La Bundesbank impute à la BCE la baisse de ses profits

le
0
 (Actualisé avec précisions et citations) 
    FRANCFORT, 23 février (Reuters) - La Bundesbank, la banque 
centrale allemande, a réalisé en 2016 son plus faible bénéfice 
annuel depuis 12 ans, conséquence des provisions passées pour 
couvrir les pertes potentielles sur les obligations qu'elle 
achète dans le cadre de la politique d'assouplissement 
quantitatif de la Banque centrale européenne, montre son rapport 
annuel publié jeudi. 
    La baisse des profits de la Buba se traduira par une moindre 
contribution au budget fédéral allemand et, conjuguée à la 
menace de pertes futures sur son portefeuille de titres, elle 
devrait se traduire par un renforcement des critiques allemandes 
visant la BCE. 
    "Il est normal de demander (...) quand on lèvera le pied de 
la pédale de la politique monétaire", a déclaré le président de 
l'institution, Jens Weidmann, en présentant le rapport annuel. 
"Notamment parce qu'une mesure essentielle de la mise en oeuvre 
de la politique monétaire ultra-accommodante est l'achat à 
grande échelle d'obligations d'Etat, ce sur quoi, vous le savez, 
je suis très critique." 
    La Buba a réalisé l'an dernier un bénéfice net de 399 
millions d'euros, le plus faible depuis 2004, divisé par huit 
par rapport à celui de 3,2 milliards enregistré en 2015. Cette 
baisse est due pour l'essentiel à l'augmentation des provisions 
sur les titres achetées dans le cadre du QE (quantitative 
easing) de la politique de la BCE, étendue depuis juin à la 
dette d'entreprise, ainsi que sur les prêts aux banques. 
    "Les achats de titres à long terme (à des taux d'intérêt 
très bas) pour des raisons de politique monétaire et les 
nouvelles opérations de refinancement à long terme ciblées 
(d'une maturité de quatre ans à taux d'intérêt négatif) se sont 
traduits par (...) une augmentation du risque de taux 
d'intérêt", précise la Bundesbank dans son rapport. 
    Les provisions ont ainsi atteint 21,9 milliards d'euros fin 
2016 contre 19,6 milliards fin 2015.  
    Pour l'instant, néanmoins, la banque centrale allemande 
dégage des profits sur son portefeuille d'obligations. Ironie de 
l'histoire, ces bénéfices proviennent principalement des 
obligations émises par des pays en difficulté comme la Grèce, 
qui offrent des rendements élevés, acquis entre 2010 et 2012, 
pendant la crise de la dette, malgré l'opposition de la Buba.  
    A l'opposé, les obligations d'Etat allemandes achetées dans 
le cadre de la politique de QE de la BCE depuis 2015, dont une 
partie est en taux d'intérêt négatifs, se sont soldées en 2016 
par une perte modeste.  
 
 (Francesco Canepa, Wilfrid Exbrayat et Marc Angrand pour le 
service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant