La Fed doit relever ses taux sans attendre (Swiss Life Asset Managers)

le , mis à jour à 12:52
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Les investisseurs seront nerveux ce mercredi dans l'attente d'une communication de la Fed sur ses taux à 20h (heure française).
Les investisseurs seront nerveux ce mercredi dans l'attente d'une communication de la Fed sur ses taux à 20h (heure française).

On le sait, la Fed est en passe de normaliser sa politique monétaire. Le consensus des économistes attend une première hausse des taux en septembre. En effet, l’absence de tension sur les prix et les salaires ne devrait pas pousser Janet Yellen à procéder à son premier relèvement ce mercredi. Pourtant, le temps presse selon Eric Bourguignon (Swiss Life Asset Managers).

Alors que la Fed se réunit mercredi 17 juin en soirée, les marchés attendent fébrilement les paroles de Janet Yellen pour en savoir un peu plus sur le calendrier de relèvement des taux. Car peu d’investisseurs ne doutent que la Reserve Federal procédera à une hausse de ses taux directeurs d’ici la fin de l’année. Le consensus du marché table sur le mois de septembre. La reprise de l’économie américaine est une réalité (le FMI attend une croissance de 2,5% en 2015 et de 3% en 2016) malgré la forte déception du premier trimestre (-0,7%) qui s’expliquerait toutefois principalement par des raisons climatiques.

Mais le FMI n’a pas hésité à formuler des recommandations très précises à la Fed, lui enjoignant d’attendre le premier trimestre 2016 pour ne pas risquer de « causer un accès d’instabilité financière faisant caler l’économie ». Le FMI n’attend pas d’accélération soudaine des prix et des salaires d’ici la fin de l’année qui pourrait justifier une normalisation de la politique monétaire de la Fed. Il est vrai que la hausse des prix ne ressort actuellement qu’à 0,3% en rythme annuel.

Pas de surprise attendue

Dans ce contexte, Janet Yellen n’aurait aucune raison de se précipiter, ce 17 juin, pour relever les taux courts américains. « Il est clairement peu probable qu’un changement de politique monétaire soit adopté. Une telle décision reviendrait à ‘surprendre’ les investisseurs. Or, Mme Yellen et ses collègues veulent éviter une surprise des marchés en évitant, justement, toute surprise » résument les économistes d’Aurel BGC dans une note.

Un statu quo qui pourrait toutefois s’avérer préjudiciable à terme. « Le maintien des taux à 0,25% est une mesure par nature exceptionnelle qui, dans un contexte économique revenu ‘à la normale’, n’a plus de sens. C’est même désormais un facteur de risque » juge Eric Bourguignon, directeur de la gestion taux et crédit chez Swiss Life Asset Managers. Quels facteurs de risque alors que l’inflation reste inexistante et la croissance s’est avérée négative au premier trimestre ? Eric Bourguignon l’assure : « Plus elle attendra pour déclencher le premier relèvement, plus il lui sera difficile de préserver les marchés financiers de mouvements brutaux. En restant à un niveau de taux plancher, le risque est aussi de n’avoir aucune marge de manœuvre en cas d’éventuel trou d’air de l’économie dans les trimestres à venir ». 

Risque de bulle obligataire 

Après trois QE et sept ans de politique monétaire ultra-accommodante, le bilan de la Fed atteint désormais 4.500 milliards d’euros (1.500 milliards injectés rien que pour le QE3). Une situation qui n’est pas sans poser de véritables problèmes quant à la perception des marchés par les investisseurs. « Ce dopage monétaire a soutenu la reprise, mais a aussi causé des excès, comme la perte de toute référentiel de valeur dans le ‘pricing’ des actifs qui a conduit à la création de bulles sur quelques segments de marchés, notamment obligataires » conclut Eric Bourguignon. On est prévenus, le réveil pourrait être brutal.

J.G

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  • M4314275 le mercredi 17 juin 2015 à 13:23

    On est en peine surchauffe. Il faut lâcher la vapeur.

  • pascalcs le mercredi 17 juin 2015 à 10:11

    "La reprise de l’économie américaine est une réalité (le FMI attend une croissance de 2,5% en 2015 et de 3% en 2016)"...Alors que les US sont probablement en récession!!!! Il faut dire que le FMI prévoit 3,7% de croissance en Grèce l'an prochain. On voit le niveau des prévision du FMI... Sans plus de commentaire.

  • ccondem1 le mercredi 17 juin 2015 à 09:58

    toi que commandes, danalias. Il a cependant grandement raison, tout en oubliant la bulle techno US