La lenteur des réformes est un frein à la croissance selon Mario Draghi

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Le président de la BCE, dans son discours du 3 juin, a clairement appelé les Etats européens à se réformer pour que la croissance et l'emploi reviennent en zone euro.
Le président de la BCE, dans son discours du 3 juin, a clairement appelé les Etats européens à se réformer pour que la croissance et l'emploi reviennent en zone euro.

La Banque Centrale Européenne (BCE) a publié dans un communiqué le discours de Mario Draghi tenu mercredi 3 juin en milieu de journée. Le président de la BCE a notamment présenté ses prévisions d’inflation, de croissance et de déficits publics pour l’ensemble de la zone euro.

Pour Mario Draghi, l’Europe est sur la bonne voie mais d’importants efforts restent à faire. Premier sujet abordé, le plan de relance de la BCE porterait progressivement ses fruits d’après son initiateur.

« En ce qui concerne les mesures de politique monétaire non conventionnelles, les programmes d’achats d’actifs se déroulent de manière satisfaisante. Comme nous l’avons expliqué à diverses reprises, nos achats d’actifs, à hauteur de 60 Milliards d’euros par mois, devraient être effectués jusque fin septembre 2016 et, en tout cas, jusqu’à ce que nous observions un ajustement durable de l’évolution de l’inflation conforme à notre objectif […] proche de 2% à moyen terme ».

L’Europe sur la bonne voie

Mario Draghi a affiché son optimisme sur la conjoncture européenne. « Au premier trimestre 2015, le PIB en volume de la zone euro a augmenté de 0,4% en glissement trimestriel, contre 0,3% au dernier trimestre 2014. Au cours des derniers trimestres, la demande intérieure, et la consommation privée en particulier, ont été les principaux moteurs de la reprise en cours ». Le président de la BCE s’attend à une « poursuite de la croissance modérée au deuxième trimestre ».

« Dans la période à venir, nous nous attendons à ce que la reprise économique s’appuie sur une base plus large. La demande intérieure devrait être encore confortée par nos mesures de politique monétaire et leur incidence favorable sur les conditions de financement […]. De plus, le bas niveau des cours du pétrole devrait continuer de soutenir le revenu réel disponible des ménages et la rentabilité des entreprises et, donc, la consommation privée et l’investissement. ».

« Toutefois, la croissance économique dans la zone euro [risque d’être] encore freinée par la lenteur dans la mise en œuvre des réformes structurelles », relevait Mario Draghi.

Croissance et inflation

Le président de la BCE a également évoqué les « projections macroéconomiques de juin 2015 établies par les services de l’Eurosystème pour la zone euro, qui tablent sur une hausse du PIB annuel en volume de 1,5% en 2015, de 1,9% en 2016 et de 2,0% en 2017 ». Ces prévisions demeurent très proches de celles de mars dernier.

« Sur la base des informations disponibles et des contrats à terme sur les cours du pétrole, [l’inflation] devrait rester faible au cours des prochains mois et augmenter vers la fin de l’année […]. Les taux d’inflation devraient encore s’accélérer en 2016 et 2017 », a poursuivi Mario Draghi. On notera rétrospectivement que ces propos ont engendré des mouvements erratiques jeudi sur les taux souverains européens. Pour rappel, l’inflation en zone euro est ressortie à 0,3% en rythme annualisé en mai 2015, après 0% en avril et -0,6% en janvier.

« Nous tenons également compte du fait que le degré d’incertitude entourant les projections tend à s’accroître avec l’allongement de l’horizon », relativisait le président de la BCE.

Le crédit repart lentement

Du côté du crédit, celui-ci reste au point mort pour les entreprises européennes, mais repart progressivement pour les ménages.

« La dynamique des prêts a poursuivi son amélioration. Le rythme annuel de variation des prêts aux sociétés non financières (en données corrigées des cessions de prêts et de la titrisation) s’est établi à -0,1% en avril2015, après -0,2% en mars, prolongeant son redressement progressif après le point bas de -3,2% atteint en février 2014 ».

« Le taux de croissance annuel des prêts aux ménages (corrigé des cessions de prêts et de la titrisation) a confirmé son rebond, à 1,3% en avril 2015, après 1,1% en mars. Les mesures de politique monétaire que nous avons mises en œuvre favoriseront une nouvelle amélioration des coûts d’emprunt pour les entreprises et les ménages ainsi que des flux de crédits dans la zone euro ».

Efforts structurels et déficits budgétaires

Surtout, Mario Draghi a terminé son discours avec un appel auprès de certains Etats de la zone euro pour que ceux-ci réalisent les réformes nécessaires pour redynamiser leur marché du travail ainsi que leur croissance. La France semble faire partie des pays visés.

« Pour accroître l’investissement, stimuler la création d’emplois et augmenter la productivité, il est nécessaire dans plusieurs pays d’accélérer tant la mise en œuvre des réformes sur le marché [du] travail que les mesures en vue d’améliorer l’environnement économique des entreprises », estime le président de la BCE.

« En ce qui concerne les évolutions budgétaires, le ratio de déficit agrégé des administrations publiques dans la zone euro devrait se réduire progressivement, de 2,1% du PIB cette année à 1,5% en 2017, essentiellement grâce à la reprise conjoncturelle et au faible niveau des taux d’intérêt. Et le ratio de dette publique devrait lui aussi se contracter graduellement et revenir de 91,5% du PIB cette année à 88,4% en 2017 ».

X. Bargue

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  • abacchia le vendredi 5 juin 2015 à 07:43

    Et pourtant, nos costards au gouvernement claironnent sur tous les toits les réformes qui ont été faites depuis 2012 ! A part le matraquage fiscal pour celles et ceux qui travaillent (y compris les etses), et le mariage pour tous, je ne vois aucune réforme, encore moins structurelle, et ce qui me rassurer, c'est que la BCE ne les voit pas plus que moi !!

  • b.renie le vendredi 5 juin 2015 à 06:29

    Euphémisme! car les réformes ne sont pas commencées du moins en France

  • domsko le jeudi 4 juin 2015 à 21:34

    Endettez vous plus vite brave gens et vous serez soumis encore plus vite.

  • guerber3 le jeudi 4 juin 2015 à 19:37

    Il ne sait pas ce que c' est de risquer son avenir devant des électeurs, alors il cause sans savoir...!