Marchés : « Il est plus que jamais essentiel de sélectionner les entreprises » (Vega IM)

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Patrick Lanciaux, gérant de VEGA France Opportunités.
Patrick Lanciaux, gérant de VEGA France Opportunités.

Les marchés restent très volatils, enchaînant rebonds et rechutes séance après séance. C’est dans ce cadre que nous posons quelques questions à Patrick Lanciaux, gérant du fonds VEGA France Opportunités chez Vega IM.

Après la chute des marchés en début d'année, quelle stratégie de gestion adoptez-vous ? Privilégiez-vous la prudence pour éviter de nouveaux soubresauts boursiers, ou profitez-vous des niveaux actuels pour faire des achats à bon compte ?

Patrick Lanciaux : Les deux. Je garde bien sûr le cap de mon style de gestion "croissance" mais adopte, depuis le début de l'année, une approche particulièrement prudente.

En effet, il est plus que jamais essentiel de sélectionner les entreprises dont le business model est très solide et donc moins sujettes à l'extrême volatilité actuelle. Les valorisations très dégradées ces dernières semaines offrent sur ces valeurs de très bonne qualité des points d'entrée intéressants. Je continue à privilégier les secteurs sensibles à la reprise, même timide, de la croissance en zone euro, comme la construction (en investissant dans le groupe Suisse Geberit, numéro un européen des mécanismes sanitaires, en revenant sur l'ascensoriste Kone), les spiritueux (Rémy Cointreau, Pernod Ricard...), les parfums avec Givaudan, leader mondial des flagrances. Dans le secteur de l’énergie, j'apprécie particulièrement la filière logistique, via Vopak, le numéro un mondial du stockage des produits pétroliers et dans les réseaux de transport de gaz avec SNAM.

Mais je profite aussi des points bas pour me positionner sur des valeurs de qualité, comme avec l'introduction de la foncière Klépierre au sein du CAC40, deuxième acteur du marché qui a publié de bons résultats pour le 4e trimestre 2015. Surtout, j'ai depuis le début du mois de février, investi dans un secteur jusqu'ici absent du portefeuille (choix qui s'est avéré payant en 2015) : le pétrole. Total présente aujourd'hui une réelle opportunité du fait des analyses techniques sur le pétrole, des anticipations sur l’évolution de l’offre d’or noir et surtout du changement de direction de la parité euro/dollar.

Les valeurs du secteur bancaire ont défrayé la chronique en chutant en Bourse alors que les résultats restent solides, en tout cas pour les banques françaises. Que vous inspire ce secteur ?

P.L. : Historiquement et en cohérence avec mon style de gestion, je sous-pondère structurellement le secteur bancaire. Comme je vous le disais précédemment, j'ai préféré effectuer des arbitrages stratégiques dans l'autre secteur majeur des indices : le pétrole.

A côté de la sélection rigoureuse des valeurs, le stock picking, ces choix sectoriels participent aussi à la bonne résistance à la baisse de VEGA France Opportunités quand les marchés financiers dévissent. Au 22 février, depuis le début de l’année, il perd -7.71% (-7.20% pour le CAC 40) avec une moindre volatilité sur un an : 20,04% pour le fonds et 21,52% pour son indicateur de référence.

Y a-t-il quelques explications face à la correction généralisée des marchés, ou les variations boursières se sont-elles déconnectées des fondamentaux ?

P.L. : Depuis le début de l’année, l’aversion au risque des investisseurs ne cesse d’augmenter. Pendant les trois premières semaines de l'année, ils ont vendu leurs actions sans discrimination. Aujourd'hui, la situation redevient plus normale et les valeurs ayant publié des résultats égaux, voir supérieurs aux attentes, tirent à nouveau leur épingle du jeu, comme Bic et Ingenico qui ont annoncé des investissements pour 2016 ou encore Essilor et Dassault Systèmes à annoncer des prévisions de croissance de leurs résultats pour le moins prudentes. Cela offre des opportunités d'achat.

Selon vous, les marchés sont-ils entrés dans une tendance baissière vouée à se poursuivre cette année, ou s'agit-il encore seulement de craintes passagères ?

P.L. : VEGA France Opportunités n'est pas un fonds d'allocation mais un pur produit "actions" toujours investi aux alentours de 100% sur les marchés financiers. Ce que nous constatons aujourd'hui est le fait qu'en termes d'analyse technique, nous naviguons dans un canal baissier. S'il était cassé autour de 4.500 points, cela pourrait susciter un rebond du CAC40 autour de 4.600, 4 700 points. La prise de parole de Mario Draghi, Président de la BCE, le 10 mars prochain pourrait être un élément déterminant.

Propos recueillis par Xavier Bargue

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