Le Label Novethic attribué cette année à 118 fonds ISR de conviction

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(NEWSManagers.com) -

Une période un peu délicate pour Novethic. En attendant l'issue des groupes de travail gouvernementaux sur le projet de label ISR public annoncé en 2012, Novethic a publié le 12 septembre la liste des 118 fonds labellisés cette année par son centre de recherche. Une progression de 7% d'une année sur l'autre alors que les qualités ISR des fonds retenus sont de plus en plus solides.

Le Label Novethic a en effet accru ses exigences ces deux dernières années et les sociétés de gestion labellisées ont su améliorer leurs pratiques. L'analyse porte non seulement sur les pratiques ESG des entreprises mais également sur l'impact de leurs activités et tendent aujourd'hui à privilégier les secteurs les moins risqués et les plus favorables au développement durable. Un tiers des fonds ISR disponibles sur le marché français est désormais labellisé par son centre de recherche.

Novethic souligne que plus d'un quart des sociétés de gestion labellisées ISR (27%) opèrent hors de France contre seulement 18% en 2013. L'édition 2014 du Label ISR de Novethic compte notamment trois nouveaux candidats basés en Suisse, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni.

Seule exception notable, les fonds allemands dont on ne compte aucun représentant pour la bonne raison qu'un label est en gestion outre-Rhin. Le projet de labellisation initié par le Forum allemand pour l'investissement responsable (FNG) avance lentement. Novethic précise avoir été candidat à l'appel d'offres lancé par le FNG pour mettre en place ce label et fait partie des finalistes pour ce projet qui devrait en principe être sur les rails en 2015.

Selon Novethic, de plus en plus de fonds ISR mettent en place une analyse d'impact spécifique aux produits et services des entreprises. Cette année, 8 fonds utilisent une double matrice ESG et thématique. Autrement dit, ils regardent en priorité les impacts environnementaux et sociaux du secteur d'activité avant d'analyser la performance ESG de l'entreprise.

Par ailleurs, 30 fonds, soit 27% des fonds labellisés, ont abandonné l'approche " Best-in-class" pour adopter un mode de sélection plus universel, alors qu'ils ne représentaient que 4% des fonds labellisés en 2011. Ce processus de sélection, aussi appelé " best-in-universe" , implique d'écarter les secteurs d'activités les plus risqués et de privilégier les secteurs les plus prometteurs.

Concrètement, l'analyse des 30 fonds fait ressortir qu'aujourd'hui, les risques que présentent les secteurs financiers et extractifs sont considérés particulièrement problématiques, ce qui conduit leurs gérants à sous-pondérer ou même à complétement écarter les entreprises de ces secteurs de leurs fonds ISR.

La qualité des fonds labellisés s'améliore également par le biais d'une prise en compte plus pertinente des controverses qui peuvent impacter la qualité ESG des titres en portefeuille. Autrement dit, les gérants ISR ne se contentent plus de l'évolution des notations d'agences spécialisées au gré des revues périodiques. Ils se sont équipés pour réagir rapidement, comme ils le font pour suivre l'actualité financière des entreprises.

Illustration emblématique de cette évolution, l'amende de près de 9 milliards de dollars infligée en juin dernier à BNP Paribas par les autorités judiciaires américaines pour avoir violé les embargos économiques américains contre le Soudan, l'Iran et Cuba. Avant l'été 2014, BNP Paribas était présente dans plus de 70% des fonds ISR labellisés pour la qualité de sa politique RSE et une réputation préservée par rapport à d'autres banques depuis le début de la crise financière.

Parmi les gérants de ces fonds labellisés, 80% ont rapidement réagi à la controverse. Pour un quart d'entre eux, la controverse affectant cette valeur a été considérée suffisamment grave pour vendre l'ensemble des titres de BNP paribas présents dans leurs fonds ISR. Parmi les autres sociétés de gestion, les réactions ont été plus nuancées : mise sous surveillance, gel ou réduction des investissements, prise de contact avec l'entreprise et engagement en vue d'obtenir des garanties d'actions correctives, ou encore baisse de la note ISR de BNP Paribas.

Toutes ces évolutions ne devraient toutefois pas occulter un déficit fondamental de la sphère ISR, l'absence d'indicateurs de mesure de la performance ESG standardisés qui permettent de comparer les fonds entre eux." Nous sommes à la recherche d'indicateurs d'impact qui nous permettraient par exemple d'apprécier l'influence de nos stratégies sur la création d'emplois" , a souligné Eric Loiselet, administrateur à l'ERAFP qui estime aussi que l'on devrait mesurer l'empreinte carbone. " L'harmonisation et la vérification systématique de l'impact des fonds ISR est incontestablement la clé de légitimité de l'ISR auprès des investisseurs" , estime Novethic. Les acteurs en sont bien conscients puisque tous les travaux de place autour du projet de label ISR promu par les pouvoirs publics font des mesures d'impact de l'ISR une condition sine qua non des dispositifs crédibles de labellisation...

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