La BRI prône une approche plus systémique de la compensation

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    par Huw Jones 
    LONDRES, 6 décembre (Reuters) - Les conséquences nées de 
l'obligation de faire transiter de plus en plus de transactions 
de dérivés par les chambres de compensation ne sont pas encore 
bien appréhendées et les régulateurs doivent adopter une 
approche plus systémique pour évaluer les risques, lit-on dans 
un document publié dimanche par la Banque des Règlements 
internationaux (BRI). 
    Lorsque Lehman Brothers s'était effondrée en 2008, les 
régulateurs avaient eu beaucoup de mal à détecter qui étaient 
les contreparties de ses contrats de dérivés, une incertitude 
qui avait bouleversé les marchés. 
    Les autorités ont ainsi décidé que des pans entiers d'un 
marché des dérivés qui pèse 552.000 milliards de dollars ne 
pouvaient plus faire l'économie d'une compensation centrale, 
mécanisme qui permet l'exécution d'une transaction même si l'une 
des deux parties fait défaut. 
    La BRI observe qu'il existe un risque d'"effet domino" si 
une chambre de compensation se retrouve en grande difficulté et 
sans avoir les ressources de contenir le phénomène, du fait des 
réseaux multiples créés entre lesdites chambres et leurs 
clients, en particulier les banques.  
    De ce fait, les régulateurs craignent que les chambres de 
compensation ne finissent par entrer dans la catégorie des "too 
big to fail", soit des établissements dont la faillite créerait 
un risque systémique, une préoccupation que la BRI partage en 
partie en estimant qu'il faut en faire davantage quant à leur 
supervision. 
    Même si la BRI observe que, dans ce domaine, des progrès 
"impressionnants" ont été réalisés, elle ajoute que les 
interactions entre les chambres de compensation et le reste du 
système financier sont "au mieux, imparfaitement saisies". 
    Pour l'heure, les régulateurs font surtout en sorte que des 
chambres de compensation telles qu'Eurex Clearing, filiale de 
Deutsche Börse  DB1Gn.DE , ICE Clear, filiale d'Intercontinental 
Exchange  ICE.N , et LCH.Clearnet, propriété de London Stock 
Exchange  LSE.L , soient suffisamment pourvues en capital et 
suivent des méthodes éprouvées d'évaluation et de couverture du 
risque transactionnel. 
    Cette approche est peut-être trop limitée. 
    Alors que les chambres peuvent protéger le système financier 
de chocs d'amplitude relativement faible, il est possible 
qu'elles risquent au contraire d'amplifier les plus intenses, 
poursuit la BRI.  
    Il se peut que les chambres sous-estiment les marges 
initiales constituées pour garantir les transactions et la 
concurrence entre elles pourrait être synonyme de normes de 
gestion du risque devenues moins rigoureuses.  
    Une analyse plus poussée des implications de la compensation 
centrale doit aider les autorités "à envisager une perspective 
macroprudentielle pour la régulation et la supervision de 
systèmes financiers qui reposent sur la compensation centrale", 
lit-on encore dans le document. 
    Le terme de macroprudentiel fait référence à une 
intervention des banques centrales à grande échelle, qui 
pourraient par exemple exiger des chambres qu'elles constituent 
des marges plus élevées afin de prévenir une éventuelle 
surchauffe du marché des dérivés.      
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français) 
 

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