"Le test de Genomic Vision sur le cancer du col de l'utérus est un blockbuster potentiel"

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Aaron Bensimon, dirigeant fondateur de Genomic Vision lors de la journée R&D de la biotech. (crédit : Laurent Grassin)
Aaron Bensimon, dirigeant fondateur de Genomic Vision lors de la journée R&D de la biotech. (crédit : Laurent Grassin)

Le titre Genomic Vision décolle de plus de 30% aujourd’hui alors que le spécialiste du peignage moléculaire vient d’annoncer des résultats intermédiaires encourageants concernant son test de détection du cancer du col de l’utérus.

Lancée en juillet 2016 et menée en république tchèque, l’étude EXPL-HPV-002 a pour «objectif primaire d’évaluer l’intégration du virus HPV (Papillomavirus humain) comme biomarqueur diagnostique des lésions précancéreuses à haut risque, nécessitant une prise en charge adaptée».

Le cancer du col de l’utérus est le troisième cancer le plus commun chez la femme et cause 275.000 morts par an à travers le monde.

L’occasion de faire le point avec le dirigeant fondateur de Genomic Vision, Aaron Bensimon, rencontré à l’occasion de la journée R&D que la biotech tenait aujourd'hui à l'institut de recherche Imagine à Paris.

Boursorama : On voit que le marché a réagi avec enthousiasme aux résultats intermédiaires de votre étude préliminaire après le dévoilement de résultats intermédiaires concernant votre test de dépistage du cancer du col de l’utérus. A-t-il raison ?
Aaron Bensimon : Malgré ma réserve habituelle de scientifique, je suis très enthousiaste. Ce n’est qu’un résultat intermédiaire / préliminaire mais il est très encourageant et on tient là un potentiel blockbuster. Avec le test HPV, Genomic Vision change de paradigme. C’est une première mondiale, notre technologie permet pour la première fois de quantifier, de caractériser et de visualiser la quantité de virus, le papillomavirus dans l’ADN. Mais nous allons prendre notre temps et trouver un partenaire pour poursuivre le développement de ce test. Nous avons déjà des contacts très intéressants.

Boursorama : L’autre gros relais de croissance pour Genomic Vision, c’est le test BRCA pour la mise en évidence du cancer du sein et des ovaires. Or dans ce domaine, les choses ont pris du retard, où en êtes-vous aujourd’hui ?
Aaron Bensimon : Vous savez, ce test a été développé avant l’entrée en Bourse de Genomic Vision en 2012 2013, en collaboration avec notre partenaire américain Quest Diagnostics. Quand l’actrice Angelina Jolie a annoncé qu’elle allait subir une double mastectomie pour éliminer tout risque de cancer alors qu’elle souffrait d’une prédisposition génétique à cause du gène défectueux BRCA1, la donne a changé avec une perception désormais beaucoup plus large de ce risque. Nous avons dû repenser notre test qui est passé d’une prédisposition à BRCA1 et BRCA2 à un panel de 36 gènes dont tous ne sont pas détectables par peignage moléculaire. Nous sommes en train d’analyser avec notre partenaire américain l’étude clinique lancée sur BRCA1 et BRCA2 et nous publierons les données dès que possible… 

Boursorama: Il y a une grosse attente des investisseurs alors que le marché est beaucoup plus important que pour vos précédents tests. Êtes-vous en mesure de fournir une date ?
Aaron Bensimon : Il faut que les investisseurs comprennent bien notre modèle : Genomic Vision, ce n’est pas que le test BRCA, c’est n’est pas "un go / no go" pour nous , nous ne nous résumons pas à un agenda de mise sur le marché de tests. Genomic Vision, c’est une plateforme technologique propriétaire qui peut être utilisée pour développer de nombreux tests et il y a un potentiel énorme sur les maladies génétiques, dans les cancers, dans la génomique du cancer, pour ce qui est détection des variations structurales de l’ADN qui sont indétectables par le séquençage et les technologies existantes. En tant que dirigeant, je vois notre avance technologique et je sais qu’au-delà des centres de recherche, elle est aussi susceptible de séduire des grands noms de l’industrie pharmaceutique. C’est d’ailleurs déjà le cas puisque notre partenaire Quest va mettre nos tests à disposition de Quintiles, l’un des plus gros centres de recherche clinique (CRO) aux Etats-Unis. Bref, vous l’aurez compris, notre test BRCA qui a pu sembler, pendant longtemps comme le flagship de Genomic Vision, compte désormais parmi d’autres tests que nous développons au potentiel tout aussi créateur de valeur. Nos relais de croissance sont multiples, tant par les pathologies à couvrir que par les catégories de partenaires potentiels. 

Boursorama : De quelle autonomie financière disposez-vous aujourd’hui pour mener à bien vos différents projets ?
Aaron Bensimon : Nous avons encore 4 millions d’euros en trésorerie et une ligne d’ocabsa de 10 millions d’euros. Nous avons donc une visibilité financière sur les 12-18 prochains mois. De plus, nous avons pris en interne des mesures pour réduire la consommation de cash dont on devrait commencer à voir  les effets à la fin de cette année.

Boursorama : Quels sont les prochains rendez-vous que vous fixez aux investisseurs ?
Aaron Bensimon : Tout d’abord, nous avons pour ambition de doubler notre chiffre d’affaires sur l’année. De plus, nous devrions publier plusieurs données cliniques sur l’avancée de nos tests, notamment celui sur le cancer colorectal (HNPCC) sur lequel nous avons l’intention d’aller vite et de mettre quelque chose sur le marché rapidement.

Propos recueillis par Laurent Grassin (redaction@boursorama.fr)


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  • gacher il y a 7 mois

    entre le vaccin qui est plus nocif que efficace et qui créé plus de dégâts que de soins potentiels, et le test qui est à valider, si il est basé sur la même base que le vaccin, il ne représente qu'un faible pourcentage de cas, et ne servira à rien. les cancers sont loin d'être évidents. Une allergie peut en être une source, le génome est loin d'être suffisant.