Les entreprises du CAC 40 sacrifient l'investissement

le
0

(NEWSManagers.com) - L'activité des entreprises souffre d'une langueur persistante. Dans un contexte économique peu porteur - 0,4 % de croissance du PIB en France, 0,9 % dans la zone euro et 2,6 % au niveau mondial -, le chiffre d'affaires publié des entreprises du CAC 40 ressort en baisse de 2 %, selon le neuvième Profil Financier du CAC présenté le 23 juin par Ricol Lasteyrie Corporate Finance. Si on prend en compte les variations de périmètre de l'indice et les changements de base de comparaison des sociétés, on constate une légère progression de 1%. A noter, ces effets de base sont significatifs en raison de l'importance des cessions l'an dernier et de changements de méthodes comptables : vente de SFR par Vivendi, de la branche énergie d' Alstom, impact en année pleine de la déconsolidation de Suez Environnement par Engie...

Quoi qu'il en soit, des chiffres plutôt décevants alors que le CAC 40 capte pourtant une partie de la croissance mondiale. Depuis 2006, la part hors Europe dans l'activité des entreprises a augmenté de 12 points et ressort désormais à près de 40 %. Les grandes entreprises démontrent ainsi leur capacité à capter une partie de la croissance mondiale. En ce sens, l'internationalisation des grands groupes a un effet bénéfique sur l'économie française puisque ces derniers doivent transmettre cette croissance aux PME et ETI françaises.

Mais le CAC 40 souffre de la faiblesse de l'activité française. Trente des 40 entreprises de l'indice publient la part de la France dans le chiffre d'affaires. Pour la première fois, la France est passée sous le seuil des 30 %, contre 35,3 % en 2009. Cette évolution reflète surtout la faiblesse de la croissance et de la consommation dans l'Hexagone puisque le chiffre d'affaires France est en baisse (en valeur absolue) pour 22 de ces 30 entreprises.

" L'internationalisation du CAC 40, telle qu'elle ressort des états financiers, est à double tranchant. La montée en puissance progressive des ventes réalisées hors Europe, soit près de 40 % du chiffre d'affaires global des entreprises du CAC 40, est une bonne chose. Elle montre l'adaptation de nos grands groupes à la concurrence internationale. C'est essentiel. En effet, cela leur permet de capter une partie de la croissance mondiale et de la transmettre telle une courroie de transmission aux PME et ETI locales françaises. En revanche, la réduction progressive de la part de la France dans le chiffre d'affaires du CAC 40 résulte non pas, pour l'essentiel, d'une croissance plus forte ailleurs mais bel et bien d'une réduction du chiffre d'affaires en valeur absolue. C'est la conséquence de la faible croissance locale et c'est inquiétant pour les choix d'investissement qui seront faits dans les prochaines années " , souligne Jean-Charles de Lasteyrie, directeur général de Ricol Lasteyrie Corporate Finance.

En attendant, l'investissement est toujours au point mort. En deux ans, l'investissement des entreprises du CAC 40 a même reculé de 10 % malgré un environnement a priori favorable : taux d'intérêt historiquement bas, bilans assainis, baisse du prix des matières premières. Le retard du redémarrage de l'investissement est un handicap sérieux pour la croissance de l'ensemble de l'économie. Les entreprises affichent pourtant un bilan solide et des marges de manoeuvre plus importantes. Les dépréciations d'actifs ont été divisées par presque deux par rapport à 2013, ce qui traduit aussi bien un relatif optimisme des entreprises qu'un assainissement de leurs bilans. L'endettement atteint un point bas depuis la création de l'étude. Les entreprises du CAC 40 ont par conséquent les moyens de saisir des opportunités si elles se présentent alors même que le montant total des dividendes distribués en 2015 au titre des bénéfices de 2014 ressort à 39 milliards d'euros, son niveau de l'année précédente.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant