, Lyxor AM retient celle des ETF « smart beta » (ou trackers « smart beta », les deux termes étant équivalents).

Pour rappel, de manière générale, les ETF (Exchange Traded Funds) ou « trackers » sont des produits financiers à mi-chemin du monde des actions et du monde des fonds type FCP. Les trackers indiciels, les plus répandus, sont des produits qui s’échangent comme des actions, tout en reproduisant les variations d’un indice boursier national (comme le CAC40) ou sectoriel (pétrole & gaz par exemple).

Les ETF « smart beta » se veulent plus « intelligents » que les ETF indiciels précédemment décrits. « Le smart beta propose une exposition au marché action à travers un angle différent. Au lieu de raisonner en termes d’allocation secteur ou pays, le smart beta raisonne en terme d’allocation à des segments du marché tels que la valorisation (facteur value), la taille des entreprises (facteur size), la qualité des résultats (facteur quality), la faible [volatilité par rapport] à l’indice de référence (facteur low beta), ou la propre dynamique des prix des actions (facteur momentum) », explique Nicolas Gaussel.

Autrement dit, les ETF « smart beta » permettant à un investisseur d’être exposé aux marchés actions tout en bénéficiant directement d’une stratégie de gestion associée à cet investissement, par exemple pour réduire la volatilité du portefeuille ou rechercher un rendement élevé sur le long terme en acceptant une volatilité plus élevée.

« Dans des environnements de marché difficiles, les facteurs low beta, quality et momentum se portent mieux. Ils ont en effet surperformé le marché européen depuis le pic atteint au début du mois d’avril 2015 ». Ainsi, « Ils continuent de présenter des opportunités pour des investisseurs prudents dans le contexte actuel de marché », poursuit le directeur des gestions de Lyxor AM.

Quelques exemples d’ETF « smart beta »

L’avantage des ETF « smart beta », comme des ETF « indiciels », est de pouvoir être achetés et vendus comme des actions, en étant parfois éligibles au PEA et au SRD.

Plus d’une cinquantaine d’ETF « smart beta » sont désormais disponibles sur Euronext Paris et accessibles aux investisseurs particuliers. Fort de leur succès, les émetteurs rivalisent d'inventivité pour sortir régulièrement de nouveaux ETF "smart beta" aux cibles et aux stratégies d'investissement variées. Lyxor AM (Société Générale) est le principal émetteur de ces produits en Europe, mais Amundi, iShares (BlackRock), Ossiam (Natixis GAM) et PowerShares (Invesco) sont également très actifs dans ce domaine.

Parmi quelques ETF smart beta qui peuvent être cités en exemple dans un but illustratif, sans être un quelconque conseil d’investissement, se trouvent par exemple les trackers « smart beta » suivants, d’après une liste dressée par le Café de la Bourse il y a un peu plus d’un an, dans un article intitulé « Découvrez les 43 ETF smart beta d’Euronext Paris » :

- Amundi ETF MSCI Europe High Dividend A : actions européennes à fort dividende ;

- Lyxor ETF MSCI EMU Value A : actions de la zone euro selon une approche « value » (recherche de valeurs théoriquement « décotées » par rapport à leurs concurrentes) ;

- iShares Asia Pacific Dividend : actions asiatiques à fort dividende ;

- Ossiam US Minimum Var NR ETF 1C EUR : actions américaines avec une recherche de faible volatilité ;

- PowerShares FTSE RAFI Emerging Mkts ETF : actions de marchés émergents.

Les ETF « smart beta » étant des produits financiers sophistiqués, la lecture d’un résumé de leur DICI au sujet de leur cible/stratégie d’investissement est un minimum requis avant d’acheter ces produits.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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