« La France n'a aucune raison de ne pas aller bien » (Carlton Sélection)

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L'économie françaises est souvent jugée ''décevante''. La faute à un manque de réformes alors même que le pays et la zone euro ont aussi des atouts, rappelle Daniel Gerino.
L'économie françaises est souvent jugée ''décevante''. La faute à un manque de réformes alors même que le pays et la zone euro ont aussi des atouts, rappelle Daniel Gerino.

Pour Daniel Gerino, président et directeur de la gestion chez Carlton Sélection, la France fait partie des pays européens qui peinent à redémarrer. Un problème lié à l’éternel blocage des réformes explique-t-il, alors que le pays et toute l’Europe pourraient davantage bénéficier de certains atouts.

« L’économie européenne n’est pas florissante mais elle va mieux. Il y a d’un côté des pays qui s’en sortent bien comme l’Espagne, la Suède, le Royaume-Uni ou  la Slovaquie. De l’autre, des pays en difficulté comme la Finlande ou la France. La France n’a pourtant aucune raison de ne pas aller bien. Elle est malade d’elle-même et de son absence de réformes d’envergure », affirme Daniel Gerino dans une note parue lundi 9 novembre.

Le voisin allemand est sujet à d’autres problématiques

L’insatisfaction chronique des Français vis-à-vis de l’économie nationale est souvent liée à un sentiment d’envie vis-à-vis de l’économie allemande qui paraît globalement plus dynamique et plus efficace. L’Allemagne est pourtant pénalisée par la conjoncture des grands émergents.

« Davantage tributaire par ses exportations de la demande mondiale (ralentissement chinois, embargo russe), l’économie allemande entre actuellement dans une phase de croissance plus faible au moment où l’instauration de mesures sociales comme la création d’un Smic pèse sur la productivité du pays », explique Daniel Gerino.

L’abaissement des perspectives de croissance allemandes étaient confirmées lundi par les nouvelles perspectives de croissance publiées par l’OCDE. L’institution a abaissé ses perspectives de croissance mondiale, et s’attend à une croissance allemande inférieure à celle attendue par la Commission européenne cette année.

Pour l’OCDE, la croissance française devrait finalement être assez proche de la croissance allemande cette année (1,1% contre 1,5%).

Risque pour l’Europe : la remontée de l’euro face au dollar

À plus grande échelle, Daniel Gerino estime que le principal risque pour la zone euro est une remontée de l’euro face au dollar dans les prochains mois, et ce malgré une éventuelle accélération de la relance monétaire de la part de la BCE, sensée influer dans le sens contraire sur la parité.

« Globalement, la zone euro a profité au cours des derniers mois de la bonne tenue des exportations favorisées par un euro faible. Nous pouvons [désormais] craindre une appréciation de la devise européenne et une baisse en parallèle du dollar. La chance des Européens réside toutefois dans la bonne santé du Royaume-Uni et des Etats-Unis qui sont les premiers partenaires commerciaux de la zone euro. Notre balance commerciale demeure largement excédentaire et la bonne tenue des exportations vers ces pays reste un facteur déterminant de la reprise en cours ».

Le directeur de la gestion de Carlton Sélection détaille : « La Fed a fait part récemment de sa préoccupation concernant le niveau trop élevé du dollar et il ne serait pas improbable que nous nous acheminions vers une parité de 1,20 Dollar pour 1 Euro, ce qui renchérirait le coût des exportations européennes. Au-delà des désagréments posés par une appréciation de l’euro, il n’en reste pas moins que la zone euro est confronté à des problèmes structurels majeurs quant à son positionnement dans l’économie mondiale, faute d’investissements suffisants dans la recherche développement et d’entreprises compétitives ».

Dans ce cadre, Daniel Gerino estime que les taux directeurs de la Fed américaine ne devraient pas remonter à court terme. Le timing de la Fed pour la remontée de ses taux est en éternel débat depuis plus d’un an.

« Le développement durable, un créneau pour l’Europe »

Pourtant, l’Europe bénéficie de certains atouts qu’elle doit savoir exploiter, poursuit-il.

