Marchés : « Attention aux apparences aux États-Unis et en Chine »

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Les économistes de BNP Paribas IP affirment que les investisseurs font preuve d'un excès d'optimisme, notamment sur les perspectives économiques américaines.
Les économistes de BNP Paribas IP affirment que les investisseurs font preuve d'un excès d'optimisme, notamment sur les perspectives économiques américaines.

Après avoir suscité des craintes en début d’année, les indicateurs économiques américains et chinois ont retrouvé des couleurs depuis quelques mois. Mais pour BNP Paribas IP, ces deux économies présentent encore des fragilités qui pourraient limiter l’entrain des investisseurs.

« Au cours de la semaine écoulée, les deux premières économies mondiales, à savoir les États-Unis et la Chine, ont publié des indicateurs qui ont donné un bon aperçu de leur santé actuelle. Les marchés ont été agréablement surpris, mais, selon nous, les données n’ont pas été toutes positives » affirment Joost van Leenders et Colin Graham, économistes chez BNP Paribas Investment Partners, dans une note d’analyse diffusée vendredi 22 juillet.

Etats-Unis : les signes de fragilité persistent

Un mois après l’annonce du Brexit, les indices boursiers américains atteignent de nouveaux sommets historiques, de même que les indices européens ont effacé une bonne partie de l’impact négatif du vote britannique. Malgré ce parcours encourageant, les économistes de BNP Paribas IP affichent leur « prudence face à l’optimisme des marchés ».

« Il convient de rester sur ses gardes. L’économie mondiale et les bénéfices des entreprises [bien accueillis par le marché] ne sont pas solides. (…) Il est peu probable selon nous que les revenus ou la productivité aux États-Unis puissent augmenter à un rythme plus soutenu sans qu’il y ait de pressions sur les coûts salariaux ».

Plus globalement, « Les marchés américains ont bénéficié du recul des anticipations de hausse des taux dans un avenir proche » mais « la possibilité d’une hausse des taux de la Fed pourrait ressurgir », estiment les deux économistes. La quasi-totalité des sociétés de gestion et des sociétés de courtage ont en effet alerté au cours des dernières semaines sur le fait que les anticipations de hausse des taux directeurs de la Banque centrale américaine étaient devenues excessivement faibles depuis l’annonce du Brexit.

BNP Paribas IP mentionne également des fragilités du côté de la production industrielle américaine et ne se satisfait pas de la progression de la consommation des ménages américains, celle-ci étant devenue supérieure à la hausse des revenus disponibles, impliquant un tassement de la dynamique de consommation à l’avenir.

Les investisseurs semblent également avoir fait fi des effets négatifs du renforcement du dollar sur les bénéfices des sociétés exportatrices américaines. « Sur une base pondérée des échanges, le billet vert s’était déprécié entre janvier et mai, mais il s’est repris récemment », rappellent les deux économistes, la parité euro-dollar étant revenue sous les 1.10 USD pour 1 EUR.

Seul point positif, BNP Paribas IP ne s’inquiète pas du marché de l’immobilier américain. « Nous n’anticipons pas de retournement du marché du logement : les ventes de logements neufs et existants ont connu une solide progression, de même que leurs prix ».

Chine : l’épée de Damoclès de l’endettement

En-dehors des Etats-Unis, le dossier chinois laisse également les économistes de BNP Paribas IP sur leurs gardes. Au sein de l’Empire du Milieu, « Les chiffres publiés [au cours des deux dernières semaines] ont été satisfaisants, mais les détails ont révélé des faiblesses » affirment-ils.

« Les mesures massives de relance monétaire et budgétaire [adoptées en Chine depuis l’été 2015] n’ont conduit qu’à une stabilisation [de la croissance], ce qui est préoccupant selon nous, car cela accroît [par ailleurs] les déséquilibres déjà visibles de l’économie ».

En particulier, « L’envolée du crédit consécutive à l’assouplissement monétaire aggrave le surendettement. Un renforcement des dépenses budgétaires pourrait amplifier le surinvestissement et le problème d’allocation inefficace du capital », expliquent-ils.

Le comportement anormal du marché de l’immobilier chinois est surveillé avec une grande attention. Pour les deux économistes, « L’activité de construction immobilière et les ventes de logements ont donné des signes d’arrivée à un point haut, avec une flambée des prix dans les villes de taille importante ; il semble qu’une nouvelle bulle se soit formée ».

La société de gestion Amundi a récemment publié une note d’analyse détaillée au sujet du risque de bulle immobilière en Chine. Pour BNP Paribas IP, la fin de la récréation risque de sonner sans tarder : « Vu la faiblesse des indicateurs du marché de l’emploi, nous pensons que le soutien apporté par le marché immobilier [à l'économie chinoise] ne durera pas ».

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • guerber3 il y a 4 mois

    La consommation, partout, augmente avec la dette, donc la planche à billets est le moteur de la croissance: les faussaires-imprimeurs sont les maîtres du jeu et gagnent en spoliant les épargnants...la vie est belle...!!!

  • Growjons il y a 4 mois

    cet article ne nous apprend rien.les BC soutiendont obligatoirement les marches dans la mesure ou elles seront bientot les seuls actionnaires !!Au japon c'est deja le cas. pour ne pas que tout s'ecroule ca va imprimer sec, jusqu'au jour ou les monnaies PQ ne vaudont lus rien.

  • fran.iel il y a 4 mois

    Économistes voustromperz les investisseurs par intérêt...

  • M2286010 il y a 4 mois

    Xavier Bargue choisit toujours parfaitement ses articles, toujours intéressants. Quand à faites.c, seul l'avenir nous donnera la réponse, mais attention au vieil adage boursier: "les arbres ne montent pas jusqu'au ciel". L'éclatement d'une bulle immobilière en Chine et la prise de conscience du surendettement chinois risquent de faire exploser les indices. C'est à ce moment là qu'il faudra réinvestir ses liquidités...

  • faites_c il y a 4 mois

    "Mais pour BNP Paribas IP, ces deux économies présentent encore des fragilités qui pourraient limiter l’entrain des investisseurs." Les économies on peut-être des fragilités mais ce que l'on peut constater c'est que l'économie la plus robuste i.e. l'europe conduit à des pertes de plus de 10% sur ses indices alors que les indices américains et chinois sont eux à la hausse de plus de 10%. Entre des économies robustes à -10% et des économies fragiles à + 10% mon choix est rapide!