Marchés : "le point bas aurait de grandes chances d'être atteint avant la fin de l'année" (Amundi)

le , mis à jour à 18:20
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Amundi et CPR AM estiment que les craintes sur la Chine et les Etats-Unis sont excessives, et envisagent plutôt une remontée des marchés après l'actuelle période d'incertitude.
Amundi et CPR AM estiment que les craintes sur la Chine et les Etats-Unis sont excessives, et envisagent plutôt une remontée des marchés après l'actuelle période d'incertitude.

Amundi, ainsi que sa filiale CPR Asset Management, affichent un discours optimiste vis-à-vis de l’orientation des marchés boursiers à moyen-long terme, après le passage des actuelles turbulences fondées sur des craintes que les deux sociétés jugent excessives.

« La Chine reste notre premier sujet de préoccupation, car un atterrissage brutal de son économie entraînerait une vague supplémentaire de sortie de capitaux des marchés dits émergents. Il faut cependant noter [que] ce qui se passe en Chine n’a rien d’extravagant [et que] la demande interne chinoise reste assez solide », affirme Philippe Ithurbide, directeur de la recherche économique d’Amundi, dans la dernière lettre mensuelle « Cross asset investment strategy » publiée par la société de gestion.

Concernant la Chine, Philippe Ithurbide fait le jeu des questions et réponses : « Au total, est-ce que la croissance chinoise tend vers 3% à 4% ? La réponse est oui. Sera-t-elle à ce niveau en 2015, 2016 ? Nous ne le pensons pas. La Chine a-t-elle encore les moyens de tenir la croissance autour de 6% ? C’est ce en quoi nous croyons. La PBoC [banque centrale chinoise] est-elle en train d’orchestrer une vaste dépréciation du yuan ? Sans doute pas ».

En somme, les récentes craintes auraient été excessives, comme cela a déjà été répété de nombreuses fois par différentes sociétés de gestion.

Marchés : risques à court terme, optimisme pour la suite

Du côté des marchés, Eric Mijot (Stratégie et recherche économique) note que « la [récente] baisse des marchés vient ponctuer un cycle boursier particulièrement long, qui a démarré en 2009. Il est cependant probable que la baisse ne soit que temporaire et qu’elle ressemble à celle de 2011 ».

Les propos du stratégiste font référence à la baisse des marchés survenue à l’été 2011, qui fut forte mais de courte durée, entre juillet et octobre. Les propos rejettent indirectement l’idée que les marchés s’engagent dans une véritable crise semblable à celle de 2008.

Envisageant ainsi un scénario semblable à celui de 2011, Eric Mijot estime que « le point bas du marché aurait de grandes chances d’être atteint avant la fin de l’année ». Sous-entendu : avec une reprise de la hausse par la suite.

La prudence reste claire à court terme : « La capitulation en cours sur la thématique émergente ne nous semble pas assez mûre pour reprendre du risque rapidement », explique toujours Eric Mijot. Néanmoins précise-t-il, « Nous sommes plus rassurés sur la résistance de la consommation des pays développés, notamment des États- Unis. Cette thématique pourrait d’ailleurs concentrer les espoirs de croissance de profits » à venir.

Economie américaine : davantage d’espoirs que de craintes

En effet, « C’est sur la vigueur de la reprise américaine que reposent aujourd’hui tous les espoirs de voir la croissance économique mondiale se maintenir à un rythme soutenu en 2016 », affirme pour sa part Tristan Perrier, également stratégiste chez Amundi.

Certes, l’impact du ralentissement émergent n’est pas tout à fait neutre pour l’économie américaine : « De fait, les exportateurs américains subissent déjà la double pression de la hausse du dollar et de la faible croissance d'autres régions, une pression qui risque de s’accentuer en 2016 », reconnaît-il.