« L’Europe a une carte à jouer dans le domaine de la transition énergétique. Le développement durable n’intéresse pas les Américains. Les entreprises européennes disposent d’une vraie expertise dans ce domaine, compétence qui intéresse tout particulièrement la Chine qui souffre peut-être plus qu’aucun autre pays de problèmes environnementaux. Il faut aussi accompagner la mutation des industries traditionnelles afin qu’elles arrivent à produire plus proprement. Ce sont des enjeux économiques majeurs qui peuvent créer la croissance européenne de demain. Mais l’effort d’investissement à réaliser reste considérable ».

Par ailleurs, à court terme, la zone euro continue de bénéficier de la politique de relance monétaire de la BCE, mais celle-ci ne pourra pas tout régler à elle seule. « La BCE injecte des sommes considérables de liquidités et a annoncé une possible révision de son plan d’achats d’actifs (QE) en décembre. Le QE (60 milliards d’euros mensuels) pourrait être augmenté et peut-être prolongé au-delà de septembre 2016. La politique de Mario Draghi donne un coup de fouet à l’économie européenne mais ne sera pas en mesure de relancer la croissance à elle seule », explique Daniel Gerino.

À plus long terme, le « quantitative easing » de la BCE comporte néanmoins des risques que l’on connaît. Le directeur de la gestion de Carlton Sélection rappelle ainsi que la politique monétaire de la BCE « agit comme un "Doliprane" en atténuant les difficultés de la zone euro, mais sans traiter les racines du mal. Le risque à plus long terme est de voir le bilan des banques centrales devenir incontrôlable. Les effets secondaires résident en particulier dans la formation de bulles sur les marchés ».

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • M8129092 le mercredi 11 nov 2015 à 09:06

    ça c'est sûr,ma retraite vient d'être augmentée de 1 euro donc,tout va pour le mieux.Merci Mr Hollande,au fait a combien se montent vos indemnités,à bientôt en 2017

  • frk987 le mercredi 11 nov 2015 à 08:46

    Le seul problème pour la France...et pour l'emploi, c'est simplement le socialisme.

  • SuRaCtA le mardi 10 nov 2015 à 22:40

    Mais tout va bien madame le Marquise... La vérité est que la France est en train de perdre la guerre économique Européenne et mondiale, ! elle avait déjà perdu la guerre sur les emplois peu ou pas qualifié mais classes les plus aisé s'en moquaient car elles connaissaient le pleine emploi, mais elles aussi sont maintenant touchées par le phénomène et le départ d'un nombre croissant de centre de décisions sous des cieux moins gourmand fiscalement.

  • heimdal le mardi 10 nov 2015 à 22:31

    Sans croissance notre dette est insoutenable et nous enfoncera vers le chômage de masse .Il suffit d'une remontée des taux et la France est morte .

  • M2766070 le mardi 10 nov 2015 à 18:48

    MARRANT CE GARS....GESTION D ACTIFS .... Va gérer 1 ste industrielle, ou du BTP là tu va vite changer d opinion!!! comme Vinci qui préfère ses parts d autoroutes que ses employés !!!

  • M2683479 le mardi 10 nov 2015 à 17:45

    mfouche2 exact vous êtes quasiment exhaustive

  • kpm745 le mardi 10 nov 2015 à 16:24

    Messieurs vous vous trompez de diagnostic. Le problème de la France n'est pas économique entre un système socialiste ou libéral mais un problème de qualité de sa population qui se dégrade jour après jour

  • M7403983 le mardi 10 nov 2015 à 16:13

    Exact G.DESJON . Et nous ne sommes pas sortis du socialisme, même avec Macron (dirigé par Hollande) Une vraie tromperie à la face des Français qui me semble t'il, n'ont encore rien compris au film ... cela en devient désolant, mais il faut faire avec.

  • G.DESJON le mardi 10 nov 2015 à 16:01

    suite : et donc, Marine Lepen, dont la soif de pouvoir lui a fait concevoir un programme économique démagogique et soviétiforme digne de Mélenchon, n'est pas la solution non plus.

  • G.DESJON le mardi 10 nov 2015 à 15:59

    aucune raison? vraiment? Moi j'en vois une majeure qui me semble expliquer cette incapacité de la France à s'adapter : l'état d'esprit étriqué, jaloux, d'assisté, collectiviste, inoculé à la population française depuis 40 ans de socialisme,à plus ou moins forte dose, selon qu'il fut officiel (Mitterrand, Hollande,...) ou canada dry (Giscard, Chirac et Sarko). Une seule solution, sortir résolument du socialisme, qui n'a pour unique objectif que sa propre prospérité.