La grève des éboueurs se durcit à Marseille

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MARSEILLE, 25 janvier (Reuters) - La grève des éboueurs s'est durcie dimanche à Marseille (Bouches-du-Rhône) qui croule sous l'amoncellement des détritus, une situation aggravée par le fort mistral qui balaie les rues. La situation s'est envenimée avec le blocage par les grévistes des deux centres de transferts au nord et au sud de Marseille, un passage obligé pour évacuer l'ensemble des ordures de la ville vers l'incinérateur de Fos-sur-Mer. On estime qu'environ 700 tonnes d'ordures sont déversées chaque jour dans les poubelles de la deuxième ville de France. Marseille Provence Métropole (MPM), la communauté urbaine chargée de la propreté, a condamné dimanche ce blocage par des grévistes qui ont déversé "des tonnes de déchets sur la chaussée en empêchant les opérations de déblaiement". "MPM en appelle une nouvelle fois à la responsabilité des agents et des représentants syndicaux, et indique que les discussions avec les partenaires sociaux pourront reprendre lorsque les centres de transfert auront été libérés de toute entrave à leur fonctionnement", ajoute la collectivité dans un communiqué. Le syndicat majoritaire a promis pour sa part un durcissement du mouvement qui s'étendra lundi à l'ensemble de la maîtrise et devrait "s'inscrire dans la durée". Les grévistes réclament l'embauche d'une dizaine d'agents et une meilleure utilisation des systèmes de localisation installés sur les bennes à ordures, dont la direction se servirait, selon eux, pour "traquer" les salariés durant leur temps de pause. La communauté urbaine présidée par l'UMP Guy Teissier a réorganisé en juillet le ramassage des ordures à Marseille, abrogeant le système du "fini-parti" qui permettait aux agents de terminer leur service une fois leur travail achevé. En 2010, le préfet des Bouches-du-Rhône avait été contraint de réquisitionner l'armée pour enlever les milliers de tonnes de détritus amoncellés après une quinzaine de jours de grève des éboueurs, qui s'opposaient à l'époque à la réforme des retraites. (Jean-François Rosnoblet, édité par Chine Labbé)

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