Le chef des taliban afghans "probablement" tué par une frappe US

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    * Plusieurs drones ont visé le mollah Mansour 
    * Plusieurs responsables américains évoquent une mort 
probable 
    * Démenti d'un proche de Mansour 
 
    par Phil Stewart et Idrees Ali 
    WASHINGTON, 22 mai (Reuters) - Les Etats-Unis ont mené 
samedi une frappe aérienne contre le mollah Akhtar Mansour, chef 
des taliban afghans qui a en toute probabilité été tué dans 
l'opération validée par Barack Obama, dans un secteur isolé du 
Pakistan proche de la frontière afghane, ont annoncé des 
responsables américains. 
    La mission, qui a mobilisé plusieurs drones, est le signe de 
la volonté affichée de Barack Obama de poursuivre la direction 
du mouvement insurgé jusqu'au Pakistan, alors que les taliban 
n'ont jamais contrôlé ou contesté autant de territoires à Kaboul 
depuis qu'ils ont été chassés du pouvoir par une intervention 
américaine en 2001. 
    Le porte-parole du Pentagone Peter Cook a confirmé qu'une 
frappe aérienne visant Mansour avait été menée à la frontière 
entre le Pakistan et l'Afghanistan mais il n'a pas souhaité 
spéculer sur le sort du chef des taliban afghans.  
    "Nous sommes toujours en train d'évaluer les résultats de 
cette frappe et nous livrerons d'autres informations 
lorsqu'elles seront disponibles", a dit Cook.  
    Plusieurs responsables américains requérant l'anonymat ont 
dit à Reuters que le mollah Mansour avait sans doute été tué.    
    Un commandant taliban proche de Mansour en contact avec 
Reuters et souhaitant rester anonyme, a démenti sa mort. 
    "Nous avons eu vent de ces informations infondées mais ce 
n'est pas la première fois", a-t-il dit. "Je voulais simplement 
partager avec vous ma propre information, selon laquelle le 
mollah Akhtar Mansour n'a pas été tué." 
    En décembre, Mansour avait déjà été donné pour mort dans une 
fusillade au domicile d'un autre leader taliban près de Quetta, 
au Pakistan. 
     
    "UN OBSTACLE À LA PAIX ET À LA RÉCONCILIATION" 
    Plusieurs drones ont visé le mollah Mansour et un autre 
combattant taliban qui circulaient à bord d'une voiture dans une 
zone isolée du sud-ouest du Pakistan, à proximité de la ville 
d'Ahmad Wal, a précisé un responsable américain. 
    Les forces spéciales américaines ont piloté les drones dans 
le cadre d'une mission mandatée par Barack Obama, survenue vers 
10h00 GMT, a-t-il ajouté, soit 15h00 au Pakistan. 
    Peter Cook a qualifié Mansour d'"obstacle à la paix et à la 
réconciliation entre le gouvernement de l'Afghanistan et les 
taliban" et a dit qu'il était impliqué dans des attaques 
menaçant les forces américaines, afghanes et alliées. 
    Si elle était confirmée, la mort du mollah Akhtar Mansour 
pourrait diviser les taliban encore davantage, ce qui les 
rendrait peu susceptibles de s'engager dans un processus de paix 
encore très hypothétique. 
    "Les taliban ne vont pas docilement accepter des 
discussions, et encore moins au moment où cette frappe menace de 
fragmenter encore l'organisation", explique Michael Kugelman, 
spécialiste de l'Asie au sein du Woodrow Wilson Center. 
    La cible la plus importante pour les Etats-Unis reste la 
direction du réseau Haqqani, allié des taliban, juge-t-il 
cependant. 
    Mansour n'a pas réussi à rallier les factions rivales aux 
taliban depuis qu'il a été désigné chef suprême des taliban 
afghans en juillet de l'année dernière, après la confirmation de 
la mort du mollah Omar, dont il était l'adjoint.     
    Bruce Riedel, expert de l'Afghanistan au sein du groupe 
d'études Brookings Institution, a mis en garde contre des 
retombées sur les relations avec Islamabad.  
    Les dirigeants taliban sont soupçonnés de longue date de 
trouver refuge dans le pays. 
    Un responsable du département d'Etat américain a déclaré que 
le Pakistan, aussi bien que l'Afghanistan, avaient été informés 
de l'opération, sans toutefois préciser s'ils l'avaient été par 
avance. 
    "L'opportunité de mener cette opération pour éliminer la 
menace que représente Mansour était claire, et nous avons agi en 
conséquence", a-t-il expliqué. 
 
 (Henri-Pierre André et Julie Carriat pour le service français, 
édité par Jean-Stéphane Brosse) 
 
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