Pour autant, une partie de l’impact négatif serait déjà passé pour l’économie américaine, poursuit le stratégiste d’Amundi : « Il faut garder à l’esprit que (...) l’effet [négatif] de la hausse du dollar est déjà ressenti et que la poursuite de ces tendances ne signifie pas forcément leur aggravation. Certes, des effets sont encore à venir, mais ceux-ci ne devraient pas être excessivement élevés ». « Concernant les exportations vers l’Asie, le pire est probablement à venir, mais elles ne représentent pas un poids suffisant pour casser la dynamique de la reprise américaine », affirme-t-il.

Les marchés sont tout de même excessivement dépendants des banques centrales

Revenant pour sa part sur l’actualité des marchés financiers, Philippe Weber, responsable études et stratégie chez CPR AM (filiale d’Amundi Group), consacre quelques propos au sujet de l’impact jugé disproportionné des banques centrales sur la tenue des marchés.

Pour lui, l’indécision de la Fed sur la date à laquelle elle remontera ses taux directeurs « entretient l’incertitude, l’inquiétude, la volatilité. Repousser encore [la hausse des taux], ce qu’on finit par ne plus pouvoir exclure (…), serait reculer pour mieux sauter. Mais la hausse des marchés en réaction à la médiocrité des dernières statistiques d’emploi montrent qu’ils semblent désormais compter sur la banque centrale quoi qu’il arrive. Situation extrêmement malsaine, et enfermant la Réserve fédérale dans un piège – qu’elle a contribué à tendre elle-même, il est vrai. Si seul un statu quo monétaire perpétuel peut désormais soutenir les marchés, on se promet de beaux krachs », affirme-t-il.

CPR AM reste néanmoins plutôt optimiste dans l’ensemble, tout comme sa maison-mère. Sa lettre de stratégie mensuelle, diffusée mercredi 14 octobre, envisage deux scénarios pour les marchés (sans surprise : un positif, un négatif), avec surtout une remise en cause des fondamentaux de la « panique » de l’été. Pour CPR AM, les opérateurs ont manqué de logique en s’inquiétant excessivement des statistiques chinoises et des autres sujets liés, comme la chute des matières premières.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • fquiroga le jeudi 22 oct 2015 à 08:01

    faire peur et engranger des commissions......

  • antoin94 le vendredi 16 oct 2015 à 11:21

    le deconomètre est par contre au plus haut chez les "experts"

  • M82941 le vendredi 16 oct 2015 à 09:07

    les C on Seilleurs ne sont pas les Payeurs !

  • M5441845 le jeudi 15 oct 2015 à 18:42

    Hier ,sur Boursorama, un autre expert expliquait que les marchés allaient baisser pendant 18 mois jusqu’à début 2017. L'avantage avec les experts, c'est qu'ils n'ont pas peur de raconter n'importe quoi et que je fini toujours par en trouver un qui pense comme moi.

  • paulin17 le jeudi 15 oct 2015 à 14:52

    Bien sur, tout est arrangé, les profits repartent, les carnets de commande se remplissent, le chomage diminue, la croissance ne "fremit" plus selon FH, les indices de fret sont de nouveau en hausse, les salaires augmentent, les dettes ont disparues, je continue?

  • guerber3 le jeudi 15 oct 2015 à 14:51

    Un vendeur d 'actions a besoin de comissions et de bonus, alors les points n' existent pas...!

  • stricot le jeudi 15 oct 2015 à 12:53

    Comprends pas. Le point bas de 2015 c'est la 6 janvier, a moins qu'amundi voit le CAC repasser sous les 4100 d'ici 2016. Pas moi. Le 29 Septembre etait un autre point bas qu'on ne devrait pas revoir, avec le rallye habituel de fin d'annee des gens qui se positionnent pour 2016.

  • Revlon9 le jeudi 15 oct 2015 à 12:21

    RECO !! Toute_Bonne

  • renard le jeudi 15 oct 2015 à 12:14

    Point bas ou point haut, c'est comme le point "G", quand on croit l'avoir atteint, les vraies turbulences commencent.