Marchés : le grand retour de la volatilité

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L'indice VIX mesurant la volatilité s'est envolé la semaine dernière, signe du retour de la peur chez les investisseurs.
L'indice VIX mesurant la volatilité s'est envolé la semaine dernière, signe du retour de la peur chez les investisseurs.

Les investisseurs sont fébriles. La récente correction boursière liée aux craintes sur le ralentissement de la conjoncture est justifiée. Elle marque le retour de la volatilité sur les marchés mais ne devrait pas remettre en cause la tendance haussière de moyen terme selon Vincent Guenzi (Cholet Dupont).

La violente correction boursière de la semaine écoulée a démarré après la publication de statistiques macroéconomiques décevantes en zone euro. La croissance patine... et la peur revient. Plus encore que la baisse des indices de plus de 15% en moins d'une semaine, l'indice VIX (coté au Chicago Board Options Exchange), mesurant la volatilité des investisseurs et baptisé couramment « indice de la peur », s'est brutalement envolé, de moins de 15 à plus de 25 avant de se rétracter légèrement dans les jours suivant la correction. Croissance en berne, craintes de la déflation... les investisseurs ont pris peur à nouveau. « Les marchés ont probablement intégré une forte réduction de la croissance en zone euro à +0,50% en 2015 alors que les prévisions sont encore à +1,2% » estime Vincent Guenzi, directeur de la stratégie d'investissement chez Cholet Dupont.

Pour autant, des forces de rappel existent et la probabilité que la zone euro ne tombe en déflation n'est pas certain. « Le risque que l'inflation, toujours aussi faible, entraîne une véritable situation déflationniste n'est pas nouveau. Selon nous, rien ne montre que le risque déflation a augmenté » relève même Rory Bateman, responsable de la gestion actions européennes chez Schroders. D'abord, il y a l'action de la BCE déterminée à empêcher que la zone euro ne subisse le même sort que le Japon des années 1990. Début septembre, Mario Draghi a annoncé divers mesures pour soutenir l'activité du crédit et inciter les banques à prêter aux entreprises : plan d'achats d'ABS et « covered bonds », LTRO etc. Des dispositifs qui restent néanmoins en-deçà d'un véritable plan d'assouplissement quantitatif à l'américaine. De même, la relance du crédit en zone euro restera déterminée  aux résultats des stress tests bancaires qui détermineront qui sont les bons et les mauvais élèves de la classe. « Les résultats de cette examen de la santé des banques sera connu bientôt, ce qui devrait encourager les banques à prêter et à poursuivre leurs activités quotidiennes, plutôt que de s'inquiéter de la situation de leurs fonds propres » précise Rory Bateman.

Pétrole : une chute de 25% des cours

La fragilité de la reprise en zone euro est également accentuée par des évènements très imprévisibles de type Ebola dont on mesure mal les conséquences. Si la panique est toujours susceptible de gagner les marchés, il semble que la mobilisation mondiale en cours se révèle néanmoins efficace. Autre élément d'incertitude, la chute de 25% des prix du pétrole traduit les mutations considérables en cours liées au développement de l'exploitation du pétrole et gaz de schiste. Les Etats-Unis devraient retrouver une indépendance énergétique qui contrarie les affaires de l'OPEP. Certains analystes voient dans la baisse actuelle des cours une tentative délibérée de l'organisation qui dispose encore des puissantes réserves de l'Arabie Saoudite pour ouvrir les vannes et déstabiliser ainsi les producteurs américains de pétrole de schiste. « Avec un prix sous les 80$, la production américaine d'huile de schiste serait affectée, surtout si cela se combinait avec une hausse des taux d'intérêt » estime ainsi Jacques Blot, conseiller de Convictions AM. La reprise américaine serait alors directement impactée et menacerait du même coup la croissance mondiale même si dans un premier temps la baisse des prix du pétrole redonne du pouvoir d'achat aux ménages.

Pas question pour autant de céder à la panique. « La baisse des marchés semble justifiée mais elle paraît excessive (...) les indices peuvent fluctuer de 5 à 10% à la hausse comme à la baisse (...) Mais la correction actuelle ne devrait pas remettre en cause la tendance haussière des marchés à moyen terme » pense Vincent Guenzi qui révise légèrement en baisse ses objectifs de fin d'année et voit un Cac 40 à 4.250 fin décembre. Les prochains indicateurs macroéconomiques et les résultats d'entreprises seront tout particulièrement scrutés par les investisseurs.

Julien Gautier

 

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  • ESCADE le mercredi 22 oct 2014 à 19:03

    Référendum sur le « Gold Initiative », le 30 novembre 2014Le 30 novembre, les Suisses voteront sur :1. Le rapatriement de leur or détenu à l’étranger.2. L'obligation pour la Banque Nationale Suisse de détenir 20% de ses actifs en or physique.3. L'interdiction de toutes ventes futures d’or.La Russie a acheté 1,2 millions d'onces d'or au mois de septembre, un record depuis 15 ans.

  • squal72 le mercredi 22 oct 2014 à 14:55

    article peu convaincant !!! rien n'est fondé comme à l'habitude !!!

  • M3442903 le mercredi 22 oct 2014 à 11:57

    les analystes sont comme les sondeurs aussi mauvais .