Les actions américaines sont 20% trop chères selon Pictet AM

le , mis à jour à 14:15
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Pictet AM abandonne son optimisme sur les marchés actions à l'approche de l'été et de ses importantes échéances.
Pictet AM abandonne son optimisme sur les marchés actions à l'approche de l'été et de ses importantes échéances.

La société de gestion Pictet AM, qui faisait partie des plus optimistes sur les perspectives des marchés actions il y a quelques mois, prend un virage à 180 degrés et allège désormais ses positions sur les marchés émergents, restant également méfiante sur les actions américaines.

« Nous abaissons de "surpondérée" à "neutre" notre exposition aux actions mondiales » affirme Pictet AM dans sa dernière note de gestion diffusée jeudi 9 juin.

Emergents : l’attrait se réduit de nouveau

La déclaration a de quoi surprendre lorsque l’on sait que Pictet AM s’affichait comme l’une des sociétés de gestion les plus optimistes de la place de Paris il y a seulement quelques mois. Frédéric Rollin, stratégiste chez Pictet AM, avait notamment justifié en mars 2016 l’intérêt de revenir vers les marchés émergents.

Virage à 180 degrés : « Nous réduisons l'exposition aux actions émergentes à neutre » affirme désormais la société de gestion.

Pictet AM note qu’« En Chine, l'activité économique demeure modérée après un premier trimestre robuste. La croissance du crédit a ralenti en avril, les autorités cherchant à éviter une bulle après l’expansion record des activités de prêts, alors que la consommation et la production industrielle progressaient à un rythme moins soutenu ».

Europe : l’espoir d’une vraie reprise s’essouffle

Plus globalement, les raisons de la prudence de la société de gestion sont « L’éventualité d’une hausse des taux américains cet été, le ralentissement conjoncturel en Chine et (…) les incertitudes concernant le Brexit [qui] pourraient s’amplifier ».

Le Vieux Continent n’est pas seulement bousculé par le scénario d’un hypothétique Brexit : « Solide, l'Allemagne a doublé son taux de croissance au premier trimestre (…) mais les perspectives pour le reste du bloc euro sont plus incertaines: la demande extérieure devrait rester morose et les enquêtes menées auprès des consommateurs et des entreprises suggèrent un possible ralentissement des dépenses des ménages et de l’activité industrielle ».

Les actions européennes restent néanmoins préférées par la société de gestion face aux actions américaines pour d’éternelles raisons de politiques monétaires (BCE ultra-accommodante) mais également de perspectives d’évolution des bénéfices, qui plafonnent aux Etats-Unis.

Etats-Unis : les actions seraient 20% trop chères

« Les marges des entreprises américaines ont en effet atteint des niveaux record et vont subir désormais la pression des hausses de salaire et le resserrement probable des conditions financières » affirme la société de gestion.

Pour cette dernière, les investisseurs américains font preuve d’un excès d’optimisme : « Les actions américaines sont chères par rapport à leurs homologues tant développées qu'émergentes, avec un ratio cours/bénéfices à 12 mois de 17x, soit de 20% supérieur à la valeur d'équilibre suggérée par notre modèle. »

Au sujet de l’économie américaine, Pictet AM entrevoit un rayon de soleil du fait qu’en avril « les ventes de logements neufs [ont] enregistré leur plus forte hausse mensuelle depuis 1992 », avec tout ce que cela implique sur la consommation des ménages. Mais « Nos indicateurs du cycle conjoncturel reflètent un ralentissement de la croissance américaine, dû à l’impact de la hausse du dollar sur les exportations », mentionne la société de gestion.

Marchés : attention aux mois d’été

Dans ce cadre, « L'or, actif défensif généralement performant dans les périodes de volatilité, est relevé de neutre à surpondéré et les obligations restent sous-pondérées ». Pictet AM s’attend donc à un retour de la volatilité sur les marchés actions cet été, après l’accalmie observée au cours des trois derniers mois.

« Les facteurs saisonniers incitent eux aussi à la prudence face aux actions (…) : les actifs risqués sont rarement performants durant les mois d'été », termine la société de gestion.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • d.jousse il y a 7 mois

    @dcabon : je ne donne que ma vue des choses. maintenant vous faites ce que vous voulez. Mais je préfère rater un train, que de me prendre le bouillon. Pour info, Je ne joue pas la baisse, donc mon avis n'est que prudence.

  • M140210 il y a 7 mois

    On va bientôt pouvoir acheter des put...

  • dcabon il y a 7 mois

    @d.jousse et autres "pronostiqueurs" et "spécialistes", aurez-vous l'honnêteté de revenir sur le forum pour dire "je me suis planté", si bien sûr c'est le cas ! Parce que je ne doute pas un instant que si vos prévisions se réalisent, on entendra parler de vous. Dans le cas contraire ? Un marché est par définition fait d'acteurs qui prennent des décisions opposées au même moment. Mais bizarrement un forum ne reflète pas cet équilibre !

  • d.jousse il y a 7 mois

    je suis d'accord. Je table sur un CAC entre 3500 et 3750 avant la fin de l'année.

  • rodan3 il y a 8 mois

    et tant pis pour les suiveurs .... "les conseilleurs ne sont ........." Jean de Lafontaine....

  • olef31 il y a 8 mois

    Alors si l'on comprend bien.... si les actions américaines sont 20% trop chères, le cac 40 comme les small caps vont perdre plus de 40%..... le grand classique.