Les CGP pensent que leurs clients sous-estiment les risques liés à la gestion indicielle

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(NEWSManagers.com) - A l'occasion du salon Patrimonia qui s'est déroulé à Lyon fin septembre, Natixis Global Asset Management a dévoilé une nouvelle étude (1) sur les conseillers en gestion de patrimoine (CGP). Les trois quarts des CGP français (68% dans le monde) pensent que les investisseurs auraient un faux sentiment de sécurité quant à leurs placements et pour 84% d'entre eux, les investisseurs ne sont pas tout à fait conscients des risques liés aux placements indiciels, selon cette enquête.

Les CGP sont convaincus que la gestion active surperforme la gestion indicielle à plusieurs égards : génération d'alpha, production de rendements ajustés du risque, meilleure exploitation des opportunités offertes par les fluctuations de marché à court terme ou encore plus grande diversification. Ils reconnaissent toutefois que les investissements indiciels ont un rôle à jouer dans la construction de portefeuilles diversifiés, mais ils craignent que leur utilisation soit motivée non par leur valeur ajoutée mais uniquement par leur faible coût.

L'enquête révèle également que deux tiers des actifs des portefeuilles des CGP français sont gérés de manière active et que 57 % de ces conseillers ont recours aux stratégies alternatives dans un souci de diversification et de réduction du risque plutôt que d'amélioration des performances. Nombre d'entre eux utilisent une combinaison diversifiée d'investissements non corrélés visant à protéger leurs portefeuilles et à stabiliser les rendements.

Pour 85% des CGP français (93% au niveau mondial), avoir une vision plus précise de la tolérance au risque de leurs clients est crucial. L'enquête montre que plus de 9 CGP sur 10 (97% en France) utilisent déjà des outils de planification financière basés sur des objectifs tangibles dans leurs conversations avec leurs clients. Cette approche accorde une plus grande importance à la compréhension des risques, aux objectifs financiers et aux valeurs personnelles des clients, des éléments majeurs à prendre en compte dans le cadre des décisions d'investissement et des attentes de rendement, estime Natixis Global AM.

Le vrai défi réside dans la capacité des CGP à gérer la réaction des investisseurs aux évènements de marchés et à la volatilité, assure l'étude. Selon les CGP, les investisseurs réclament une gamme plus large de services pour atteindre leurs objectifs financiers. A titre d'exemple, 63% des CGP français (55% dans le monde) expliquent que cette année leurs clients ont demandé davantage d'accompagnement pour faire face à la volatilité des marchés.Or, la protection des portefeuilles des clients contre les mouvementsde marchés et le risque d'un regain de volatilité est une tâche rendue très difficile dans l'environnement actuel. Pour 91% des CGP français, la volatilité est le premier obstacle à la croissance de leur activité, suivie par l'environnement de taux bas qui pèse sur les marchés depuis 2008.

Mais il semblerait, que ce ne sont pas tant les marchés et la volatilité en tant que tels qui inquiètent le plus les CGP, mais plutôt la manière dont les clients réagissent à cette volatilité. Interrogés sur les effets du Brexit, les CGP ont ainsi répondu qu'ils prévoyaient un impact plus fort sur les investisseurs que sur les marchés.Au-delà des réactions suite au Brexit, la gestion des clients et de leurs émotions constituent une préoccupation majeure pour les CGP.Pour 76 % des CGP français, un des facteurs clés de leur succès réside dans leur capacité à accompagner les clients au-delà des problématiques liées à l'allocation d'actifs et la performance des investissements.

L'enquête de Natixis vient par ailleurs confirmer l'intérêt des CGP pour le conseil automatisé, généralement considéré comme une opportunité à saisir.

Les conseillers en gestion de patrimoine pensent que les plateformes de conseil automatisées (les " robo-advisors" ) ou les nouvelles sociétés financières technologiques peuvent en partie combler le manque d'offre de conseil à destination des investisseurs plus jeunes ou aux revenus plus modestes. L'enquête montre que 52 % des CGP français pensent que la mise en place d'une plateforme de conseil automatisée proposant un accès direct aux clients pourrait être un moyen d'améliorer l'efficacité de leur activité.Ils sont 56 % à se dire convaincus que les sociétés équipées de ce type de plateforme automatisée auront un avantage concurrentiel sur les autres.

La vaste majorité des conseillers (82 %) sont confiants et pensent que les plateformes de conseil automatisées ne rendront pas obsolète leur modèle économique, qui est basé sur un conseil personnalisé. En effet, 84% des CGP français pensent que ces plateformes de conseil automatisées sont incapables de proposer l'allocation d'actifs tactique indispensable, en particulier dans un contexte de marchés baissiers ou volatils.

(1) enquête réalisée entre juillet et août 2016 par le britannique Core Data Research auprès de 2.550 conseillers financiers dans 15 pays d'Asie, d'Europe, des Amériques et du Moyen-Orient. 150 conseillers français ont pris part au sondage

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