La sidérurgie mondiale a accumulé une dette record de $150 mds

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    par Barbara Lewis 
    LONDRES, 18 août (Reuters) - La dette des 30 premiers 
sidérurgistes mondiaux atteint le montant record de 150 
milliards de dollars (133 milliards d'euros), selon le cabinet 
comptable EY, qui ajoute que les mesures publiques de soutien ne 
seront efficaces que si elles s'accompagnent d'une 
restructuration radicale du secteur. 
    Cette dette est cependant largement dépassée par celle des 
aciéries chinoises, estimée à 500 milliards de dollars. 
    Dans son rapport publié jeudi, EY observe que les 
sidérurgistes financent par l'endettement la lutte en cours pour 
les parts de marché, au point que certains sont au bord de la 
faillite, et il constate que la sidérurgie chinoise a accru ses 
capacités de production d'environ un milliard de tonnes depuis 
2000, portant ainsi les surcapacités mondiales à quelque 700 
millions de tonnes. 
    Ces surcapacités chroniques et la déprime des prix suscitent 
déjà des initiatives telles que les discussions en vue d'une 
fusion éventuelle engagées entre l'allemand Thyssenkrupp 
 TKAG.DE  et l'indien Tata Steel  TISC.NS .   
    Thyssenkrupp, le 16ème sidérurgiste mondial par le tonnage, 
a également annoncé la cession de ses actifs immobiliers. Fin 
juin, son "gearing" (ratio dette/fonds propres) était de 175% 
contre 124% un an auparavant, avec une dette de 4,77 milliards 
d'euros contre 4,39 milliards un an plus tôt.  
    Le groupe allemand veut ramener son "gearing" à moins de 
150% d'ici fin septembre, la clôture de son exercice annuel. 
     
    LA CHINE EST LOIN DE TENIR SES PROMESSES 
    ArcelorMittal  ISPA.AS , le numéro un mondial du secteur, 
s'est quant à lui employé à régler la question par le biais 
d'une augmentation de capital de trois milliards de dollars (2,7 
milliards d'euros) au printemps.   
    Il a aussi vendu en avril une participation dans l'espagnol 
Gestamp pour un milliard de dollars, ramenant ainsi sa dette 
nette à 12,7 milliards de dollars fin juin contre 17,3 milliards 
fin mars. Et il anticipe un cash-flow positif cette année. 
     La Chine, elle, s'est engagée à réduire ses capacités 
d'acier de 45 millions de tonnes cette année mais elle n'avait 
accompli fin juillet que 47% de cet objectif. 
    L'Europe et les Etats-Unis, qui reprochent à la Chine de 
vendre à perte son acier excédentaire, lui ont imposé des 
pénalités, suscitant ses protestations.   
    Des responsables de la sidérurgie européenne estiment que 
les sidérurgistes chinois devraient assumer l'essentiel de la 
restructuration, au vu de l'énormité de leur dette, mais ils n'y 
croient guère et il faudra faire feu de tout bois pour assurer 
la survie du secteur. 
    "Les cinq à dix années à venir seront difficiles. Ce devrait 
être surtout le cas en Chine mais en fait, ce sera surtout ici, 
à moins que nous disposions de mesures commerciales efficaces", 
dit Laurent Ruessmann, un avocat basé à Bruxelles, spécialiste 
du droit commercial, associé du cabinet Fieldfisher et qui 
représente des sidérurgistes. 
     
 
 (avec Robert-Jan Bartunek à Bruxelles, Georgina Prodhan et Tom 
Kaeckenhoff à Francfort; Wilfrid Exbrayat pour le service 
français, édité par Marc Angrand) 
 

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