La Fed, vigilante, devrait quand même terminer le QE3

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(Actualisé avec commentaires d'économistes) WASHINGTON, 16 octobre (Reuters) - La Réserve fédérale s'efforcera de bien faire comprendre qu'elle ne restera pas les bras croisés si jamais le ralentissement économique mondial venait plomber la reprise américaine, mais il y a peu de chances qu'elle prolonge son programme d'assouplissement quantitatif malgré les déclarations d'un de ses membres allant dans ce sens. James Bullard, président de la Réserve fédérale de Saint-Louis, a dit dans la journée qu'il se pouvait que la banque centrale continue à racheter des obligations pour l'instant au vu du fléchissement des anticipations d'inflation. Une forte baisse du taux de chômage sur l'année écoulée a conduit la Fed à suggérer qu'elle mettra un terme à son programme d'assouplissement quantitatif à l'issue de la prochaine réunion de son comité de politique monétaire les 28 et 29 octobre. "Les anticipations d'inflation se tassent aux Etats-unis et cela, la banque centrale ne peut l'admettre", a dit James Bullard à la télévision de Bloomberg. "Il faut être sûr que l'inflation et les anticipations d'inflation restent proches de notre objectif". "Pour ce motif, je pense qu'une réponse raisonnable de la Fed dans cette situation serait... de marquer une pause dans le dénouement (tapering... des rachats obligataires) et de voir comment les statistiques évoluent vers décembre". Les économistes sont cependant d'avis que la Fed ne sera pas contrainte de se dédire concernant le calendrier de son "QE3". Mais ils ajoutant qu'elle devra pointer les risques que font peser sur la croissance américaine la déprime de la conjoncture mondiale et la vigueur du dollar. Les inquiétudes concernant l'économie mondiale ont d'ailleurs fait fortement reculer Wall Street ces dernières semaines. "Je ne vois pas la Fed changer de direction à ce stade. Mais si la baisse du marché actions se poursuit et menace l'économie du pays, la banque centrale devra laisser entendre qu'elle va, d'une manière ou d'une autre, rendre sa politique monétaire plus accommodante", a déclaré Alfred Broaddus, ancien président de la Fed de Richmond. A en croire les futures, les intervenants de marché pensent que la première hausse des taux d'intérêt de la Fed depuis décembre 2008 n'interviendra qu'au quatrième trimestre 2015 alors que, il y a quelques semaines, ils anticipaient encore un tour de vis monétaire vers le milieu de l'année prochaine. De son côté, James Bullard n'a pas modifié ses prévisions pour l'économie américaine et continue de considérer comme adaptée une remontée des taux d'intérêt au premier trimestre 2015. (Jonathan Spicer, Michael Flaherty et Ann Saphir, Wilfrid Exbrayat et Benoît Van Overstraeten pour le service français)

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