Marchés : « L'Europe n'échappera pas à la gravité » (Carmignac)

le , mis à jour à 17:05
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Pour Carmignac, des orages pourraient éclater sur l'économie européenne si la situation se dégrade dans les émergents et aux Etats-Unis.
Pour Carmignac, des orages pourraient éclater sur l'économie européenne si la situation se dégrade dans les émergents et aux Etats-Unis.

Carmignac exprime de nouveau une forte prudence au sujet des marchés actions alors que le mois de janvier a été très chahuté. Surtout, la société de gestion ne pense pas que la zone euro puisse résister à une véritable dégradation de la conjoncture mondiale.

Depuis désormais un an, nombreuses sont les analyses qui expliquent que grâce à la relance monétaire de la BCE, la zone euro ne devrait pas être trop affectée par le ralentissement des pays émergents comme la Chine. Au point que beaucoup de sociétés de gestion répètent depuis 12 mois que les actions européennes restent parmi les plus attractives, alors que le continent connaît plutôt une accélération qu’un tassement de sa croissance.

En zone euro, il ne faut pourtant « pas surestimer les facteurs de soutien », souligne Frédéric Leroux. Le fameux « alignement des planètes » dont tout le monde parlait il y a 9 mois (taux faibles, euro faible, pétrole faible), ne produirait en fait que des effets marginaux sur la dynamique économique européenne.

Certes, le pétrole a perdu presque 70% de sa valeur en 18 mois, mais les prix de l’essence, très taxée, n’ont baissé que de 20% en Europe sur cette même période. Les effets de la baisse de l’euro sont également relativement faibles alors que l’euro n’a finalement perdu que 10% de sa valeur face au dollar en 2015, et reste désormais stable face à la monnaie américaine.

Surtout, l’optimisme général relatif à la zone euro a remplacé le pessimisme de 2010-2012 sans que les fondamentaux aient grandement changé. « Bien qu’en amélioration, la situation budgétaire reste fortement contrastée en moyenne par rapport à l’Allemagne », souligne Carmignac, alors que la France, par exemple, continue de creuser sa dette publique bien plus rapidement que ne croit son économie.

Surtout, « l’indépendance financière et économique de l’Europe [face au reste du monde] reste à démontrer », insiste Frédéric Leroux. Pour le gérant global de Carmignac, la zone euro aurait sans doute bien du mal à résister au ralentissement simultané de la Chine et des Etats-Unis, malgré le soutien de la BCE et le relatif mouvement de reprise observé en 2015.

Les marchés boursiers européens restent en effet globalement très corrélés aux marchés américains. Si ces derniers commencent à broyer du noir, les marchés européens seront pénalisés dans des proportions semblables. Et lorsque les marchés s’orientent dans le mauvais sens, il est rare que l’économie reste parfaitement indemne.

Lire également : Les Etats-Unis risquent un retournement de conjoncture économique (Carmignac)

En conclusion, Carmignac réaffirme une fois de plus sa forte méfiance relative à l’orientation des marchés financiers mondiaux. Aux Etats-Unis, la conjoncture économique est au « ralentissement et au resserrement monétaire ». Pour cette raison, « les économies et marchés mondiaux vont souffrir », affirme la société de gestion. Les émergents restent confrontés à la « dévaluation et au krach des matières premières ». En conséquence, « les pressions déflationnistes reviennent en force et la liquidité se résorbe », affirme Carmignac.

Dans ce contexte, « l’Europe n’échappera pas à la gravité » d'une éventuelle dégradation économique mondiale, termine Frédéric Leroux, qui estime que pour les investisseurs, « les couvertures doivent être maximales tant que les signaux de retournement sont absents ». Seule façon de relativiser ce pessimisme, « la violence de l’ajustement va créer de grandes opportunités », estime la société de gestion, qui semble envisager un scénario dans lequel des achats à bon compte à l’avenir pourraient permettre de réaliser de belles performances ultérieures.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • bordo il y a 10 mois

    Gros malins de Carmignac, qui ont bien collecté et planté leurs clients en investissant à contre-tendance et qui depuis, joue les Cassandre en multipliant les déclarations dans ce genre afin d'influencer, s'imaginent-ils, les marchés. J'aurais tendance à ne pas leur faire confiance. On peut se tromper, mais s'acharner à démontrer que l'on a raison contre toute évidence n'est pas rassurant pour l'épargne qui leur est confiée.

  • hornerd il y a 10 mois

    Ce n'est pas le seul à agir de la sorte, ...et Boursorama, c'est regrettable, laisse se multiplier sur son site ce genre d'articles qui émanent effectivement d'intervenants qui sont très liquides; c'est regrettable.Un contributeur a d'ailleurs qualifié ce type de comportements comme des tirs sur l'ambulance.

  • Growjons il y a 10 mois

    pour moi le "sot" dans cette histoire c'est le gerant drogué à la liquidité qui cherche par tous les moyens à justifier ces placements derrière des arguments macro bidons ou inexistantsdommage pour Montesquieu

  • isadol15 il y a 10 mois

    A croire que Carmignac appelle de ses voeux cette "chute gravitationnelle" en alimentant, voire amplifiant la peur ambiante ! Il est vrai que leurs fonds ne sont sortis du lot que les "mauvaises" années (2008, 2011)... En citant une autre "gravité", celle qui amène à penser que tout va mal, Montesquieu disait qu'elle est "le bouclier des sots".